Argenteuil : lâché par son groupe, l’opposant Omar Slaouti isolé au conseil municipal

Le tête de liste DVG et troisième homme des municipales est désormais seul représentant d’«Argenteuil tous ensemble». Les trois autres membres ont créé un groupe d’opposition distinct.

 Argenteuil, le 17 juillet. Les élus d’Argenteuil tous ensemble siégeront dans deux groupes différents au prochain conseil municipal.
Argenteuil, le 17 juillet. Les élus d’Argenteuil tous ensemble siégeront dans deux groupes différents au prochain conseil municipal. LP/Thibault Chaffotte

Les bancs de l'opposition compteront un groupe d'opposition de plus au prochain conseil municipal d'Argenteuil. Trois membres de la liste Argenteuil tous ensemble, ont décidé de créer un groupe distinct (baptisé Argenteuil solidaire et écologique) en laissant Omar Slaouti (DVG), leur tête de liste, seul.

Dans un courrier adressé aux personnes qui avaient soutenu cette liste, les trois élus - Francis Gabouleaud (PCF), François Pacha-Stiegler (LFI) et Monique Vatri (LFI) - mettent en cause le comportement d'Omar Slaouti à leur égard pendant la campagne et après.

Un comportement « inacceptable »

« Omar a entretenu et entretient systématiquement une relation conflictuelle avec celles et ceux qui ont largement contribué à son élection. Et plus particulièrement avec les élus que nous sommes. Nous avons longtemps toléré ce comportement parce que nous sommes responsables et que notre objectif était d'aller au bout de la campagne électorale. Aujourd'hui la recherche permanente du conflit est inacceptable : nous ne l'acceptons plus », écrivent les élus.

Parmi les points de discorde, ils reprochent à leur tête de liste d'avoir menacé de ne pas se représenter au second tour. « Il était obnubilé par le fait qu'il n'y avait pas une participation assez importante et qu'on n'était pas crédible », se souvient Francis Gabouleaud.

Mais c'est surtout la façon dont se sont déroulés les différends qui auraient mené à cette scission. « Il ne sait pas travailler collectif. Ce qui importe, c'est son avis », estime Francis Gabouleaud. « On devait se taire. Je n'aurais pas tenu six ans », confie Monique Vatri. Le climat se serait davantage dégradé à l'occasion d'un pot de fin de campagne, au cours duquel Omar Slaouti s'en serait pris à Gérard Bochec, de Génération-s, l'une des cinq formations portique à avoir soutenu la liste (avec LFI, PCF, GRS et NPA). « C'était un discours extrêmement agressif », se souvient François Pacha-Stiegler.

L'intéressé évoque un conflit entre associatifs et encartés

Omar Slaouti fustige la décision des trois élus : « C'est une décision de trois individus sans aval du Parti communiste ou de la France insoumise. Ils ont décidé seuls de ne plus travailler avec le cadre collectif qui nous avait portés là. Une majorité de colistiers s'opposent à cette démarche de rupture », assure-t-il.

Selon lui, ce n'est pas sa personnalité qui est en cause, mais l'opposition au sein de la liste entre les membres issus du secteur associatifs et ceux venant des partis politiques. « On a tous nos caractères, répond-il. Le fond du problème n'est pas celui-là, le problème c'est qu'ils ne voulaient pas travailler avec des associatifs qui ne sont pas encartés », estime-t-il.

Il conteste avoir menacé de ne pas se représenter au second tour et estime les conditions sanitaires n'étaient satisfaisantes. « En tant que tête de liste, il me semblait hasardeux de convoquer un deuxième tour. J'ai dit que si le deuxième tour se tenait j'aurais l'impression d'être élu avec du sang sur les mains », souligne-t-il. Quant au différend avec Gérard Bochec, serait d'une autre nature : « Au lendemain du second tour, il a dit qu'il quittait l'attelage électoral, dans la mesure où il n'était pas élu et car il ne souhaitait pas travailler avec quelques associatifs. Nous n'avions pas compris ce retournement qui a été vécu comme une trahison. »