Incendie d’une école à Argenteuil : «un choc» pour les parents d’élèves

L’établissement scolaire a pu rouvrir ces portes ce jeudi, malgré les dégâts commis dans la nuit de mardi à mercredi. Beaucoup ne comprennent pas que cette maternelle ait été prise pour cible.

 Argenteuil, jeudi 12 novembre. Les enfants ont pu être accueillis à l’école maternelle de la Croix-Duny, après l’incendie volontaire déclenché dans la nuit de mardi à mercredi.
Argenteuil, jeudi 12 novembre. Les enfants ont pu être accueillis à l’école maternelle de la Croix-Duny, après l’incendie volontaire déclenché dans la nuit de mardi à mercredi. LP/Thibault Chaffotte

Les enfants ont pu être accueillis à l'école maternelle de la Croix-Duny ce jeudi matin, malgré l'incendie qui a touché l'établissement dans la nuit de mardi à mercredi. Vers 4 heures du matin, une ou plusieurs personnes ont franchi le grillage, cassé un carreau et tiré des feux d'artifice à l'intérieur d'une salle, ce qui a déclenché l'incendie. Les services municipaux ont nettoyé les locaux en urgence, mais plusieurs salles ont dû être condamnées, notamment en raison de l'odeur persistante.

Les parents qui le pouvaient ont été invités à garder leur enfant chez eux. « Moi je ne peux pas, je dois travailler », confie Imaculada. Comme tous les parents, elle ne s'explique pas pourquoi des gens s'en sont pris à cette école. « C'est triste pour l'école et les enfants, déplore Proto, 29 ans. Heureusement que ça n'a pas eu lieu en journée, quand il y a les enfants. » « On est tous un peu choqués », confie Asma. « C'est un choc pour nous tous », ajoute Ikram, qui a pris connaissance le matin de ce qui s'était passé.

Une cagnotte pour racheter le matériel détruit

Des mamans du quartier ont commencé à mettre en place une cagnotte pour racheter le matériel détruit. Julie est venue apporter des boîtes en plastique afin de récupérer ce qui pouvait l'être. « On essaye d'aider à notre niveau. C'est quinze ans de travail qui sont partis en fumée, soupire-t-elle. Qu'il y ait des gens qui s'en prennent à une école, une maternelle en plus, c'est innommable. »

« On est un peu en colère, lance Noussira, représentante de parents d'élèves. Ça fait depuis 2007 qu'on dit que le grillage est trop bas. » « S'il y avait eu des caméras de surveillance, on aurait peut-être pu éviter ça, juge Driss, 60 ans. On est dans un monde où on respecte de moins en moins les valeurs. Il faut être plus répressif. Si les peines pour les mineurs étaient plus lourdes, ils réfléchiraient. »

D'autres parents sont plus fatalistes. « On est à Argenteuil. Ici, c'est comme ça. On est étonné que ça se passe dans une école, mais sinon c'est tous les jours comme ça. Quand c'est pas une poubelle, c'est une voiture qui crame. »