Abandon du T4 à Roissy : les projets de train et de métro vers l’aéroport sur la sellette

L’abandon d’un nouveau terminal à Roissy jette aussi le doute sur les projets d’accès à la plateforme aéroportuaire que sont le train direct CDG Express et la future ligne 17 du métro.

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 Le CDG express doit permettre de relier la gare de l’Est (Paris Xe) à l’aéroport de Roissy en 20 minutes.
Le CDG express doit permettre de relier la gare de l’Est (Paris Xe) à l’aéroport de Roissy en 20 minutes. Silvio d’Ascia Architecture

Comment les voyageurs iront-ils à Roissy dans les prochaines années ? Déjà critiqués par certains élus, habitants et militants, les grands projets de train et de métro vers la plateforme aéroportuaire, censés désengorger l'autoroute A1 et un RER B de plus en plus vétuste, sont un peu plus sur la sellette avec les perspectives de diminution du trafic aérien.

L 'abandon officiel du projet de terminal 4 ajoute en effet de l'eau au moulin des opposants au train direct CDG Express et à la future ligne 17 du métro Grand Paris Express. Même si ces projets sont toujours officiellement soutenus par le gouvernement et la région, ils ont un peu de plomb dans l'aile.

Le CDG Express toujours ralenti par la justice

La justice a en effet décidé, fin janvier, de stopper le chantier du train direct entre Paris Gare de l'Est et Roissy, prévu pour 2025. Après une première victoire des opposants le 9 novembre 2020, le CDG Express avait repris ses travaux malgré tout début janvier. C'est un nouveau recours en justice de la maire (PCF) de Mitry-Mory (Seine-et-Marne), Charlotte Blandiot-Faride, qui est à l'origine de cette décision.

Les porteurs du projet (Paris Aéroports, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts) ont décidé de poursuivre malgré tout le chantier, hormis sur le secteur de Mitry-Mory où la décision s'applique selon eux. Jugé essentiel pour l'avenir de l'aéroport d'après Paris Aéroports, le CDG Express doit assurer une liaison directe en 20 minutes à Gare de l'Est, avec un train toutes les 15 minutes, pour 24 € le trajet. Le tout en parallèle du RER B sur 24 km sur les 32 que comptera la ligne. De quoi alimenter l'image d'un train des riches en concurrence avec le transport du quotidien des banlieusards. CDG Express se défend en assurant financer plus de 500 millions d'euros de travaux du RER B. Mais tous ces chantiers sont ralentis pour l'instant.

La ligne 17 fragilisée par l'abandon d'EuropaCity et du T4

Cette future ligne de métro du Grand Paris Express doit relier le grand pôle de Saint-Denis-Pleyel au Mesnil-Amelot, en passant par Le Bourget, le Triangle de Gonesse, Villepinte et Roissy, à l'horizon 2030. Problème : deux gares sur le tracé ont du plomb dans l'aile. Depuis l'abandon du projet de centre commercial et de loisirs EuropaCity, la gare du Triangle de Gonesse va commencer à se construire au milieu des champs, dans l'attente d'un hypothétique projet d'urbanisation alternatif. Des opposants écologistes y ont même installé une ZAD (zone à défendre) le week-end dernier.

Abandon du T4 à Roissy : les projets de train et de métro vers l’aéroport sur la sellette

Et une autre gare, celle qui devait se situer en plein cœur du Terminal 4, ne devrait donc pas voir le jour non plus. De là à dire que c'est toute la ligne qui ne se fera pas, il y a un pas que franchit la principale association d'usagers des transports, la FNAUT Ile-de-France. « L'intégralité de la ligne 17 doit être réinterrogée », estime l'association.

Ministère et région souhaitent le maintien des projets

Pour le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari toutefois, la ligne 17 et le CDG Express sont «disjoints » de la question du T4. « Il faut continuer à améliorer les accès routiers et ferroviaires à l'aéroport, et même améliorer les interconnexions », indique-t-il, avec ou sans terminal 4.

Même son de cloche chez Valérie Pécresse qui défend toujours la ligne 17 (« la seule à ce stade qui dessert le Val-d'Oise et doit se faire »), ainsi que le CDG Express : « l'abandon du T4 ne remet pas en cause l'intérêt d'une liaison directe Paris-Roissy qui a aussi l'intérêt de décharger le RER B », estime la présidente de la région et d'Ile-de-France Mobilités. L'autorité organisatrice des transports a toutefois voté ce jeudi un vœu pour que la SNCF «désimbrique » les travaux du CDG Express et du RER B, afin que les soucis juridiques de l'un ne nuise pas à l'autre.