Après Herblay et Champigny, des policiers se réunissent à Cergy: «Chacun se sent concerné»

Une cinquantaine de policiers se sont rassemblés ce lundi devant l’hôtel de police de Cergy pour dénoncer la violence dont ils sont victimes et réclamer l’aide de la justice.

 Cergy, ce lundi. Une cinquantaine de policiers s’est rassemblée devant l’hôtel de police, encore marqués par l’attaque de leurs collègues de la PJ, à Herblay-sur-Seine.
Cergy, ce lundi. Une cinquantaine de policiers s’est rassemblée devant l’hôtel de police, encore marqués par l’attaque de leurs collègues de la PJ, à Herblay-sur-Seine. LP/Frédéric Naizot

Il y a d'abord eu les deux policiers de l'antenne PJ de Cergy grièvement blessés par balles à Herblay-sur-Seine par leurs agresseurs qui s'étaient emparés de leurs armes. Puis le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) attaqué par une quarantaine de personnes. Ces deux événements ont conduit une cinquantaine de policiers du Val-d'Oise à se rassembler devant l'hôtel de police de Cergy, ce lundi, répondant à l'appel national lancé par le syndicat SGP-FO.

« Les violences contre les policiers sont récurrentes, mais elles sont désormais de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes, confie Ludovic Collignon, responsable du syndicat Alliance, qui met l'accent sur le sentiment d'impunité qui se développe. On ne supporte plus cette violence. La situation s'est vraiment dégradée ces derniers mois. Il y a une appréhension terrible à partir en patrouille aujourd'hui. »

Une profession qui se sent « meurtrie »

Un policier du Val-d'Oise prolonge : « Nous savons que lors de n'importe quelle mission de police, même la plus simple qui peut exister, on peut mourir. C'est toute une profession qui est aujourd'hui meurtrie. Chacun d'entre nous se sent concerné. »

Tous réclament davantage de soutien de la part de la justice, notamment par des condamnations sévères des auteurs de violences contre les policiers, ce qui est, selon eux, loin d'être le cas. « Si on ne sanctionne pas, cela ne s'arrêtera jamais. C'est une réforme structurelle de la justice qu'il faut, pas celle de la police. La justice doit protéger les policiers », estime Ludovic Collignon. « Il faudrait un véritable plan Marshall de la sécurité. On touche le fond », estime Franck Lebas, responsable SGP-Police-Fo, qui attend beaucoup de la rencontre des syndicats avec Emmanuel Macron, jeudi.

« Ils n'ont plus peur de la police »

« Ce qui s'est passé à Champigny est symptomatique de ce sentiment d'impunité, poursuit un fonctionnaire. Ils n'ont plus peur de la police. Ils ont aussi très peu de respect pour la République et ses valeurs. C'est à la nation que l'on s'en prend. Que ce soit à Champigny ou à Herblay, sur nos collègues. » Un autre policier relève « l'affaiblissement de notre institution que personne n'ose évoquer ». Pour lui, « s'ils ont attaqué le commissariat, c'est qu'ils savaient qu'ils ne risquaient rien ».

Plusieurs policiers de l'antenne PJ de Cergy se sont joints au rassemblement, alors que leur collègue le plus grièvement touché est toujours hospitalisé à l'hôpital Bichat, à Paris. « Tout le monde a été profondément choqué à Cergy. Nous nous connaissons. Mais c'est aussi ressenti comme cela dans toute la France je crois, ajoute Ludovic Collignon. C'était un lynchage en règle. »