Garges-lès-Gonesse : rackets en série au lycée Arthur-Rimbaud

Huit lycéens auraient porté plainte pour des vols par extorsion depuis la rentrée. Ces faits auraient lieu chaque année à la même époque. Les parents s’inquiètent.

 Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Des élèves du lycée Arthur-Rimbaud ont porté plainte après avoir été victime de vols par extorsion.
Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Des élèves du lycée Arthur-Rimbaud ont porté plainte après avoir été victime de vols par extorsion. LP/Thibault Chaffotte

« Nos enfants ne sont pas en sécurité et en plus ils ne sont pas protégés par la justice. Je trouve cela révoltant! » La mère d'un élève du lycée polyvalent Arthur-Rimbaud, à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), manifeste son inquiétude et son désarroi, après la relaxe le 16 octobre d'un jeune de 18 ans, soupçonné avec trois mineurs d'avoir racketté son fils et d'autres lycéens. Sa participation aux faits aurait été incertaine. Les trois autres suspects ont été mis en examen par un juge pour enfants.

Tous les quatre avaient été interpellés la veille. Sur l'un d'eux, les policiers avaient retrouvé un téléphone volé. Il a reconnu l'avoir acheté, ce qui constitue un délit de recel, pour lequel il a eu un rappel à la loi.

Les victimes ont osé porter plainte

Ces vols par extorsion sont loin d'être un phénomène nouveau dans cet établissement. « Apparemment, ça dure depuis trois ans. Ça a lieu à chaque rentrée, ajoute cette mère de famille. Les victimes ne portent jamais plainte, mais il y en a huit qui l'ont fait cette année. »

La façon de procédé est toujours la même. « Ils attendent que les élèves sortent du lycée, qu'ils passent devant un local à poubelles. Ils les font rentrer dedans et ils les dépouillent de tout ce qu'ils ont », décrit la mère d'un élève qui a subi ce racket rue Pierre-de-Ronsard. Son fils a réussi à s'enfuir en courant, mais d'autres n'ont pas été aussi chanceux.

Les services de police ont relevé au moins quatre agressions entre le 30 septembre et le 8 octobre. Sous la menace d'une arme de poing, les victimes ont été à chaque fois contraintes de remettre téléphones portables, lunettes et argent en liquide.

Garges-lès-Gonesse. Des élèves du lycée Arthur-Rimbaud ont été rackettés dans la rue Pierre-de-Ronsard, avant les vacances. LP/Thibault Chaffotte
Garges-lès-Gonesse. Des élèves du lycée Arthur-Rimbaud ont été rackettés dans la rue Pierre-de-Ronsard, avant les vacances. LP/Thibault Chaffotte  

« Tous les jours ou presque il y a des élèves frappés, insultés ou volés. Ça fait pas mal d'années que ça dure », soupire Saudade, ancienne représentante de la FCPE pour cet établissement. Son fils avait lui-même été racketté. « On en avait parlé à la police mais ils ne peuvent pas être là tout le temps », se désole-t-elle. Elle confirme que les élèves taisent ces agressions de peur de se faire tabasser.

Un ancien membre de la communauté éducative confirme que les dépôts de plaintes ont été rares jusqu'à présent. Certaines familles essayent de régler le problème à l'amiable, en s'adressant à la famille de l'agresseur. « Souvent ça marche, mais il faut que les auteurs soient identifiés », confie-t-il.

Les victimes, elles, ont toujours peu ou prou le même profil. Ce serait surtout les nouveaux élèves de l'établissement. « Le problème, c'est que pour l'enseignement professionnel, les élèves sont recrutés dans une trentaine de communes des environs », ajoute-t-il. La très grande majorité d'entre eux ne sont pas de Garges-lès-Gonesse. Beaucoup viennent en train et pour se rendre plus rapidement au lycée ou pour en revenir, ils passent parfois par certaines cités. Ce sont ces élèves de seconde, connaissant mal les lieux, qui constitueraient des proies faciles. « Ils se font avoir une fois mais pas deux. Après, ils prennent d'autres chemins ou circulent en groupe. Généralement ça se calme aux vacances de la Toussaint », précise-t-il.

L'établissement en lien avec la police et la mairie

Selon l'académie de Versailles, les auteurs auraient eu un complice parmi les élèves. « Il est immédiatement passé en conseil de discipline et a été exclu de l'établissement », indiquent les services de l'académie. Ces derniers soulignent en outre que la Brigade régionale de sécurité (BRS) du conseil régional Ile-de-France a été mobilisée à l'entrée de l'établissement, avant les vacances. Le proviseur est en lien étroit avec les services de police. Un travail est également mené avec la mairie de Garges-lès-Gonesse.