«On met en danger un massif»: les opposants à l’exploitation de la Butte du Parisis reboostés

L’émission d’un nouvel avis environnemental a conduit la préfecture du Val-d’Oise à rouvrir le dossier de la carrière de gypse. Une enquête publique complémentaire court jusqu’au 30 septembre.

 Cormeilles-en-Parisis, le 15 décembre 2016. Plusieurs recours avaient été déposés par l’Association intercommunale de défense de la butte du Parisis (Aidbp) et l’association Les Amis du Fort contre les arrêtés préfectoraux d’exploitation.
Cormeilles-en-Parisis, le 15 décembre 2016. Plusieurs recours avaient été déposés par l’Association intercommunale de défense de la butte du Parisis (Aidbp) et l’association Les Amis du Fort contre les arrêtés préfectoraux d’exploitation. LP/Alexandre Boucher

Une nouvelle étape juridique vient de s'ouvrir dans le long dossier de l'exploitation souterraine de la carrière de gypse de la butte du Parisis. Une enquête publique complémentaire à celle qui s'est déroulée entre mai et juin 2016, portant sur le nouvel avis environnemental rendu par la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) le 19 décembre dernier, court jusqu'au 30 septembre.

Voilà un an, le tribunal administratif avait en effet déclaré irrégulier le premier avis environnemental favorable émis en 2016 par la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie d'Île-de-France (Driee) à la suite des recours déposés par l'association intercommunale de défense de la butte du Parisis (Aidbp) et l'association Les Amis du Fort contre les arrêtés préfectoraux d'exploitation. La juridiction n'avait en revanche pas suspendu l'exécution des trois autorisations délivrées à l'entreprise Placoplatre, exploitant de la carrière.

Des impacts sur l'environnement à prendre en compte

Pour la MRAe, les principaux enjeux environnementaux à prendre en compte pour ce projet sont « les mouvements de terrain », « la biodiversité (les habitats naturels et espèces et les continuités écologiques) », « les impacts sonores, atmosphériques, vibrationnels, en lien avec la circulation de camions et l'activité de la carrière », « les dangers liés notamment à la manipulation d'explosifs sur le site » ou encore « l'écoulement des eaux souterraines et de surface ».

LP/A.B.
LP/A.B.  

La société Placoplatre a répondu point par point à toutes les interrogations de l'autorité environnementale dans son mémoire de réponse, un document consultable par le grand public. « L'avis de la MRAe a été émis dans un cadre réglementaire différent, par des personnes différentes, mais le jugement a écarté tout sujet de fond technique, rappelle Gilles Bouchet, responsable du développement des carrières.

« Il est encore temps d'arrêter »

Cette nouvelle phase d'enquête publique redonne de l'espoir aux opposants de l'exploitation souterraine de la carrière. « Le nouvel avis environnemental est moins complaisant que le précédent et reprend une bonne partie de nos inquiétudes, confie Myriam Denis-Ledru, la présidente de l'Aidbp. La commission d'enquête va devoir répondre à de nombreuses questions. Avec les documents qu'elle a, elle doit a minima émettre des réserves. On met en danger tout un massif. »

Les membres de l'Aidbp espèrent obtenir l'annulation d'une exploitation souterraine qu'il juge « aberrante ». « On en est qu'au début de l'exploitation souterraine (NDLR : elle doit se poursuivre jusqu'en 2043), il est encore temps d'arrêter, poursuit Myriam Denis-Ledru. À partir du moment où le tribunal a demandé un nouvel avis environnemental et qu'une nouvelle enquête publique a lieu, les arrêtés préfectoraux pris en 2016 doivent être revus. Une enquête publique n'est pas juste une chambre d'enregistrement. Si l'autorisation d'exploitation souterraine est maintenue, on continuera notre action en justice. »