Cergy - Deuil-la-Barre : les agressions se multiplient aux abords des lycées

Les vols avec violence se sont multipliés aux abords de ces établissements ces derniers mois. Heureusement, une réaction rapide des pouvoirs publics semble avoir permis de maîtriser la situation.

 Le lycée Galilée, établissement très tranquille, a vu ces derniers mois une recrudescence des agressions aux abords de l’établissement.
Le lycée Galilée, établissement très tranquille, a vu ces derniers mois une recrudescence des agressions aux abords de l’établissement. LP/Christophe Lefèvre

Après plusieurs mois d'une angoisse qui montait, les élèves du lycée Galilée à Cergy vont sans doute pouvoir retourner en cours en toute sérénité. Cet établissement tranquille avait vu se développer un phénomène inquiétant ces derniers mois : un nombre croissant d'étudiants ont été agressés en sortant de cours.

Les premières attaques sont apparues en septembre dernier. Il y en aurait eu trois entre la rentrée et le mois de décembre. Puis avant Noël, trois nouvelles agressions sont recensées et encore trois en janvier. « Cette accélération était inquiétante, cela devenait quelque chose d'organisé, indique le maire (PS) de Cergy Jean-Paul Jeandon. Il s'agissait simplement de racket mais commis avec violence, ce qui était très traumatisant pour les jeunes. »

Le phénomène s'est déplacé

La municipalité a activé le groupe de partenariat opérationnel (GPO) - un dispositif qui permet de réunir les différents acteurs locaux afin de trouver des solutions sur des problématiques liées à la sécurité - sur ce thème en particulier. Les polices municipale et nationale, les médiateurs, parents et représentants du lycée ont été mobilisés.

Au départ, les victimes étaient toutes détroussées sur le même chemin reliant le lycée Galilée à la gare de Cergy-Saint-Christophe. Les premières actions mises en place ont eu pour effet de déplacer le phénomène, d'abord vers le collège Gérard-Philipe. Et lundi dernier, c'est au Belvédère qu'une nouvelle attaque se produisait, la onzième depuis la rentrée.

Deux personnes interpellées en flagrant délit

Une réalité prise au sérieux par l'Education nationale. « La proviseure du lycée Galilée a alerté la mairie de Cergy, dès les premiers témoignages d'élèves, afin qu'une sécurisation puisse être mise en place sur le chemin vers la gare, indique le Rectorat. Des patrouilles renforcées de la police municipale ont été mises en place dans ce secteur. Un nouveau point de situation a été réalisé la semaine dernière entre la proviseure, la mairie et des représentants des parents d'élève. Un renforcement du dispositif a été acté, avec notamment la présence de policiers en civil. Un nouveau point de situation sera fait en début de semaine prochaine. »

En début de semaine, deux personnes ont été arrêtées en flagrant délit, une enquête est en cours. « Depuis plus rien, constate le maire en croisant les doigts. Nous allons continuer à surveiller. »

Une brigade de sécurisation à Deuil-la-Barre

Ces phénomènes ont également touché Deuil-la-Barre. Le collège Emile-du-Châtelet tout d'abord puis le lycée Camille-Saint-Saëns. Une dizaine de lycéens ont été victimes de vols, accompagnés à plusieurs reprises de violences allant jusqu'au coup de couteau, en se rendant ou sortant de leur établissement.

Une situation qui avait rapidement alerté parents d'élèves, mairie et Education nationale. Et la solution adoptée à ce jour semble porter ses fruits. Depuis novembre, une brigade de sécurisation est présente tous les jours autour de l'établissement aux heures d'entrée et de sorties des élèves. Quatre nouveaux policiers municipaux ont été recrutés spécialement par Deuil-la-Barre en accord avec Groslay, Montmagny et Saint-Brice-sous-Forêt, le lycée en question étant intercommunal.

Aucune agression recensée depuis janvier

Et depuis janvier, ces agents en civil disposent même d'une salle dans l'établissement pour faciliter leur présence et leur action. Objectifs ? Dissuader les auteurs potentiels mais aussi nouer du lien avec les jeunes. « C'est assez rare qu'un tel partenariat puisse se mettre en place à l'intérieur même du lycée. On est assez content d'avoir pu le monter. C'est le fruit d'une collaboration entre les différentes parties prenantes, souligne Muriel Scolan, maire de Deuil-la-Barre.

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Ainsi depuis janvier, aucune agression à déplorer. « Évidemment, on espère que cela va durer. En tout cas, les parents sont satisfaits de voir les agents tourner aux abords du lycée jusque dans les petites rues même si certains continuent de préférer venir chercher leur enfant en voiture par sécurité », note Mariam Rahhali, coprésidente de la FCPE 95.