Gonesse : « L’idée du projet Carma, c’est vraiment la terre et l’agriculture »

Jean-Yves Souben, vice-président du collectif pour le triangle de Gonesse a présenté aux valdoisiens ce projet pour contrer EuropaCity.

 Voilà ce à quoi pourrait ressembler le futur Farm Lab' de Gonesse.
Voilà ce à quoi pourrait ressembler le futur Farm Lab' de Gonesse. Agrocité R-Urban CC Atelier d'A

« Nous sommes vraiment dans un débat de société ». Les opposants à l'urbanisation des terres agricoles du Triangle de Gonesse, sur lesquelles doit notamment voir le jour le controversé complexe de commerces et de loisirs EuropaCity de 80 ha, ont présenté à Pontoise leur contre-proposition pour ce territoire. Appelé Carma pour «groupement de Coopération pour une ambition rurale et métropolitaine agricole », il vise à mettre en place sur l'ensemble du Triangle, soit 670 ha, un « projet-phare de transition écologique ».

Cette réunion est une première dans le département. « Nous avons été accueillis à plusieurs reprises en Seine-Saint-Denis où de nombreux maires sont eux aussi opposés à EuropaCity alors que dans le 95, nous devons faire sans l'appui des élus et donc sans les salles municipales », précise Dominique Damour, conseillère municipale (EELV) de Pontoise et l'une des organisatrices de l'événement. Une trentaine de personnes a répondu présente.

Les opposants à EuropaCity ont manifesté en octobre 2017, place de la République à Paris, où ils ont déposé les légumes du Triangle de Gonesse pour montrer que la terre y est de bonne qualité./LP
Les opposants à EuropaCity ont manifesté en octobre 2017, place de la République à Paris, où ils ont déposé les légumes du Triangle de Gonesse pour montrer que la terre y est de bonne qualité./LP  

« L'idée, c'est vraiment la terre et l'agriculture », explique au public Jean-Yves Souben, vice-président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Au cœur du projet : le bio et les circuits courts. Car pour ce groupement, qui se revendique de l'économie sociale et solidaire, l'urbanisation d'une partie de ses terres agricoles malgré la menace du changement climatique et «alors que la demande pour des aliments de proximité n'a jamais été aussi forte », est une aberration. « Nous prenons notamment au mot le président Macron et son annonce de faire passer, d'ici 2022, à 50 % de bio les produits proposés par les cantines scolaires et plus récemment celle de la présidente (LR) de la région, Valérie Pécresse, qui a annoncé 100 % de produits locaux dans les cantines à l'horizon 2024 dont 50 % de bio. Tout ça alors qu'aujourd'hui on a déjà de grandes difficultés en Ile-de-France pour atteindre les 20 % », précise Jean-Yves Souben.

Pour ses concepteurs, Carma apporte des solutions tout en créant des emplois locaux même si ils se refusent à donner des chiffres. Pour cela le projet prévoit : des cultures céréalières bios, une ferme maraîchère, la création d'un centre de recherche et de formation sur l'agriculture urbaine et périurbaine ou encore un pôle de transformation (conserves, boissons). «C'est un projet à la portée symbolique et emblématique forte. Et la feuille de route est facile à mettre en place mais il faut toujours une décision politique pour la faire avancer», affirme Cyril de Koning,chargé de developpement. Une nouvelle mobilisation pour promouvoir Carma est prévue le 27 mai sur le Triangle.