Dépôts sauvages : un artisan pris la main dans le sac dans le Val-d’Oise

L’adjoint au maire de Presles a repéré un artisan qui a déchargé une benne de déchets au bord d’un chemin, près de la N 184. Une commune qui traque aussi les pollueurs avec des pièges photographiques.

 Presles. Les forces de l’ordre ont pu surprendre deux frères qui venaient vider leur benne sur le bord d’un chemin à proximité de la N 184.
Presles. Les forces de l’ordre ont pu surprendre deux frères qui venaient vider leur benne sur le bord d’un chemin à proximité de la N 184. DR

L'artisan tricheur s'était fait repérer au volant de son camion. Lundi, les gendarmes ont interpellé deux frères qui venaient de vider toute une benne de déchets sur un chemin de Presles, sans passer par une déchetterie. Un gain de temps et d'argent qui va mener le chef d'entreprise devant la justice.

Le camion-benne s'était fait remarquer vers 14h30 par un habitant de la commune. Pas n'importe lequel : Michel Wattier, le maire adjoint chargé des travaux… et de la sécurité. Celui-ci le repère alors que le conducteur s'engage dans le chemin rural de Presles à L'Isle-Adam.

La police municipale et la gendarmerie sont aussitôt sollicitées et sur place, les équipages surprennent en flagrant délit deux frères qui viennent de vider leur benne de terre sur le bord du chemin, à proximité de la N 184.

Une amende en plus des frais d'enlèvement

Ces derniers ne peuvent que reconnaître les faits, se justifiant par le gain de temps. Venant d'un chantier de terrassement à Butry-sur-Oise, ils ont évité la déchetterie qui selon eux les contraignait à décharger à la main le contenu de leur benne.

L'un des deux frères, gérant d'une entreprise du bâtiment, s'est retrouvé avec une convocation de la justice. Il devra s'expliquer le 19 novembre prochain devant le tribunal dans le cadre d'une composition pénale. « Il devrait écoper d'une lourde amende qui viendra s'ajouter aux frais d'enlèvement et de traitement des déchets déposés sauvagement », souligne la gendarmerie du Val-d'Oise.

Caméras et pièges photographiques

« C'est un véritable fléau. nous avons régulièrement des dépôts sauvages, confie Pierre Bemels, le maire de Presles. Cela coûte chaque année 100 000 € à la communauté de communes de la Vallée de l'Oise et des Trois forêts. »

Neuf communes* qui ont décidé de riposter avec l'installation de la vidéosurveillance et de pièges photographiques. « Avec ces derniers, nous avons pu prendre sur le fait plusieurs personnes ces dernières semaines, le plus souvent des artisans, ajoute-t-il. C'est un dispositif très discret, qui ne se voit pas du tout et qui se déclenche lorsque l'on passe dans le champ. »

Le Val-d'Oise, terre de dépôts sauvages

Parcouru par de nombreux chemins ruraux, notamment dans le Vexin et dans la Plaine de France, le Val-d'Oise est particulièrement la cible des pollueurs. Entre janvier et novembre 2019, le groupement de gendarmerie du Val-d'Oise a relevé 160 infractions. Plus de 55 % des affaires ont été élucidées. Parmi elles, 6 ont abouti à des contraventions pour non-respect des règlements sanitaires et 65 ont été qualifiées en délits (en augmentation de 7 %) passibles du tribunal correctionnel.

Et la vidéo commence à être efficace. Un pollueur a écopé de trois mois ferme devant le tribunal correctionnel fin septembre pour avoir déversé 3 m 3 de déchets le long d'un chemin du Mesnil-Aubry. Sa plaque d'immatriculation n'avait pas échappé à la caméra. Ce jour-là, le tribunal avait aussi infligé 1 500 € d'amende à un chef d'entreprise de la Frette-sur-Seine qui avait eu recours à des Roumains qui avaient barré un chemin de Sagy, dans le Vexin, en y abandonnant 11 tonnes de déchets, soit 33 m3 de sacs de gravats, de planches, de laine de verre et du mobilier. Il lui était reproché d'avoir remis ces déchets à une personne autre qu'un exploitant agréé.

* Béthemont-la-Forêt, Chauvry, L'Isle-Adam, Mériel, Méry-sur-Oise, Nerville-la-Forêt, Parmain, Presles et Villiers-Adam.