«Ils avaient dû manger la mousse des sièges» : onze chiens faméliques sauvés dans le Val-d’Oise

Ils vivaient dans une véritable décharge chez une octogénaire à Frépillon, dans le Val-d’Oise. La Fondation assistance aux animaux va les soigner avant de les proposer à l’adoption.

 Frépillon. Les chiens vivaient dans des conditions déplorables.
Frépillon. Les chiens vivaient dans des conditions déplorables. DR

Des chiens déshydratés, amaigris et couverts de puces au milieu d'un terrain rempli d'immondices. C'est ce qu'ont découvert les gendarmes de Méry-sur-Oise, la police municipale et une équipe de la Fondation assistance aux animaux mercredi dernier, chez une femme de 85 ans, à Frépillon (Val-d'Oise). Cette dernière n'avait pas le droit de posséder des animaux depuis une condamnation en 2013 pour maltraitance animale.

« On nous avait signalé la présence d'animaux chez cette personne l'année dernière, précise Sandrine Nicolas, enquêtrice à la Fondation assistance aux animaux. C'est une personne qui avait aperçu des chiens enfermés dans des camionnettes. » Une équipe de la fondation s'était rendue sur place cet été mais n'avait pas pu entrer.

«Ce n'est pas une propriété, c'est une décharge»

Plus récemment, une personne s'est fait mordre par un chien à proximité de cette propriété. C'est ce qui a déclenché l'intervention des forces de l'ordre mercredi afin de procéder à la saisie des animaux. Les gendarmes ont fait appel à la Fondation assistance aux animaux, par l'intermédiaire de la Brigade animale bénévole.

A 8h30, ils investissent les lieux. « On a constaté la présence de trois chiens enfermés dans des véhicules, sans nourriture. Ils avaient dû manger la mousse des sièges », indique Sandrine Nicolas. Dépourvu d'eau et d'électricité, le terrain est rempli d'épaves de voitures et de détritus en tous genres. « On a entendu des aboiements qui nous ont fait comprendre qu'il y avait d'autres chiens dans une partie du terrain, derrière un grillage », ajoute-t-elle. Elle évoque un amoncellement dantesque d'ordures. « Ce n'est pas une propriété, c'est une décharge », souligne-t-elle. Les rats, y compris morts, sont légion. L'odeur est insoutenable.

Amaigris, couverts de puces, ces onze chiens devraient être soignés avant d’être proposés à l’adoption. DR
Amaigris, couverts de puces, ces onze chiens devraient être soignés avant d’être proposés à l’adoption. DR  

Huit chiens attachés dans une caravane

A l'intérieur d'une caravane, l'équipe trouve huit chiens, certains attachés avec une chaîne très courte. « Ils étaient couverts de puces, certains avec des pertes de poils. Tous très amaigris », précise-t-elle. Attachés, ils ont pu être pris en charge facilement. Les autres se sont échappés. Très craintifs, mais sans agressivité, ils ont été difficiles à rattraper.

Tous, déshydratés et amaigris, ont été placés dans un refuge et vont maintenant être soignés par la Fondation. L'un était sur le point de mourir. Chez les mâles non-castrés, un œdème aux testicules a été relevé. Beaucoup ont des infections liées aux puces. Une fois guéris, ils pourront être proposés à l'adoption.

Atteinte du syndrome de Noé ?

La femme qui vit sur ce terrain dit avoir récupéré ces animaux dans le but de les sauver. Elle les aurait recueillis en effectuant des maraudes dans les environs. Elle pourrait être atteinte du syndrome de Noé, qui pousse certaines personnes à vouloir sauver des animaux, au-delà de toute raison et sans avoir les moyens de le faire. Les animaux recueillis de cette manière peuvent se retrouver à l'abandon quand la personne n'a pas les moyens de s'en occuper.

C'est ce qui s'était produit pour cette femme dans le passé. Elle avait été condamnée pour avoir laissé à l'abandon un poney et un âne dans un pré. Au vu de la quantité de déchets accumulés à son domicile, elle semble également être atteinte du syndrome de Diogène.