Argenteuil : Covid ou pas, le tournoi de foot interquartiers a bien eu lieu

La ligue d’Argent a été maintenue malgré les nouvelles restrictions sanitaires. Un protocole préventif a bien été mis en place mais sur le terrain, rares sont ceux qui portaient le masque.

 Argenteuil, ce dimanche. La 10e édition de la Ligue d’Argent a réuni environ 200 personnes au stade.
Argenteuil, ce dimanche. La 10e édition de la Ligue d’Argent a réuni environ 200 personnes au stade. LP/Julie Ménard

Ils sont ravis d'être là. Ce dimanche, le stade Coudray d' Argenteuil grouille de footballeurs amateurs qui s'affrontent pour la Ligue d'Argent. Au total, 14 équipes issues de tous les quartiers de la ville se sont donné rendez-vous, soit pas moins de 140 joueurs âgés de 14 à 25 ans. « On a hésité à tout annuler après les annonces du gouvernement mais finalement on a eu la possibilité de maintenir, indique Bernard Messi, président de l'association Impulstar à l'initiative de l'événement. On a mis en place un protocole, on veut aussi montrer que les jeunes sont responsables. »

Parmi les nouvelles directives anti Covid-19, effectives depuis ce samedi, il est précisé qu'il ne faut « pas de rassemblement à plus de 6 personnes dans l'espace public ». Pourtant, la municipalité l'assure, elle a bien obtenu l'aval de la préfecture du Val-d'Oise pour maintenir la Ligue d'Argent. « La consigne est de fermer les gymnases aux personnes majeures pour éviter les rassemblements en lieux clos, ce que nous avons fait, assure Khaled El Haddad, adjoint au maire d'Argenteuil en charge des Sports. Mais en extérieur c'est possible. »

Des médiateurs pour faire respecter les gestes barrière

Gel hydroalcoolique à l'entrée du stade, sens de circulation à respecter, distribution de masques pour ceux qui n'en ont pas, l'association Impulstar et la mairie ont tout mis en œuvre pour faire respecter les gestes barrière. Des agents de sécurité et de médiation s'en assurent toute la journée. Mais force est de constater que beaucoup évitent la contrainte.

Sur le terrain, les footballeurs n'ont pas de masque quand ils jouent. « Il fait trop chaud sinon c'est impossible de respirer », souffle Ilian. Autour du stade et sur les bancs de touche ils sont assis les uns à côté des autres ou réunis en petits groupes. Certains portent le masque, d'autres non. « Tant qu'on joue au foot et qu'on prend du plaisir, franchement, on s'en fout (sic) du Covid », lance Mohamed-Ali en toute franchise. « On fait quand même attention à ne pas se toucher », nuance un autre joueur. « Il y a un risque qu'on l'attrape et qu'on contamine nos parents quand même », reconnaît Yacine qui garde consciencieusement son masque en place.

« Un bol d'air frais »

Et si les avis sont mitigés sur les mesures antivirus, ils sont unanimes sur l'ambiance. « C'est moins bien que les autres années, les tribunes sont vides », regrettent ces mordus de ballon rond. En effet les supporters ne sont pas nombreux : entre une cinquantaine et une centaine selon les moments de la journée contre plus de 500 habituellement. « On a beaucoup moins communiqué sur l'événement pour éviter que trop de gens viennent, souligne l'organisateur Bernard Messi. Seules 14 équipes participent alors que normalement elles sont 35. »

Quoi qu'il en soit la Ligue d'Argent a rempli son objectif principal : réunir des jeunes de tous les quartiers d'Argenteuil autour du ballon pour lutter contre le racisme, favoriser la mixité et éviter l'exclusion. « Ce tournoi c'est un bol d'air frais pour eux, conclut le président d'Impulstar. Plusieurs footballeurs sont passés par là avant de devenir pros. C'est le but de l'opération et notre slogan : ça fait rêver. »