Argenteuil : la future cité éducative, un soutien pour des actions déjà en place

La ville fait partie des nouvelles communes à intégrer le dispositif. Des mesures déjà mises en place comme le sas de gestion des émotions ou encore un projet sur les langues vivantes devraient ainsi être développés.

 Argenteuil, ce jeudi 11 février 2021. La secrétaire d’Etat chargée de l’Education populaire Nathalie Élimas et la ministre déléguée à la ville Nadia Hai sont venues à la rencontre des élèves et enseignants du collège Jean-Jacques Rousseau.
Argenteuil, ce jeudi 11 février 2021. La secrétaire d’Etat chargée de l’Education populaire Nathalie Élimas et la ministre déléguée à la ville Nadia Hai sont venues à la rencontre des élèves et enseignants du collège Jean-Jacques Rousseau. LP/Christophe Lefevre

Les élèves de 4e4 ne s'attendaient pas à recevoir une telle délégation pendant leurs cours d'anglais. La secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire Nathalie Élimas et sa collègue Nadia Hai, ministre déléguée chargée de la ville, étaient ce jeudi matin au collège Jean-Jacques-Rousseau d'Argenteuil. La plus grosse ville du Val-d'Oise fait en effet partie des 46 nouvelles communes à intégrer le dispositif des cités éducatives, aux côtés notamment de Goussainville.

Elle rejoint Sarcelles, Garges-lès-Gonesse ou Villiers-le-Bel, qui bénéficient de ce label depuis un an. « C'est tout un écosystème qui se met en place autour de vous, pour sécuriser votre parcours de la petite enfance à l'insertion professionnelle, en mobilisant tous les acteurs de la ville », a expliqué Nathalie Élimas aux collégiens. L'ancienne députée de la 6 e circonscription était d'ailleurs en terrain connu, puisque cette ancienne professeur des écoles a enseigné à Argenteuil.

Des projets pourront être renforcés

La cité éducative va notamment permettre de soutenir les projets déjà en place. Et l'équipe pédagogique de Jean-Jacques Rousseau n'en manque pas. À l'image de son principal, Kamel Dridi, qui a pu en présenter quelques-uns aux deux membres du gouvernement lors d'une table ronde réunissant enseignants, représentants de l'Education nationale et des collectivités locales. Un réseau complémentaire, à l'image du « projet global » que souhaitent porter les cités éducatives.

Ses dernières années, deux enseignantes en sciences et vie de la terre ont notamment mis en place un travail collaboratif et de mutualisation des ressources avec des collègues du premier degré, autour des sciences cognitives, auprès des élèves de sixième. « Elles sont parties du constat que l'on n'apprend pas à apprendre, explique David Ferreira, coordinateur du réseau prioritaire (REP). Elles ont souhaité expliquer le fonctionnement du cerveau aux élèves. » Un projet qui donne des outils pouvant être utilisés en dehors, et qui devrait être élargi aux élèves de 5e.

Une aide aux devoirs au sein de l'établissement

Le collège met également en œuvre un projet sur les langues vivantes, ou encore le dispositif « devoirs faits », qui offre un temps de travail en effectif réduit, pour que les élèves puissent faire leurs devoirs au sein de l'établissement. « Il y a un échange permanent entre les intervenants et les professeurs principaux, qui sont eux-mêmes en lien avec les parents, explique Bachir Bouktit, professeur de sciences physiques. On peut travailler une discipline, une notion, une méthode de travail… » 160 des 600 élèves du collège en bénéficient.

Un sas de gestion des émotions

Mais les projets ne s'arrêtent pas aux salles de cours, et concernent l'ensemble de la vie scolaire, comme le prouve l'innovant sas de gestion des émotions. « Le climat scolaire dans l'établissement est plutôt serein, mais parfois perturbé par des réactions d'élèves très ponctuelles mais très excessives, explique la principale adjointe, Anne Jouve-Jourdan. Nous avons constaté que les espaces dédiées à la parole sont très rares. Et parfois les élèves n'arrivent pas à exprimer ce qu'ils ressentent, d'où une frustration. Ils vont donc apprendre à oraliser dans le calme ce qu'ils ressentent, avec des cartes, des dessins… » Depuis la mise en place de ce dispositif, le nombre de conseils de discipline est passé de 23 lors de l'année 2018-2019 à 2 en 2019-2020.