Policiers agressés à Herblay: un suspect mis en examen pour «tentative de meurtre»

Deux policiers ont été roués de coups et blessés par balles mercredi dernier dans le Val-d’Oise. L’état du plus grièvement touché, toujours dans le coma, est stable.

 « Ils ont été massacrés », avait réagi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Il a annoncé que les syndicats policiers seraient reçus par le chef de l'Etat jeudi (Photo d’illustration).
« Ils ont été massacrés », avait réagi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Il a annoncé que les syndicats policiers seraient reçus par le chef de l'Etat jeudi (Photo d’illustration). LP/Frédéric Naizot

L'un des trois suspects de l'attaque contre deux policiers le 7 octobre à Herblay-sur-Seine (Val-d'Oise), a été incarcéré ce mardi, à l'issue de son défèrement devant la justice, indique ce mardi son avocat, Me Joseph Cohen-Sabban. Le parquet de Pontoise avait requis son placement en détention provisoire.

Cet homme âgé de 28 ans a été mis en examen par le juge d'instruction pour « tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique » mais aussi pour « détention non autorisée d'arme de catégorie B en réunion ».

Le suspect s'était constitué prisonnier vendredi à la police judiciaire de Versailles, en contestant avoir tiré sur les policiers et d'avoir pris part à la bagarre qui a opposé les victimes aux deux autres suspects qui sont toujours en fuite et recherchés. Il a été déféré à l'issue de 96 heures de garde à vue.

Les deux autres suspects décrits comme « fous furieux »

« Il est aujourd'hui acquis au débat qu'il n'a pas tiré », précise son avocat. Selon lui, son client décrit les deux suspects en fuite comme « fous furieux », « dangereux » et fortement alcoolisés au moment des faits. Le mis en examen assurerait également n'avoir pas porté de coups aux policiers, expliquant « être resté derrière, et ne pas y avoir participé ».

Selon l'avocat, sa présence sur les lieux s'explique par un rendez-vous que son client avait avec les deux autres suspects, après une précédente altercation avec des gens du voyage survenue précédemment.

Concernant le déroulement des faits, le mis en examen aurait évoqué une scène qui, selon l'avocat, « se déroule à la vitesse de l'éclair », assurant « n'avoir rien vu arriver ». Il avait passé un coup de téléphone à la police, qui allait l'identifier en pensant avoir affaire à des gens du voyage, la bagarre éclatant dans le même temps ou aussitôt après.

«Fume-les »

Ce soir-là, vers 22h30, les deux policiers du groupe de répression du banditisme de l'antenne de la PJ de Cergy effectuent une première vérification aux abords d'un garage, dans une zone industrielle. Le matin même, le service avait été saisi d'une affaire de tentative d'enlèvement et de séquestration du gérant. Sur place, trois hommes viennent au contact des policiers dans leur voiture banalisée, en les prenant pour des gens du voyage.

Les enquêteurs déclinent leur qualité de policiers mais sont aussitôt roués de coups, dans un déchaînement de violence. Leurs armes de service sont arrachées avant d'être retournées contre eux. Selon une version, l'un des agresseurs aurait lancé, en comprenant qu'il s'agissait de policiers, « fume-les ».

Sept balles auront été tirées, 6 touchant les victimes. Un major de 45 ans sera blessé à bout portant par deux balles de 9 mm tirées dans une jambe. Son jeune collègue, un gardien de la paix de 30 ans, est grièvement touché à quatre reprises, blessé à la jambe et au scrotum, l'artère fémorale a été atteinte. Il souffre aussi d'une fracture au crâne. Il est inconscient lorsque les secours arrivent.

Le plus grièvement blessé serait dans un état stable

Le major est toujours hospitalisé à Pontoise, où il avait été opéré le soir même, psychologiquement en état de choc. Le gardien de la paix a été hospitalisé à Beaujon, à Clichy (Hauts-de-Seine) puis à Bichat, à Paris, où il n'était toujours pas sorti du coma artificiel ce mardi. « Son état est stable », précise le parquet de Pontoise.

VIDÉO. Les deux policiers attaqués à Herblay ont été «massacrés», selon Darmanin

« Ce sont des actes de grande sauvagerie », avait dénoncé jeudi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, à Cergy, après avoir rendu visite au major à l'hôpital de Pontoise. « Ces policiers ont été littéralement massacrés » avec, « selon toute vraisemblance, la claire intention de tuer ». Lundi, une cinquantaine de policiers de Cergy s'étaient rassemblés devant le commissariat, au lendemain de l'attaque du commissariat de Champigny-sur-Marne, dénonçant les violences contre la police et le sentiment d'impunité.