Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle : le gouvernement abandonne le projet «obsolète» d’un quatrième terminal

La ministre de la transition écologique Barbara Pompili a fait cette annonce ce jeudi matin, estimant notamment que le projet n’est plus en phase avec les enjeux environnementaux, ni avec un trafic aérien ébranlé par le Covid-19.

Barbara Pompili estime notamment qu’il n’est plus en adéquation avec les enjeux environnementaux, ni avec un trafic aérien ébranlé par la crise du Covid-19.
Barbara Pompili estime notamment qu’il n’est plus en adéquation avec les enjeux environnementaux, ni avec un trafic aérien ébranlé par la crise du Covid-19. Olivier Boitet

La fin d’un projet colossal. Barbara Pompili explique ce jeudi matin au Monde que le projet d’extension de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, via la construction d’un quatrième terminal est abandonné.

« Le gouvernement a demandé (à Groupe) ADP d’abandonner son projet et de lui en présenter un nouveau, plus cohérent avec ses objectifs de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement », détaille la ministre de la transition écologique. Le conseil d’administration de Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens de Roissy et d’Orly, devrait entériner cette décision la semaine prochaine, précise par ailleurs Le Monde.

Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle : le gouvernement abandonne le projet «obsolète» d’un quatrième terminal

Alors que ce projet passait par la construction à l’horizon 2037 d’un quatrième terminal pour augmenter la capacité de l’équipement de 40 millions de passagers par an, Mme Pompili a estimé que « c’est un projet obsolète, qui ne correspondait plus à la politique environnementale du gouvernement et aux exigences d’un secteur en pleine mutation, tourné vers l’avion vert de demain ». Ce chantier colossal au coût estimé entre 7 et 9 milliards d’euros, repoussoir de nombre d’associations de défense de l’environnement et d’élus locaux, ne sera donc pas lancé.

« Une utilisation plus raisonnée de l’aérien »

Selon Le Monde, « le gouvernement demande désormais à Groupe ADP de proposer un tout autre projet, qui ne sera pas centré sur l’accroissement des capacités de Roissy ». « Nous aurons toujours besoin des avions, mais il s’agit d’être dans une utilisation plus raisonnée de l’aérien, et d’atteindre une baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur », selon Mme Pompili.

Cette annonce intervient au lendemain de la présentation par le gouvernement de son projet de loi « climat et résilience » issu des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, un texte vivement critiqué pour son « manque de muscle » par une partie de la gauche et des ONG.

Le projet du nouveau terminal « T4 » avait déjà subi un revers en juillet 2020 lorsque l’Autorité environnementale avait constaté que « l’équation à résoudre » entre l’augmentation des vols, de la circulation routière et le respect des objectifs internationaux de la France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’était « pas décrite ni posée de manière complète ».

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La crise sanitaire mondiale, qui a réduit le trafic aérien à la portion congrue, a en outre jeté le doute sur la validité des projections sur l’accroissement continu des flux de voyageurs et donc la nécessité d’adapter les infrastructures. « Les extensions de capacité à Roissy aujourd’hui paraissent être un pari audacieux », avait alors jugé le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.