Goussainville: le restaurant dévasté par un incendie criminel

L’Anamour a été la cible d’incendiaires qui ont provoqué une explosion dans l’établissement. Un ou plusieurs d’entre eux ont été blessés, laissant du sang sur place.

 Goussainville, ce lundi. Mehmet, le gérant du restaurant Anamour, constate les dégâts devant l’entrée du sous-sol, qui a subi les plus gros dommages.
Goussainville, ce lundi. Mehmet, le gérant du restaurant Anamour, constate les dégâts devant l’entrée du sous-sol, qui a subi les plus gros dommages. LP/Frédéric Naizot

Les deux lourdes portes en tôle épaisse ont été soufflées et tordues, les deux climatiseurs de 150 kg qui étaient fixés au mur sont à terre… Ce lundi, l'accès au sous-sol du restaurant Anamour, à Goussainville, témoigne de la violence de l'explosion qui s'est produite dans la nuit alors que des incendiaires ont mis le feu dans l'établissement.

L'alerte a été donnée à 2h35 du matin, lorsque les locataires du bâtiment d'une ancienne école réaménagée ont été réveillés dans la nuit par la déflagration survenue au niveau du restaurant.

Les secours sont rapidement intervenus dans le parc d'activités Charles-de-Gaulle, au bout de la rue des Artisans. Les pompiers ont déployé deux lances à eau pour maîtriser le sinistre, avant de mettre en place la ventilation des locaux. L'incendie a pu être circonscrit rapidement sans se propager au reste de l'établissement.

Des bidons d'essence retrouvés

Entre-temps, huit habitants des six appartements situés dans le bâtiment ont été évacués par les secours. L'un d'eux, qui a été incommodé par les émanations de fumées, a été pris en charge par les pompiers sans toutefois devoir être hospitalisé.

LP/Fr.N.
LP/Fr.N.  

Sur place, les policiers ont vite compris que le sinistre n'avait rien d'accidentel. Plusieurs bidons d'essence ont été ainsi découverts sur place, après avoir été vidés dans plusieurs pièces. Ils ont aussi découvert que l'opération nocturne des incendiaires ne s'est sans doute pas déroulée comme prévu, en retrouvant d'importantes traces de sang. Celles-ci laissent supposer qu'un ou plusieurs incendiaires se sont grièvement blessés lors des faits, peut-être lors de l'explosion.

« Tout le sous-sol est dévasté »

« Ils ont aussi laissé beaucoup de sang et il y a des traces de pas que l'on peut suivre. Ils ont dû se faire mal… Je pense qu'ils ont été pris de court et sont partis en panique, confie Mehmet, le gérant. Les voisins sont sortis dès qu'ils ont entendu l'explosion. »

Le patron se tient devant l'entrée du sous-sol interdite d'accès par les enquêteurs de la police scientifique, qui passent les lieux au peigne fin à la recherche d'indices. « Il y a eu une explosion, reprend-il. Cela a cassé une cloison. Les tables en marbres ont volé, les banquettes également. Le gaz était pourtant fermé mais j'ai retrouvé une bonbonne de gaz. Je pense qu'ils l'avaient apportée, sans doute pour faire exploser le restaurant. Tout le sous-sol est dévasté. La cuisine, le bureau, le stockage… »

Les incendiaires n'ont pas touché à la caisse

Mehmet dit avoir compté cinq bidons de carburant. « Il y a eu de l'essence partout ici, dans la salle de restaurant également. Ils devaient au minimum être trois ou quatre » estime-t-il, montrant également le passage pratiqué dans le mur donnant dans la rue des Artisans, pour réussir à pénétrer dans les locaux.

« Que peut-on avoir dans la tête pour en arriver là ? » se demande-t-il, ajoutant « ne pas avoir l'idée de qui pourrait faire cela ». « Je pense qu'ils étaient payés pour faire ça. Ils n'ont rien volé. La caisse était toujours là et il y a des choses à voler. »

Règlement de compte ou jalousie ? L'enquête ne fait que commencer pour déterminer l'origine de cet incendie criminel. « Nous sommes ouverts tous les jours depuis six ans », ajoute le gérant. « C'est une belle affaire, très connue dans le Val-d'Oise. Les clients viennent de partout. » Une affaire en rideau. La vingtaine d'employés est placée en chômage technique.