A Parmain, l’arrêté pour le petit commerce retoqué

Le texte promulgué en début de semaine par le maire a été suspendu à la demande de la préfecture. Les commerçants ont dû s’adapter. A Luzarches, la mairie a pris le même type d’arrêté mais les boutiques sont restées fermées.

 La fleuriste du centre commercial des Arcades, « l’Isle aux fleurs », propose désormais un service de click and collect.
La fleuriste du centre commercial des Arcades, « l’Isle aux fleurs », propose désormais un service de click and collect. LP/Marie Persidat

Le répit aura été de courte durée et pour les petits commerçants de Parmain. L'arrêté municipal qui avait permis à certains de rouvrir, en plein confinement, a été retoqué par la préfecture deux jours et demi après sa publication. Mercredi midi, Bertrand le coiffeur du centre-ville a ainsi dû baisser le rideau une fois de plus. « C'était ça où je risquais la fermeture administrative avec 1500€ d'amende! », explique l'artisan qui avait vu son carnet de rendez-vous se remplir sitôt ouvert. « Au moins, j'ai fait le maximum pour rendre service à mes clients. »

Les commerçants s'adaptent avec la mise en place de drive

Lundi matin, le maire (SE) Loïc Taillanter avait pris un arrêté autorisant les commerces non alimentaires de la commune à accueillir des clients dès le 3 novembre. La réponse des services préfectoraux n'a pas traîné. Dès mardi un référé était déposé auprès du tribunal administratif de Cergy pour réclamer la suspension du texte. La procédure a abouti 24 heures plus tard.

Aurélie de L'Isle aux fleurs, magasin du centre commercial des Arcades, s'est cependant organisée pour pouvoir continuer à faire des bouquets, via un dispositif de « drive ». « Les gens commandent et je leur remets ce qu'ils veulent devant la boutique ou alors je livre, détaille la fleuriste. C'est toujours mieux que rien. »

«Nous n'avons plus de clients depuis le début du confinement»

Une activité, même légère, est toujours bonne à prendre pour l'ensemble des professionnels des Arcades. Car même les commerçants qui ont le droit de rester ouverts souffrent de l'interdiction touchant leurs collègues. « Nous n'avons plus de clients depuis le début du confinement, les gens ne sortent plus », regrette-t-on ainsi au pressing du petit centre commercial.

Bertrand le coiffeur, lui ne manque pas de demandes de sa clientèle, mais ne peut les satisfaire. Il s'attend à ce que la situation reste telle quelle jusqu'à la mi-décembre au moins. « Le problème c'est que les aides nous permettent de payer les charges fixes, mais cela ne nous fait pas vivre. »

Un arrêté symbolique à Luzarches

Une autre commune du Val-d'Oise a - en théorie - également bravé les mesures du confinement. À Luzarches, le maire (DVD) Michel Mansoux a, lui aussi, pris un arrêté municipal ce lundi pour permettre l'ouverture des commerces dits « non-essentiels » de la commune. Les habitants n'ont, en revanche, pas pu profiter de derniers moments chez leurs commerçants. L'élu leur a demandé de ne pas suivre l'arrêté « au pied de la lettre », dit-il. Ils sont ainsi restés fermer.

« Nous l'avons, avant toute chose, pris symboliquement pour marquer le soutien de la municipalité, et surtout lancer un cri d'alerte aux autorités, indique Michel Mansoux. Nous avons besoin que nos commerces de proximité perdurent. La décision de laisser les hypermarchés ouverts est déloyale ! »

Le maire s'étonne de ne pas encore avoir été rappelé à l'ordre par la préfecture. « Je sais que mon homologue de Parmain a été convoqué au tribunal administratif ce matin (NDLR : ce jeudi). Pour l'instant, nous sommes épargnés, se félicite-t-il. Nous verrons dans les prochains jours… »