Val-d’Oise : le géant du mastic Bezons va supprimer 208 emplois, l’avenir du site en question

La direction de PPG, une usine spécialisée dans le secteur de l’aéronautique et de l’automobile a annoncé la fermeture du site pour l’été.

 Bezons, le 5 octobre. La direction de PPG Sealants Europe a annoncé la fermeture du site historique pour l’été 2021. 208 emplois seront supprimés.
Bezons, le 5 octobre. La direction de PPG Sealants Europe a annoncé la fermeture du site historique pour l’été 2021. 208 emplois seront supprimés. LP/Alexandre Boucher

Coup dur pour les salariés de cette usine historique de Bezons. La direction de PPG Sealants Europe leur a annoncé un plan de cessation d'activités lors d'un comité social et économique (CSE), jeudi 1er octobre. La fermeture définitive est programmée pour l'été 2021.

L'annonce a fait l'effet d'une bombe parmi les 208 ouvriers de cette usine spécialisée dans la production de mastics pour l'aéronautique et l'automobile. « On prend ça en plein dans la tronche, souffle Mohamed Achoui, secrétaire CFTC et membre du CSE. Les gens sont sous le choc. »

Prévenue quelques jours auparavant, la nouvelle a également ébranlé la maire (PS) Nessrine Menahouara, qui a immédiatement pris attache avec la préfecture du Val-d'Oise pour lui signifier « que la ville accompagnerait les salariés dont une grande partie habite Bezons et Argenteuil ».

En cause, « l'effondrement du marché aéronautique »

Voilà quelques années que l'avenir du site de la rue Salvador-Allende inquiétait les ouvriers dont une partie s'était mise en grève fin 2018 après la délocalisation de trois activités de productions.

« Même si cette annonce confirme nos inquiétudes, on a quand même été surpris par la rapidité, confie Mohamed Achoui. La direction se sert de l'excuse du Covid. On veut bien la croire mais le processus était bien engagé. Le fait qu'il n'y ait aucun investissement depuis cinq ans nous avait mis la puce à l'oreille. »

Pour justifier sa décision, PPG Sealants Europe explique « être confrontée depuis plusieurs années à une surcapacité de [ses] outils de production ». « La crise économique qui suit la crise sanitaire a amplifié le phénomène, indique François Rambié, porte-parole du projet de cessation d'activités. Personne ne l'avait vu arriver ainsi que l'effondrement du marché aéronautique. La reprise n'est pas attendue avant 2023-2024 pour le secteur. »

« On a tout le temps été rentable jusqu'à cette année »

PPG Sealants, qui possède également des usines à Saint-Just-en-Chaussée (Oise) et à Gonfreville-l'Orcher, près du Havre (Seine-Maritime) et emploie 47 600 personnes dans le monde, a donc fait le choix de fermer le « site le moins compétitif ».

« Bezons est confronté depuis 2017 à des problèmes de mise au point de produits, poursuit François Rambié. Cela a provoqué des déférencements de produits par les acheteurs qui allaient se fournir dans d'autres usines PPG. Entre 2017 et 2019, l'usine a perdu 50 % de ses volumes produits. »

Une version que contestent déjà les organisations syndicales, qui vont se réunir en intersyndicale et se sont déjà rapprochées d'un cabinet d'expert-comptable « pour montrer que la fermeture n'est pas justifiée ». « On a tout le temps été rentable jusqu'à cette année, qui est particulière, avance Mohamed Achoui. On ne va pas nous faire croire qu'on est devenus mauvais du jour au lendemain. Aujourd'hui, on est les boucs émissaires. »

« On doit travailler à la modernisation de ces sites »

Née du rachat de la société séculaire Le Joint Français (LJF), filiale de Hutchinson par l'américain PPG, Sealants Europe va désormais entrer en négociations avec les organisations syndicales « pour trouver des solutions internes et externes aux salariés ». En parallèle, l'entreprise a « entamé des recherches » pour trouver un repreneur, en lien avec Hutchinson, le propriétaire du site.

De son côté, la mairie de Bezons s'active auprès de la communauté d'agglomération Saint-Germain-Boucles-de-Seine (CASGBS), de la région Ile-de-France et des services de l'Etat, pour « que l'activité économique se poursuive » sur le site de 9 ha.

« C'est très important, ajoute Nessrine Menahouara, qui dit avoir quelques pistes intéressantes. Toute la zone d'activités de Bezons est vieillissante. On doit travailler à la modernisation de ces sites. J'ai envie de dire aux entreprises de s'installer ici. Bezons est à 15 minutes de La Défense et dispose de tous les moyens de transport. »