L’hôpital de Pontoise perd 80 lits d’Ehpad pour cause de vétusté

Le bâtiment dit « vert » de l’hôpital René-Dubos n’accueillait plus de nouveau patient depuis 2017. Les chambres étaient fermées progressivement au rythme des départs et des décès. Et le Covid n’a pas aidé.

 Pontoise. Actuellement, il ne reste plus que 48 personnes âgées prises en charge dans le bâtiment dit « vert » de l’hôpital René-Dubos.
Pontoise. Actuellement, il ne reste plus que 48 personnes âgées prises en charge dans le bâtiment dit « vert » de l’hôpital René-Dubos. LP/Marie Persidat

Problèmes de désenfumage en cas d'incendie, risque électrique décrit comme « majeur » à cause notamment d'armoires électriques ou appel malades qui ne seraient plus aux normes. L'Ehpad du « bâtiment vert » de l'hôpital de Pontoise se trouve dans un tel état de délabrement qu'il est sur le point d'être fermé. Plus aucune personne âgée ne devrait s'y trouver d'ici à la fin de l'année, annonce la direction du groupement hospitalier de territoire (GHT) Nord-Ouest Vexin Val-d'Oise (NOVO).

Cette décision fait bondir certains représentants du personnel : la CGT dénonce « une volonté de fermer les Ehpad publics » et s'inquiète à la fois du devenir des patients et des salariés.

Pour la direction de l'hôpital, il s'agit simplement d'un « transfert » de résidents. Actuellement, ils sont 48 au sein du bâtiment vert. « En fonction du projet de vie du résident, de sa situation familiale et personnelle, de son état de santé et de son degré de dépendance, plusieurs alternatives pourront être envisagées », nous indique-t-on.

« Le Covid est passé par là »

« Un hébergement au sein du bâtiment blanc (aussi appelé Saint-Louis) qui jouxte le bâtiment vert, un hébergement au sein d'un Ehpad du GHT (sur les sites de Marines, Beaumont-sur-Oise ou Magny-en-Vexin) ou encore un transfert vers un autre établissement », ajoute la direction.

La CGT, elle, voit surtout la disparition de « 80 lits d'EHPAD » sur le site de Pontoise. « La réalité, c'est qu'avant nous avions 200 lits, 120 dans le bâtiment blanc et 80 dans le bâtiment vert, estime Christine Appiani représentante CGT. Petit à petit, on a fait baisser le nombre de résidents. Depuis 2017, on ne faisait même plus d'admissions. Les chambres étaient fermées à la suite de décès ou de départs. Et puis le Covid est passé par là. Résultat il n'y a plus que 48 résidents aujourd'hui, sur 80 lits. »

Des problématiques « nombreuses »

Pour le syndicat, l'hôpital a laissé pourrir la situation matérielle de l'Ehpad. « Effectivement, les locaux sont vétustes, mais ce n'est pas une surprise ! Cela fait des années que nous le dénonçons. »

Pontoise. L’Ehpad dépend de l’hôpital René-Dubos.LP/O.B.
Pontoise. L’Ehpad dépend de l’hôpital René-Dubos.LP/O.B.  

La direction du GHT évoque effectivement un état du bâti pour le moins inquiétant. « Le bâtiment vert nécessite des travaux de mise aux normes au regard de la réglementation incendie et électrique. Les problématiques incendie sont nombreuses […] Des études externes sont en cours afin d'établir des devis détaillés et des calendriers de travaux. »

La direction reste prudente sur l'avenir. « Les scénarios concernant l'avenir à long terme et la modernisation du bâtiment seront envisagés dans un second temps, conjointement avec l'Agence régionale de santé et le conseil départemental du Val-d'Oise. Dans l'immédiat, afin de garantir la sécurité des usagers mais également des professionnels, les résidents se verront donc proposer un changement de chambre, le temps que les travaux soient menés conformément aux décisions qui seront prises quant à l'avenir du bâtiment. »

Des difficultés identifiées depuis quinze ans

Pour la CGT, la vétusté de l'Ehpad vert a été identifiée dès 2005. « Et en 2015, les plans architecturaux d'une nouvelle construction sont actés », relate le syndicat. « En 2017 l'équilibre financier de l'hôpital n'étant pas au rendez-vous, les travaux ne sont plus envisageables ! Et en 2020, la facture pour réhabiliter ce bâtiment s'élèverait à plus de 5 millions d'euros ! »

La direction s'engage à trouver des solutions pour l'ensemble du personnel du site. « Chacun sera vu individuellement par la direction des ressources humaines afin de pouvoir convenir d'un projet professionnel, est-il précisé. Il pourra être décidé de poursuivre leur exercice au sein du bâtiment blanc ou de rejoindre un service du centre hospitalier de Pontoise ou d'une autre structure du GHT sur des postes vacants. »

Plusieurs Ehpad ont déjà fermé dans le Val-d'Oise

La CGT acquiesce mais s'interroge : « s'ils gardent tout le monde, ils n'ont qu'à commencer par leur donner un CDI. Depuis des années ces postes sont précarisés et beaucoup sont aujourd'hui en CDD. »

Reste le problème de la prise en charge du grand âge sur le territoire, qui semble ne plus être la priorité des services publics. Plusieurs lieux d'accueil ont ainsi fermé dans le département. En 2015, c'était la fin de la maison de retraite historique de Sarcelles Village, le Cèdre bleu, la même année disparaissait l'hôpital gérontologique de Villiers-le-Bel. L'Ehpad Adélaïde-Hautval implanté sur les cendres de l'ancienne structure dénonce lui aussi une baisse de ses capacités d'accueil.

Et pour rappel, en 2018 le GHT NOVO avait lui-même prévu de fermer l'un des Ehpad du groupe, à Méru (Oise). Une forte mobilisation avait permis de sauver le site en le faisant entrer dans le giron du centre hospitalier de Crèvecœur-le-Grand (Oise).