Saint-Ouen-l’Aumône : fauché par un utilitaire, il décède quatre jours plus tard

Patrick Dimbas, 63 ans, devait partir à la retraite en avril. Il est mort cinq jours après avoir été écrasé par le conducteur d’un utilitaire, venu voler des palettes dans la clinique du parc à Saint-Ouen-l’Aumône. Celui-ci a été mis en examen.

 Illustration intervention Samu Val-d'Oise
Illustration intervention Samu Val-d'Oise LP/Frédéric Naizot

Il devait prendre sa retraite en avril prochain et s'envoler pour la Guadeloupe d'où il est originaire. Patrick Dimbas, 63 ans, est décédé ce mardi des suites de ses blessures. Cinq jours après avoir été écrasé par un utilitaire sur le parking de la clinique du Parc à Saint-Ouen-l'Aumône.

Les faits remontent au jeudi 4 février quand, aux alentours de 17 heures, deux personnes arrivent dans un utilitaire et entreprennent de dérober des palettes de bois dans l'enceinte de la clinique du Parc. Patrick Dimbas, qui occupe un poste d'agent technique dans l'établissement, se déplace et se retrouve quasiment aussitôt sur le capot du véhicule. Malgré cela, le conducteur accélère pour prendre la fuite. La victime tombe, passe sous les roues qui lui écrasent les jambes. L'utilitaire s'enfuit.

«Il est sorti pour relever la plaque d'immatriculation»

« J'ai travaillé avec Patrick pendant quinze ans. On m'a prévenu qu'il a fait un œdème cérébral. Il avait été transféré dans un autre hôpital, confie Mohamed, très touché par la mort de son ancien collègue. J'ai pu le voir vendredi matin à l'hôpital. Il avait les deux jambes dans le plâtre, poursuit-il. Il m'a expliqué avoir entendu du bruit, puis son collègue crier. Ce n'était pas la première fois qu'il y avait des vols dans la clinique. Il est sorti avec son appareil photo pour relever la plaque d'immatriculation, mais il s'est trouvé face à la camionnette. Il n'a pas eu le temps de ranger le téléphone, il s'est retrouvé sur le capot et s'est accroché. Il y a eu un coup de première et il est tombé m'a-t-il expliqué. Les roues avant droite et arrière droite lui sont passées dessus. »

Les secours ont pris en charge la victime qui a été évacuée en urgence absolue vers le centre hospitalier de Pontoise, son pronostic vital engagé.

«Il attendait sa retraite avec impatience»

« Il avait 63 ans mais il en faisait 50. Il était une personne très joviale, serviable, qui faisait souvent la fête », poursuit un ancien collègue resté proche avec la victime. « Il cultivait aussi un jardin à Dugny, en Seine-Saint-Denis. Il adorait cela. Nous étions ensemble dans une société à Argenteuil. Nous avions été licenciés ensemble et il avait retrouvé cette place à la clinique du Parc. Il attendait sa retraite avec impatience pour retourner vivre en Guadeloupe. Il était de Basse-Terre. »

Quelques minutes après l'accident, le passager de l'utilitaire s'est rendu de lui-même à la police quelques minutes. Âgé de 36 ans, il a été placé en garde à vue avant d'être remis en liberté. Le conducteur de l'utilitaire s'est lui rendu à la police lundi. Il est également âgé de 36 ans.

Le conducteur de 36 ans présenté à un juge d'instruction

« Le conducteur du véhicule a effectivement été placé en garde à vue hier et présenté ce jour au juge d'instruction » indique ce mardi le parquet de Pontoise qui a ouvert une information judiciaire du chef de « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. » Le parquet a requis son placement en détention provisoire. Le juge des libertés et de la détention doit statuer en soirée sur ce point.