Oise-Pays-de-France : quoi de neuf pour les quinze nouvelles communes du parc naturel ?

C’est la fin d’un long processus. Le PNR, à cheval sur deux départements, a vu son périmètre étendu à onze nouvelles communes du Val-d’Oise et quatre de l’Oise. Qu’en pensent élus et habitants ?

 Illustration. Le parc naturel régional Oise-Pays de France est à cheval sur les départements de l’Oise et du Val-d’Oise.
Illustration. Le parc naturel régional Oise-Pays de France est à cheval sur les départements de l’Oise et du Val-d’Oise. LP/A.C.

« Cela vient conclure un important travail avec tous les acteurs et nous permet de prendre un nouvel élan », se réjouit Sylvie Capron, directrice du Parc naturel Oise-Pays-de-France (PNR). Une référence au décret de renouvellement du classement du Parc pour quinze ans, signé il y a quelques semaines par le Premier ministre.

Ce document, attendu de longue date, permet d'acter officiellement la nouvelle charte du PNR à cheval sur les départements de l'Oise et du Val-d'Oise. Celle-ci définit les grandes orientations et les mesures que s'engagent à mettre en œuvre les communes partenaires et l'Etat sur ce territoire.

Créée en 2004, la précédente était devenue caduque en 2016. Et la nouvelle mouture a tardé, en raison d'impondérables administratifs. La charte était d'autant plus espérée que celle-ci permet au parc d'élargir son périmètre. Il compte désormais 70 communes au total, soit quinze de plus, dont onze dans le Val-d'Oise.

Noisy-sur-Oise, Mours, Beaumont-sur-Oise, Nointel, Presles, Saint-Martin-du-Tertre, Maffliers, Villiers-Adam, Béthemont-la-Forêt, Chauvry et Belloy-en-France font donc officiellement partie du PNR.

« Cela peut m'embêter à un moment pour des travaux »

« C'était très important pour nous, notamment en matière de continuité écologique et interforestière avec la forêt de L'Isle-Adam, de Montmorency et de Carnelle. Les communes étaient demandeuses depuis longtemps », souligne Sylvie Capron.

La mairie de Presles ne cache pas sa joie. « En 2004, la commune avait malheureusement raté le coche. Alors depuis 2008, mon équipe et moi avons beaucoup œuvré pour pouvoir y rentrer. Cela correspond tout à fait à notre vision du territoire. C'est un bel outil qui nous permet de rendre nos actions encore plus cohérentes avec cette région de la vallée de l'Oise », affirme le maire (SE) du village, Pierre Bemels.

Côté habitants, la nouvelle est en effet globalement bien accueillie même si l'information apparaît encore peu diffusée malgré la communication de la municipalité. « Cela ne peut qu'être une bonne chose pour la commune et même si le classement peut m'embêter à un moment pour des travaux, ce n'est pas grave car c'est important la préservation de notre cadre et de la nature », assure Michel, 69 ans.

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« Oui il faut que ça soit la priorité. On est bien ici, il faut qu'on garde cet esprit », estime aussi une voisine. Plutôt favorable, Caroline regrette cependant de disposer de peu de détails. « A priori, c'est forcément bien mais on ne connaît pas trop les tenants et les aboutissants. C'est dommage ».

Presles est officiellement rentré dans le PNR Oise-Pays-de-France/LP/A.C
Presles est officiellement rentré dans le PNR Oise-Pays-de-France/LP/A.C  

Plantation d'arbres ou itinéraires cyclables

Alors quels sont-ils ? « En plus de partager un projet de territoire, le partenariat permet aux communes d'avoir accès à une équipe technique pour les aider à monter des projets d'aménagement, mais aussi à des actions concrètes financées en grande partie par le parc », précise la directrice.

Parmi elles, des aides à la rénovation du petit patrimoine, à l'acquisition d'itinéraires cyclables, à la plantation d'arbres fruitiers ou encore au développement du tourisme durable. Leurs habitants peuvent également rentrer dans des programmes d'achats groupés et les écoles bénéficier des animations pédagogiques proposées par le parc.

En échange, les signataires doivent s'acquitter d'une cotisation de 2,66 euros par habitant et par an, les grands financeurs étant les régions Hauts-de-France et Ile-de-France ainsi que le département de l'Oise. Ils s'engagent à mettre, dans la mesure de leurs moyens, la charte en application particulièrement dans leur PLU.

Trois communes n'ont pas renouvelé leur adhésion

« Le jeu en vaut largement la chandelle », affirme Pierre Bemels. Mais ce n'est pas l'avis de tous. Si, sur les 58 communes membres du parc depuis 2004, la très grande majorité a renouvelé son adhésion, trois en ont décidé autrement. Deux dans l'Oise et Épinay-Champlâtreux dans le Val-d'Oise.

« On a tiré le bilan de nos plus de quinze ans de participation au PNR, qui avait été vendu comme une aide aux communes, au développement dans le respect d'environnement. En réalité, cela a été très différent. Ils ont bloqué plusieurs de nos projets de développement économique sous prétexte de l'environnement car ils n'étaient pas à leur goût », estime le maire Emmanuel de Noailles. 98 % du territoire de la petite commune appartient à la famille de Noailles.

Et de citer le projet de déviation de la D 316. « Les exigences du PNR ont fait exploser le budget et cela a découragé le département », assure l'édile qui regrette également le blocage d'un autre « gros projet » sur sa commune. Celui-ci, prévoyait une déchetterie artisanale, une carrière de sablon, un centre d'enfouissement de déchets non dangereux et une plate-forme de traitement de terres polluées, et avait été attaqué par trois associations de défense de l'environnement et le PNR.

« Il y a eu comme ça plusieurs points d'achoppement. L'organisme de soutien aux communes était en fait un contre-pouvoir alors que ces gens-là ne sont pas des élus, poursuit Emmanuel de Noailles. De fait, logiquement, il fallait sortir ».

Quinze communes ont décliné l'invitation

D'autres communes ont, elles, fait le choix de ne pas y entrer. Ainsi, quinze communes à qui on avait proposé de rejoindre le parc, ont décliné l'invitation. Une seule du Val-d'Oise : Nerville-la-Forêt.

« Pour nous, c'était une strate supplémentaire qui ne nous amenait rien. Il ne pouvait pas nous aider sur notre problème d'installations illicites avec des infractions au code de l'urbanisme par exemple, explique le maire Philippe Van Hyfte. Toutefois cela ne nous empêche pas de préserver au maximum le caractère de notre village, la forêt et nos terres agricoles. Nous sommes contents que notre décision n'ait pas empêché nos voisins de rentrer dans le PNR si c'était leur choix ».

Des craintes existaient en effet sur les conséquences d'un refus de Nerville pour les communes plus au sud souhaitant rejoindre le parc. Il n'en fut rien. L'Etat ayant visiblement estimé que cela ne nuisait pas à la continuité territoriale du PNR.

« C'est le choix de chacune mais c'est toujours dommage car il y avait une raison pour laquelle on avait proposé à ces communes de nous rejoindre, souligne Sylvie Capron. En l'île de France, cela reste presque le carton plein. Après, dans l'Oise, c'est un peu différent, les communes ressentent moins la pression foncière. »

Ce nouveau périmètre a en tout cas peu de chance d'évoluer dans les quinze prochaines années. Seules les communes pressenties et ayant refusé se verront reformuler la proposition en 2027, après les prochaines élections municipales. Les autres devront attendre pour en sortir ou y entrer.

 
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