Covid-19 : l’épidémie s’emballe, 68 classes fermées dans le Val-d’Oise

Les mesures de fermetures se sont multipliées cette semaine alors que le département est toujours dans le rouge. Même les accueils du périscolaire sont parfois contraints d’être suspendus.

 Malgré toutes les précautions sanitaires prises dans les établissements scolaires, des phénomènes de contagions conduisent ponctuellement à des fermetures de classes.
Malgré toutes les précautions sanitaires prises dans les établissements scolaires, des phénomènes de contagions conduisent ponctuellement à des fermetures de classes. LP/Olivier Corsan

Trois semaines après la rentrée, les cours sont déjà interrompus pour un grand nombre de jeunes Val-d'Oisiens. Ce vendredi, le département compte pas moins de 68 classes fermées pour cause de Covid-19, selon les chiffres communiqués par la préfecture. Pour rappel, trois jours plus tôt, soit mardi, il y en avait 49. L'épidémie semble donc bien se multiplier à une vitesse inquiétante dans les établissements scolaires.

Dans un premier temps, le phénomène avait surtout touché les grandes villes, comme Cergy par exemple ou les communes du tissu urbain de l'agglomération. A Jouy-le-Moutier par exemple, alors que deux classes sont déjà fermées à la Côte-des-Carrières, de nouveaux cas ont été repérés ces derniers jours (un au Village et trois à la Côte-des-Carrières à nouveau) mais cette fois-ci sans que des restrictions d'accueil aient été prononcées.

A Montigny-lès-Cormeilles, alors que le test PCR d'un agent de la maternelle Paul Cézanne est revenu positif lundi soir, les élèves de deux classes - la petite et la moyenne section - ont été renvoyés chez eux pour sept jours tout comme les enseignants.

Des villes de taille plus modeste semblent désormais touchées. En début de semaine, un enfant a été testé positif à l'école Vavasseur d'Auvers-sur-Oise. Non loin de là, à Butry-sur-Oise, ce sont les services du périscolaire qui ont été touchés. Pas de répercussion sur l'école elle-même, mais les mesures nécessaires ont bien chamboulé le quotidien de tous les parents d'élèves. Un des animateurs du périscolaire a en effet été alerté de sa positivité mardi matin. Par précaution, la mairie a décidé de fermer la totalité des services : l'accueil du matin, celui du soir, la cantine, l'étude et le centre aéré du mercredi « jusqu'à nouvel ordre ».

Au lycée Fragonard de L'Isle-Adam, une classe de BTS vit dans l'angoisse

Et il n'y a pas que les établissements de primaires qui sont concernées par cette seconde vague. Au lycée Fragonard de L'Isle-Adam, les enseignants tirent la sonnette d'alarme. Trois cas avérés de coronavirus ont été signalés au sein d'une même classe de BTS. Et pourtant, les cours continuent… « Nous sommes effarés, les étudiants ont peur », confient les représentants locaux du syndicat national des enseignements de second degré (Snes).

Voilà déjà deux semaines que cette classe a commencé à être touchée. Le 7 septembre, un étudiant présentant des symptômes a annoncé qu'il était contaminé. Malheureusement, à cause d'un retard pris dans le traitement des dossiers par le laboratoire débordé, le jeune concerné s'est rendu en cours sans savoir qu'il était positif. Résultat, une semaine plus tard, deux malades supplémentaires communiquent leurs résultats.

Actuellement, d'autres élèves présentant des symptômes seraient en attente des leurs. Les représentants du Snes ont envoyé deux courriers d'alerte successifs à la direction de l'Académie. Mais aucune décision de classe n'a pourtant été prise. « Le protocole sanitaire de l'Éducation nationale prévoit la fermeture d'une classe en présence de trois cas positifs au Covid-19 dans une même classe », rappellent les enseignants. « La direction du lycée nous a transmis la justification incongrue face à une telle situation du médecin-conseil de la direction académique », poursuivent-ils. En l'occurrence, il n'y aurait « pas de cas contact car pas de rupture des gestes barrière ».

Plus d'absents que de coutume

Pour les professeurs, il existe néanmoins un risque réel. « Ces étudiants d'une vingtaine d'années se côtoient jusqu'à huit heures par jour », expliquent-ils. « Ils déjeunent ensemble. » Malgré tout, aucune communication officielle n'a été faite auprès des étudiants, à qui l'on n'a même pas demandé expressément de se faire dépister.

L'angoisse générée par cette multiplication de cas se reflète en revanche au sein de la classe. « Il y a énormément d'absents, constate l'équipe pédagogique. Malgré tout on ne peut pas mettre en place d'enseignement à distance car une partie des étudiants est là. Du coup, c'est pénalisant pour tout le monde… »

Interrogée, la direction d'académie rappelle seulement que « les décisions sont prises suite à une enquête de l'ARS et en lien avec la préfecture. Par ailleurs, comme annoncé jeudi par le ministre de la Santé, le protocole sanitaire dans les écoles va évoluer très prochainement. »