Covid-19 : annulation en cascade d’événements dans le Val-d’Oise

Les villes et structures qui avaient tenté de maintenir des animations cet automne sont contraintes de les annuler progressivement, notamment en raison de l’arrêté préfectoral interdisant les rassemblements festifs et familiaux de plus de 30 personnes.

 Sannois. C’est un nouveau coup du pour l’EMB, qui avait monté un événement pour faire revivre le lieu, à l’arrêt depuis début mars.
Sannois. C’est un nouveau coup du pour l’EMB, qui avait monté un événement pour faire revivre le lieu, à l’arrêt depuis début mars. LP/Alexandre Boucher

Les fans de manga qui comptaient se rendre ce week-end à la salle des fêtes de Montmagny, pour le traditionnel salon Japan Mania, devront se faire une raison. L'un des événements phares de ce début d'automne a en effet été annulé, tout comme la séance de Ciné-Récré prévue ce mercredi en préambule.

En cause, bien entendu, le contexte sanitaire actuel et le dernier arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement de plus de 30 personnes dans un établissement recevant du public. « On ne peut pas faire autrement, explique le maire (LR), Patrick Floquet, qui a dû également annuler l'ensemble des manifestations familiales (mariages, baptêmes, anniversaires) prévues dans des salles. On revient comme au début d'année, en février et mars. »

Toutes ces annulations ont un impact financier. « Cela a un coût, reprend l'élu. Quand on annule comme ça, il y a des choses que l'on est obligé de payer. Pour Japan Mania, par exemple, des prestataires avaient déjà passé des commandes. »

Pas question pour autant de tout annuler sur le long terme. « C'est difficile de dire, on ne prévoit rien dans les six mois, car on ne sait pas ce qui va se passer, souffle Patrick Floquet, qui avait été l'un des rares maires du Val-d'Oise à maintenir cet été le feu d'artifice du 14 juillet. On passe un temps fou sur les dossiers et on prend les décisions au cas par cas. »

«Tout le monde est en train de se repositionner»

De nombreuses autres villes du département sont dans le même cas de figure. A l'image de Deuil-la-Barre, contrainte d'annuler sa nuit du blues programmée samedi 3 octobre, ou de Villiers-le-Bel, dans l'est du Val-d'Oise, qui a annoncé ce mardi être contrainte par la préfecture d'annuler l'ensemble des spectacles liés au lancement de la saison culturelle.

Eaubonne, de son côté, a dû renoncer à son salon Couleurs et Saveurs d'Automne, sorte de salon du terroir, prévu les 10 et 11 octobre prochains. « Il y avait une partie en intérieur, et c'est compliqué », explique la maire (PS), Marie-José Beaulande, qui se projette également dans les prochains mois.

« On commence à regarder sur la fin de l'année, pour redimensionner les événements, glisse l'élue. Tout le monde est en train de se repositionner. On cherche un équilibre, car on veut absolument garder une vie sociale et continuer à vivre, mais notre responsabilité est d'assurer la sécurité des gens. »

La municipalité a d'ores et déjà annulé la cérémonie des vœux. « Si la situation va mieux, on fera des vœux plus petits, plus ciblés, espère l'élue socialiste. Il faut maintenir le lien, mais avec des nouvelles formes. »

Un nouveau coup d'arrêt pour certaines salles

Des contraintes qui touchent également les salles de spectacle. A Sannois, par exemple, l'Espace Michel-Berger (EMB) a dû abréger le festival Toit toit mon toit, monté spécialement pour la rentrée en vue de faire revivre le lieu, à l'arrêt depuis début mars. Si l'événement gratuit s'est déroulé normalement les 18, 19 et 20 septembre derniers, les dirigeants de la seule salle labellisée Scène de musique actuelle (Smac) du Val-d'Oise ont annulé « la mort dans l'âme » tous les concerts prévus le week-end dernier et ceux du prochain « suite à l'intervention du ministre de la Santé Olivier Véran », explique Arnaud Monnier.

« On n'a pas reçu d'interdiction, précise le directeur de l'EMB. La préfecture nous avait laissés organiser cette manifestation mais elle nous avait déconseillé de le faire même si on était dans les clous des règles sanitaires. C'est dommage parce que cela avait très bien marché le premier week-end. »

Un nouveau coup d'arrêt pour l'EMB, qui n'entame pourtant pas le moral des équipes « désormais tournées vers la réouverture de la salle prévue le 9 octobre ».

« On est suspendus à l'évolution de l'épidémie comme tout le monde, souffle Arnaud Monnier. C'est hypercompliqué mais nos lieux sont en permanence en mouvement, en remise en question. » L'EMB est donc en train de plancher sur la configuration de sa salle. La jauge étant fixée à 70 personnes assises, distanciées et masquées : « On réfléchit pour offrir le meilleur accueil au public et créer de la convivialité avec les artistes ».

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