Saint-Prix : à la maison d’enfants, «le confinement a renforcé les liens»

Malgré les inquiétudes, le confinement n’a pas eu d’incidences négatives sur les quarante enfants pris en charge dans la structure gérée par le groupe SOS.

 Saint-Prix, vendredi 29 mai. Wassim est à l’origine de la venue du Secrétaire d’Etat Adrien Taquet.
Saint-Prix, vendredi 29 mai. Wassim est à l’origine de la venue du Secrétaire d’Etat Adrien Taquet. LP/V.T.

Pendant le confinement à la Maison d'Enfants à Caractère Social (MECS) Bois-Renard, à Saint-Prix, il n'y a eu ni fugue, ni drame, ni instabilité retrouvée chez les jeunes placés par l'aide sociale à l'enfance. « Tout s'est très bien passé, malgré les craintes que nous avions », se félicite Assad Mohamed, directeur de l'établissement du groupe SOS. À l'aube d'un déconfinement élargi et d'une activité normale retrouvée à la maison d'enfants, le secrétaire d'Etat à la protection de l'enfance, Adrien Taquet, y a réalisé son premier déplacement, vendredi.

Les inquiétudes liées au confinement vite balayées

Après en avoir fait la promesse à Wassim, 12 ans, qui a mené la visite. « Il devait venir le premier jour du confinement mais cela a été annulé, raconte l'adolescent, pris en charge à Bois-Renard depuis quatre ans. Pendant le confinement, il a fait une visioconférence avec des jeunes et directeurs. Je lui ai demandé s'il allait venir plus tard… Il a dit oui ! »

Adrien Taquet a donc tenu parole, et en a profité pour « écouter et prendre en compte la parole des enfants » après une période « difficile » qui avait nourri les inquiétudes, vite balayées.

Adrien Taquet (à gauche), a réalisé son premier déplacement à Bois-Renard.LP/V.T.
Adrien Taquet (à gauche), a réalisé son premier déplacement à Bois-Renard.LP/V.T.  

« Une plus grande proximité »

Le confinement a même permis de renforcer les liens entre les quarante enfants âgés de 3 à 18 ans et leurs éducateurs, dans cette immense demeure nichée au milieu des bois. « En temps normal, ils sont à l'école toute la journée. Là, nous avons pu passer beaucoup plus de temps avec eux, échanger, retisser des liens très forts », se félicite Erik Gaguerre, responsable des vingt préadolescents (10-14 ans) et adolescents (14-16 ans). « Les jeunes étaient demandeurs, appuie Nadine Cadeville, éducatrice à Bois-Renard depuis 25 ans. Nous avons une plus grande proximité avec eux maintenant car leurs rythmes de vie avaient changé. »

Sans jamais que les enfants ne tombent dans l'ennui ou éprouvent un sentiment d'enfermement. Bien aidés par le cadre idyllique du centre avec ses vastes extérieurs et ce terrain de foot en contrebas. « On a eu des activités de danse, du cinéma, des matchs de foot tous les soirs. Il n'y a eu aucun malade. Franchement c'était super! », s'enthousiasme Alvin, 16 ans, originaire de Sevran et arrivé au Bois-Renard il y a un peu moins d'un an.

Les matinées dédiées aux devoirs

Le confinement n'a pas été synonyme de détente et loisirs permanents. Les matinées étaient dédiées aux devoirs. Le centre, qui compte 35 éducateurs et psychologues, a bénéficié de dons de matériel informatique. « Nous avons reçu des ordinateurs et des tablettes. Nous n'étions pas suffisamment équipés pour permettre aux enfants de suivre les cours à distance », souligne Maxime Zennou, directeur général du Groupe SOS Jeunesse.

Pendant deux mois et demi, les sorties et les visites des parents ont été annulées. Un coup dur, « au début », pour Huguette, 17 ans, élève en 1re année de CAP, en « semi-autonomie ». « J'ai eu du mal à l'accepter. Normalement, je voyais ma sœur une fois toutes les deux semaines, explique l'ado. Et puis, j'ai compris que c'était pour notre bien ! Le soutien des éducateurs et les activités m'ont fait du bien. »

La vie normale va désormais reprendre. Les jeunes adultes retrouvent la liberté de sortir « une à deux heures » par jour. Les visites parentales vont à nouveau être permises. Et certains enfants devraient retrouver le chemin de l'école. Sans grand enthousiasme pour Abiba, 17 ans, en BAC Pro. « On est bien ici, il fait beau en plus, sourit la jeune fille. Mais bon, il faut repartir de l'avant! »