À Sannois, les enfants des télétravailleurs ne peuvent plus aller à la cantine

Alors que les effectifs municipaux deviennent clairsemés à cause de l’épidémie, la ville se voit contrainte de limiter largement l’accès à la cantine à partir de lundi. Une décision pas toujours bien vécue par les parents.

 Les parents de l’école Jules-Ferry ont appris ce jeudi, comme ceux de toutes les autres écoles de la ville, que l’accès à la cantine serait restreint à partir de lundi.
Les parents de l’école Jules-Ferry ont appris ce jeudi, comme ceux de toutes les autres écoles de la ville, que l’accès à la cantine serait restreint à partir de lundi. LP/Marie Persidat

Les écoles restent certes ouvertes, mais à Sannois, la plupart des élèves vont devoir en revanche se passer de cantine. La ville vient d'annoncer qu'elle allait restreindre l'accès à ce service, faute d'agents en nombre suffisant, alors que l'épidémie de Covid-19 continue de s'étendre.

« Les effectifs se sont réduits à peau de chagrin », explique le maire (DVD) Bernard Jamet, « entre les personnes positives et les cas contact, nous n'avons plus assez de monde. » Depuis mardi, le groupe scolaire Gaston-Ramon a même dû fermer complètement l'ensemble de ses services périscolaires, la cantine mais aussi la garderie du matin et du soir.

Les parents devront fournir des justificatifs

Ailleurs, les décisions ne seront pas aussi drastiques. Mais à partir de lundi les parents de toute la ville devront se plier aux mêmes règles : « l'accès à la restauration sera limité aux familles dont les parents sont dans l'obligation de se rendre sur leur lieu de travail », écrit la municipalité dans une lettre distribuée ce jeudi. « Les foyers pour lesquels un des deux parents ne travaille pas ou est en télétravail, devront récupérer leur enfant sur le temps de midi afin de permettre un accueil respectant au mieux le protocole sanitaire pour les autres enfants. » La mairie indique même que les parents devront « fournir des justificatifs de travail précisant l'absence possible de télétravail. »

Si la plupart des papas et mamans comprennent la mesure sur le fond, cette nouvelle restriction fait grincer des dents. « Mettre dans le même sac les parents qui ne travaillent pas et ceux qui font du télétravail, c'est vraiment maladroit ! », commente Aurélie une maman de l'école Jules-Ferry. « Être en télétravail ne signifie pas rester chez soi à ne rien faire », relève Cécile, représentante FCPE. « Bien sûr, nous mesurons les problèmes rencontrés par la mairie. Mais je pense que clairement, les parents qui étaient en télétravail et avaient la possibilité de récupérer leur enfant à midi le font déjà. Depuis le confinement nous essayons de ne pas surcharger le périscolaire. Il y a déjà une baisse de fréquentation depuis le 2 novembre. »

Des effectifs réduits parmi le personnel de cantine

La ville compte malgré tout sur cette nouvelle décision pour faire baisser le nombre d'enfants dégustant à midi des plats confectionnés par la cuisine centrale de la commune. En temps normal, ce sont 2000 repas par jour qui sont élaborés sur place, pour nourrir les enfants des dix-sept écoles du territoire. « Le manque d'effectif touche toutes les écoles », explique le maire Bernard Jamet.

En septembre, la municipalité avait déjà écrit aux parents pour leur expliquer les différentes options envisagées pour maintenir le service public malgré les absences. Il s'agissait notamment de simplifier le travail de la cuisine centrale, en mettant au menu par exemple des salades de fruits en boîtes plutôt que d'en proposer des maison. Mais il semble que les solutions les moins contraignantes ne suffisent plus. « J'ai conscience que nous demandons un effort supplémentaire aux gens, pointe le maire. Mais c'est aussi un acte civique ! Et puis s'ils sont en télétravail, ils n'ont pas de trajet à faire le matin et le soir. Cela doit leur faire gagner un peu de temps qu'ils consacreront à leur enfant le midi. »

Contraints d'adapter leur emploi du temps

Problème, certains parents n'ont pas un emploi du temps aisément adaptable. « Je suis censée travailler jusqu'à 13 heures, ma pause ne commence pas avant, normalement je ne peux pas aller récupérer mes enfants », souligne Cécile. « Moi, je suis enseignante dans le supérieur, et j'assure mes cours à distance jusqu'à 12h30, confie Aurélie. Nous comprenons la situation mais le délai est très court pour se retourner. » Polga, une autre maman qui télétravaille, ne sait pas comment elle va réussir à s'organiser. « Il va falloir arrêter de travailler pour préparer à manger, aller récupérer les enfants, les faire déjeuner… En tout cela va prendre plus de deux heures. Je ne sais pas comment je vais faire. »

D'autres sont plus fatalistes, par la force des choses… « Ma boîte a fermé à cause du Covid-19 alors cela ne me pose pas trop de problèmes s'ils arrêtent la cantine », confie un papa devant l'école Jules-Ferry. « Bon, j'ai quand même pas mal de rendez-vous administratifs. Mais avec le confinement de toute façon tout est compliqué. » La municipalité se veut rassurante et assure que « s'il y a des cas particuliers même chez ceux qui télétravaillent, il en sera tenu compte. »

Ailleurs dans le département, la situation est également tendue en termes d'effectifs. Au début du reconfinement, la ville de Méry-sur-Oise incitait par exemple ouvertement les parents qui le pouvaient « à reprendre leurs enfants pour le déjeuner. »