Covid-19 : en pleine deuxième vague, l’hôpital de Gonesse recrute en nombre

Alors que le seuil critique de la crise sanitaire est de nouveau atteint, l’établissement du Val-d’Oise recherche une centaine de paramédicaux et une vingtaine de médecins.

 Gonesse (Val-d’Oise), le 30 octobre 2020. Les personnels doivent changer de surblouse entre chaque chambre dans les unités Covid de l’hôpital.
Gonesse (Val-d’Oise), le 30 octobre 2020. Les personnels doivent changer de surblouse entre chaque chambre dans les unités Covid de l’hôpital. LP/Julie Ménard

Ils existaient déjà avant mais depuis le début de la pandémie, les besoins en recrutement s'intensifient au centre hospitalier de Gonesse (Val-d'Oise). Dénoncé à maintes reprises par les syndicats lors de mouvements de grève ces dernières années, le manque d'effectifs oppresse de plus en plus les personnels, déjà fatigués physiquement et psychologiquement par la première vague.

Cette fois, le centre hospitalier lance une vaste campagne de recrutement. Pas moins de 100 postes sont à pourvoir dans le domaine paramédical sur les 2000 agents que compte l'établissement. Côté médecins, il manque une vingtaine de personnes pour porter l'effectif à 300.

L'hôpital recherche des infirmiers, aides-soignants, infirmiers anesthésistes (IADES), ainsi que des urgentistes, réanimateurs, internistes, pneumologues, psychiatres, pédopsychiatres et sages-femmes. Les postes, en CDI, sont également ouverts en CDD si les personnes intéressées ne sont disponibles que sur une certaine période.

«La crise sanitaire a fait évoluer nos besoins»

« On ne va pas forcément recruter des spécialistes comme des neurochirurgiens, précise le Dr François Venutolo, le directeur médical de la crise pour l'hôpital de Gonesse. La crise sanitaire a fait évoluer nos besoins. Nous devons renforcer nos effectifs en médecine générale et infectieuse. »

A cela s'ajoute la prise en charge complexe des patients gravement atteints par le Covid-19. Dans les unités dédiées, les hospitaliers doivent changer de surblouse entre chaque chambre, parfois manipuler les patients à plusieurs, et respecter les protocoles d'hygiène. Les sollicitations sont donc plus nombreuses. « Ce gain de personnel peut nous permettre de ne pas déprogrammer trop d'opérations trop vite », ajoute celui qui est aussi président de la commission médicale d'établissement.

Des équilibres à penser «en permanence»

Car c'est bien là tout l'enjeu de cette deuxième vague : continuer à traiter les autres pathologies en même temps que le Covid-19. Pour l'instant, l'organisation fonctionne. Trois flux de patients sont identifiés : ceux atteints du Covid, ceux porteurs d'une autre maladie, et ceux qui ont été contaminés alors qu'ils souffraient déjà d'une pathologie. « Tout est fait pour que les flux ne se croisent pas ; les équilibres doivent être pensés en permanence », indique le Dr Venutolo.

Le Dr François Venutolo est le directeur médical de crise au sein de l’établissement. LP/Julie Ménard
Le Dr François Venutolo est le directeur médical de crise au sein de l’établissement. LP/Julie Ménard  

En théorie, les chiffres sont moins alarmants qu'en mars-avril. Alors que les lits d'hospitalisation étaient montés à 120 et les lits de réanimation à 35, ils sont aujourd'hui respectivement au nombre de 50 et 8. Pourtant, « la situation est critique », confirme le directeur médical.

Une dizaine de cas chaque jour aux urgences

Ce qui diffère, ce sont les flux de patients. S'ils avaient débarqué en masse à Gonesse début mars, notamment en provenance de l'Oise, et dans des états très graves, ils viennent aujourd'hui plutôt de Paris et sont mieux répartis dans les hôpitaux de banlieue. La meilleure connaissance du virus permet aussi une prise en charge plus juste. Pour beaucoup de cas, les médecins ont désormais recours à une oxygénation à haut débit au lieu de systématiquement intuber. Les durées d'hospitalisation peuvent ainsi être réduites.

Les cellules de crise se tiennent deux fois par semaine. LP/Julie Ménard
Les cellules de crise se tiennent deux fois par semaine. LP/Julie Ménard  

Aux urgences, on enregistrait environ 60 passages par jour pour 80 % de cas Covid lors de la première vague. Actuellement, on compte près de 170 passages quotidiens pour une dizaine de personnes contaminées. « La difficulté, c'est de prendre en charge tous les autres patients alors qu'en mars, on ne s'occupait que du Covid », souligne Dr François Venutolo.

Et la situation ne va pas en s'arrangeant. Avant de ressentir les effets positifs du confinement, probablement à partir de mi-novembre, la courbe ascendante du taux de contamination va continuer à grimper. Malgré tout, la direction pense à l'avenir. « Les enjeux changent, on a besoin de mieux anticiper les choses, reprend le médecin. Demain, le risque bactérien va être de plus en plus présent. On doit être capable de se positionner là-dessus. Les recrutements que l'on va faire doivent être pensés différemment. »

Les candidatures sont à envoyer à [email protected] pour les paramédicaux, ou à [email protected]