Val-d’Oise : les ambiguïtés d’Olivier N. devant les assises pour avoir agressé quatre fillettes

L’homme est soupçonné de plusieurs tentatives d’enlèvement d’enfants entre mars et avril 2017, aux Hauts de Marcouville. Déjà condamné pour agression sexuelle sur une fillette de 9 ans, il comparaît depuis ce lundi devant la cour d’assises.

 Pontoise. Quatre fillettes avaient fait l’objet d’une tentative d’enlèvement en 2017, aux Hauts-de-Marcouville
Pontoise. Quatre fillettes avaient fait l’objet d’une tentative d’enlèvement en 2017, aux Hauts-de-Marcouville LP/Frédéric Naizot

« Tout le monde était terrorisé. Une psychose s'était installée dans toute la cité. » Lundi, au premier jour du procès d'Olivier N., cette ancienne enquêtrice de l'antenne de Cergy de la police judiciaire a évoqué l'ambiance qui régnait en avril 2017 aux Hauts-de-Marcouville. « Dès 7 heures du matin, il y avait des grands qui étaient déjà dehors, prêts à en découdre », a-t-elle indiqué.

Entre le 1er mars 2017 et le 22 avril 2017, quatre fillettes de cette cité de 52 immeubles avaient subi une tentative d'enlèvement. C'est pour ces faits qu'Olivier N est jugé par la cour d'assises du Val-d'Oise, depuis ce lundi. Les policiers avaient pu recueillir l'ADN de l'agresseur sur les vêtements de plusieurs victimes, mais c'est en août de la même année qu'ils avaient pu identifier. Son empreinte génétique correspondait avec celle recueillie dans une autre affaire où l'accusé avait été mis en cause.

Déjà condamné à quatre ans de prison pour agression sexuelle

Selon un mode opératoire similaire aux tentatives d'enlèvement de Pontoise, Olivier N. s'en était pris à une fillette de 9 ans, à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Après l'avoir attirée dans un parking, il l'avait plaquée contre lui, l'avait déshabillée et lui avait imposé des attouchements. Les policiers l'ont identifié en faisant le rapprochement avec un contrôle réalisé dix jours après cette agression. Olivier N avait été trouvé en possession d'un pistolet airsoft, un préservatif et de gel lubrifiant. Il a été condamné à quatre ans de prison et cinq ans de suivi sociojudiciaire par le tribunal judiciaire de Bobigny.

L'accusé a toujours nié qu'il avait l'intention de commettre des agressions sexuelles sur les fillettes de Pontoise. Et concernant, les faits d'Epinay-sur-Seine, s'il dit regretter, il livre peu d'explications. « C'est… Je me dégoûte quand je parle de ça. J'ai pas su garder mon sang-froid. J'ai perdu pied. J'ai pété un plomb. J'ai ressenti comme une pulsion », déclare-t-il. À l'audience, il avait pourtant nié. « Par peur, par honte », explique-t-il aujourd'hui. « C'est la première fois que vous aviez une attirance pour un enfant ? », l'interroge Élodie Benaiem, l'avocat général. Il acquiesce. « Jamais je n'aurais imaginé ça », avoue-t-il.

Il confie avoir été victime d'attouchements à l'âge de 4 ans

S'il fait un petit pas en assumant ces faits, Olivier N. cultive l'ambiguïté devant la cour sur de multiples sujets. Il parle spontanément d'attouchements qu'aurait commis une cousine de 9 ans, sur lui quand il avait 4 ans, lorsqu'il évoque son enfance. Mais plus tard, il ne considère plus cela comme une agression, mais un simple jeu du papa et de la maman. « Ça ne m'a pas posé de problème », assure-t-il. Il décrit un milieu familial où on peut parler de tout, mais son père ignore qu'il a une petite amie. Sans doute parce que dans le milieu évangélique où il évolue (son père est pasteur) les relations sexuelles hors mariage sont proscrites. « J'étais dans la fornication », confie-t-il, juste après avoir évoqué une sexualité épanouie.

«Il dit qu'elles sont des menteuses»

Olivier N. a aussi été dans le déni à propos des tentatives d'enlèvement, devant les policiers ou le juge d'instruction. Son téléphone le localise aux Haut de Marcouville parce qu'il y « fait son jogging ». Les enlèvements ? C'était pour faire peur. « Il voulait faire des blagues, c'est de l'humour, ironise l'enquêtrice de la PJ, en relatant ses propos. Il dit qu'elles se sont imaginé des choses, que ce sont des menteuses. Et qu'il a des sosies. »

L'accusé s'en tiendra-t-il à ces déclarations alors que les victimes doivent être entendues mardi ? Il risque jusqu'à trente ans de réclusion criminelle.