Cet habitant d’Herblay-sur-Seine pagaye jusqu’à Honfleur pour une cagnotte solidaire

Cet aventurier dans l’âme s’est lancé un défi sportif pour collecter des fonds au profit d’un centre d’hébergement d’urgence parisien géré par les Restos du Cœur.

 Stéphane Baudet-Lambert s'est lancé le défi de rallier Honfleur depuis Paris à kayak et en auto-suffisance.
Stéphane Baudet-Lambert s'est lancé le défi de rallier Honfleur depuis Paris à kayak et en auto-suffisance.  DR

«Là, j'ai la tour du château de La Roche-Guyon devant moi !», s'exclame Stéphane Baudet-Lambert au téléphone. Depuis samedi, cet habitant d'Herblay-sur-Seine a entrepris une aventure peu commune : rallier Honfleur (Seine-Maritime) depuis Paris par kayak sur la Seine. Un périple de 370 km à la seule force de ses bras et en autosuffisance. Sauf contre-temps, Stéphane a prévu d'accoster dans la ville touristique normande le 6 octobre, jour de son quarantième anniversaire.

Plus qu'un simple défi sportif, « A Flot avec vous » est une véritable opération solidaire parrainé par Paul Dewandre, l'auteur de La Parabole du kayakiste et marrainé par Sophie Ladegaillerie, présidente de La Péniche du Cœur.

Une action pour les Péniches du Cœur

Stéphane espère en effet collecter des fonds en faveur de La Péniche du Cœur, un centre d'hébergement d'urgence des Restos du Cœur situé non loin de son lieu de travail. «J'ai toujours été attiré par la Seine et les péniches, raconte ce commercial chez un éditeur de logiciels. Je rêvais de redescendre le fleuve jusqu'à la mer. Mais je voulais le faire pour la bonne cause : permettre à des personnes en difficulté de se remettre à flot.»

Mercredi, la cagnotte avait déjà récolté plus de 3 600€ de dons sur les 5 000 escomptés. «Quand on est fatigués et qu'on a froid après avoir passé une journée sur l'eau, ce genre de nouvelles me conforte dans l'idée que je ne fais pas tout ça pour rien », apprécie Stéphane qui raconte ses péripéties et rencontres jour après jour sur une page Facebook.

« Il y a certains passages où j'ai eu peur »

Car l'aventure de Stéphane sur la Seine est tout sauf un long fleuve tranquille. Depuis son départ, précisément depuis Meudon (Hauts-de-Seine), il multiplie les « galères ». Temps très capricieux, passage des écluses, attaque de cygnes, pouvoir d'attractions des péniches, les risques sont multiples et permanents.

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«De Paris à Mantes, la Seine est très contrainte. Chaque jour, je sais qu'il va m'arriver quelque chose. ça fait un an que je m'entraîne de façon assidue. Il faut avoir une lecture de l'eau sinon on se fait emporter par les vagues. Il y a certains passages où j'ai eu peur. J'ai failli aller à l'eau plusieurs fois. »

Une préparation sur la Seine et le plan d'eau de Cergy

Après une journée à pagayer, il n'est pourtant pas au bout de ses peines. «La sortie de l'eau me prend deux heures. Comme la mise à l'eau le matin. Il faut ensuite monter la tente, faire du feu, tenir le journal de bord et manger. Je ne suis jamais couché avant minuit», détaille Stéphane qui a embarqué 3 kilos de nourriture lyophilisée à bord de son canoé gonflable rigide.

Malgré les risques et les galères, Stéphane, qui s'est préparé durant un an sur le plan d'eau de l'île de loisirs de Cergy-Pontoise et les berges de Seine, ne regrette pas une seconde choix. «J'en prends plein les mirettes! Je vois le côté sauvage de la Seine, des îles, des hérons cendrés, des oiseaux, des sangliers. Je me sens comme un aventurier, comme le Mike Horn du Val-d'Oise à ma petite échelle (rires). »