Argenteuil : le projet de reconquête des berges de Seine divise

Droite et gauche s’opposent toujours sur le sujet

 Argenteuil : le projet de reconquête des berges de Seine divise

A quelques mois des municipales, le projet des berges de Seine refait surface. Philippe Doucet, le député-maire (PS) d’Argenteuil, a évoqué la question lors du dernier conseil municipal, rappelant que son équipe est mobilisée sur le sujet depuis 2008. Tout comme l’ont été les précédentes municipalités UMP et communistes. La reconquête des berges fait en effet partie des dossiers phares et celui-ci est évoqué depuis… Trente ans! « La ville doit se retourner à nouveau vers la Seine à laquelle elle tourne le dos depuis trop longtemps », justifie le maire.

Entre janvier et juin dernier, l’agglomération Argenteuil-Bezons a lancé une grande campagne de concertation. Jugée de « plan de communication » par l’opposition (UMP et UDI), elle est sans équivoque : « 95% des personnes ayant répondu souhaitent un aménagement permettant de pacifier la circulation automobile sur la voie sur berges et que l’agglomération poursuive son travail ». La municipalité veut justement s’y atteler. Elle a présenté un projet en cinq points.

Il porte sur « la réduction de la vitesse à 50 km/h sur la voie sur berge en centre-ville, la lutte contre les embouteillages par la création de six carrefours à feu complet, le réaménagement des carrefours Dassault et de Gaulle, la création d’une promenade pour piétons et vélos sur les berges qui connecte Argenteuil à ses communes limitrophes et le redimensionnement de la voie rapide à 2 x 1 voie, au niveau de l’île Héloïse, pour regagner des espaces de loisirs en berges et permettre un franchissement agréable et sécurisé ».

Sur tous ces points, l’opposition, par la voix de Philippe Métézeau, conseiller (UDI) municipal et général, navigue dans le même sens. « A tout cela, nous n’avons jamais dit le contraire, commente-t-il. Vous demandez aux habitants s’ils acceptent ces objectifs? C’est comme leur demander s’ils préfèrent être riches et bien portants ou bien pauvres et malades. »

Le maire a révélé que ce projet « essentiel pour le développement d’Argenteuil », est finançable. Mais sur ce point, il se tourne vers le conseil général et demande, en plus des budgets actés par la région et l’agglomération, « d’inscrire les financements nécessaires à la création des carrefours prévus au projet, soit 4 M€ par an sur les cinq prochaines années ». Philippe Métézeau rappelle que « 22 M€ sont mobilisables sur Argenteuil et Bezons dans le cadre du contrat particulier région département ». Pour autant, Xavier Péricat conseiller (UMP) municipal et général, reste sceptique sur l’avancement du projet. « Vous ne ferez pas d’ici mars ce que vous avez échoué à faire en cinq ans », tacle-t-il. Il regrette d’ailleurs que le Département n’ait pas été saisi sur certains points.

Agacé, Philippe Doucet, lettres en mains, explique « avoir demandé de nombreuses rencontres avec le département mais en vain ». Lors du vote, les élus de droite se sont abstenus. Le dossier regroupant les objectifs et priorités d’actions pour engager la requalification des berges de Seine a recueilli la majorité.