Covid : les rassemblements festifs de plus de 30 personnes interdits dans le Val-d’Oise

La progression inquiétante de la Covid-19 dans le Val-d’Oise incite la préfecture à interdire à partir de lundi les rassemblements festifs ou familiaux de plus de 30 personnes. Deux centres de dépistage permanents ouvrent la semaine prochaine.

 Cergy. Deux centres de dépistage vont être installés jusqu’à la fin de l’année, à Cergy-Préfecture et à Argenteuil.
Cergy. Deux centres de dépistage vont être installés jusqu’à la fin de l’année, à Cergy-Préfecture et à Argenteuil. LP/Frédéric Naizot

L'inquiétant rebond de la pandémie conduit le préfet du Val-d'Oise à prendre de nouvelles mesures contraignantes pour les habitants du Val-d'Oise. « Le virus à l'origine de la Covid-19 circule de manière de plus en plus préoccupante dans toute l'Île-de-France et notamment dans le Val-d'Oise », souligne ce vendredi soir Amaury de Saint-Quentin.

Dans ce contexte, il interdit les rassemblements festifs et familiaux de plus de 30 personnes dans tous les établissements recevant du public (ERP), à compter de lundi, à 8 heures, pour une durée de 15 jours. Ainsi, les fêtes de mariages, les réunions de famille ou entre jeunes devront être remis à plus tard. « Les clusters qui se développent aujourd'hui sont au sein de la cellule familiale », précise la préfecture.

Deux morts et une pression qui monte dans les hôpitaux

« Les indicateurs épidémiologiques de surveillance de la Covid-19 continuent de se dégrader fortement et de manière rapide dans le département, souligne Amaury de Saint-Quentin. Ces dernières 24 heures, deux personnes sont décédées de la Covid-19 dans le Val-d'Oise et la pression sur les services hospitaliers, notamment dans les unités de réanimation, ne cesse d'augmenter. »

Aujourd'hui, 25 lits sur les 58 disponibles dans le Val-d'Oise sont actuellement occupés par des patients atteints de la Covid-19. Ce qui représente un taux d'occupation supérieur à 40 %. En début de semaine, dix nouveaux patients avaient été admis en réanimation en l'espace de deux jours.

Selon la préfecture, la quasi-totalité des 58 lits de réanimation sont actuellement occupés par des patients, atteints ou non de la Covid 19. Avec cette différence notable par rapport au mois de mars dernier qu'il n'est plus envisageable de transférer des patients en région désormais pour soulager les hôpitaux d'Ile-de-France, comme a pu le faire le centre hospitalier de Pontoise.

Des événements vus comme des clusters potentiels

Les autres chiffres-clés pour évaluer la progression de la pandémie sont toujours en hausse sensible, et particulièrement inquiétants. Le taux d'incidence ( nombre de nouvelles contaminations rapporté à 100 000 habitants sur une période de 7 jours ) qui s'élevait à 81,9 le 9 septembre dernier atteint désormais 139,9. Il est de 68 chez les plus de 65 ans, tranche d'âge la plus vulnérable face à la maladie. Le taux de positivité aux tests, qui s'élevait à 6,8 le 9 septembre, est désormais de 8,5.

LP/Fr.N.
LP/Fr.N.  

Le nouvel arrêté préfectoral du Val-d'Oise a été pris dans le prolongement des annonces faites le 23 septembre par Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé. Pour la préfecture, il s'agirait d'autant de clusters potentiels. « Ceux-ci étant susceptibles de contribuer à l'accélération de la propagation du virus. En effet, la nature de ces rassemblements rend souvent impossible le respect des gestes barrière et de la distanciation physique. »

Les cérémonies de mariages autorisés, pas les fêtes

Elle précise que cette mesure ne concerne toutefois pas les cérémonies civiles dans les mairies et les cérémonies religieuses dans les lieux de culte. « Les autres types de rassemblements, comme les événements associatifs ou professionnels, peuvent être maintenus, dans le respect strict des règles sanitaires prévues, sous la responsabilité des organisateurs. » La mesure ne concerne pas non plus les restaurants ou les bars.

Parallèlement, la préfecture du Val-d'Oise poursuit sa politique de dépistage massif afin de contenir l'épidémie. Elle va mettre en place la semaine prochaine deux centres de dépistage, qui seront opérationnels jusqu'à la fin de l'année. Ces derniers seront situés pour le premier dans les anciens locaux de la Caisse d'allocations familiales (CAF), à Cergy-Préfecture, pour le second à Argenteuil.