A L’Isle-Adam, le vélo surtout pour les loisirs et les petits déplacements

De plus en plus d’habitants favorisent l’utilisation du vélo pour leurs courts déplacements. L’argument écologique pèse dans leur choix. Mais la sécurité sur les routes fait toujours la différence.

 L’Isle-Adam, le 3 octobre 2020. Un circuit de cyclotourisme de 28 km parcourant quatre villes de la communauté de communes de la Vallée de l’Oise et des 3 forêts a été inauguré. Deux autres vont suivre.
L’Isle-Adam, le 3 octobre 2020. Un circuit de cyclotourisme de 28 km parcourant quatre villes de la communauté de communes de la Vallée de l’Oise et des 3 forêts a été inauguré. Deux autres vont suivre. LP/Alexandre Boucher

Stand de vélos insolites, atelier sécurité et autres animations étaient au programme de la première fête du vélo sur la place du marché de L'Isle-Adam samedi. Les cyclistes de la communauté de communes de la Vallée de l'Oise et des 3 forêts ont pu parcourir les vingt-huit kilomètres de la boucle des bords de l'Oise, un circuit de cyclotourisme, tout juste inauguré, reliant les villes de Méry-sur-Oise, Mériel, Parmain et L'Isle-Adam.

Un circuit cyclotouriste de 28 km inauguré

« Il y aura bientôt deux autres sur l'agglomération, confie Rémi Du Peloux, adjoint à la jeunesse et aux sports à Méry-sur-Oise. Un parcourra les villes de Villiers-Adam, Chauvry et Béthemont. Et l'autre passera par Presles, Nerville et L'Isle-Adam. L'idée est de couvrir les neuf communes et de toucher une population familiale. »

Dans ce territoire périurbain verdoyant, bordé par les forêts de L'Isle-Adam, Carnelle et Montmorency et situé à une cinquantaine kilomètres de la capitale, la voiture reste le moyen de transport le plus utilisé. Pour se rendre à son travail, faire ses courses ou simplement se déplacer de commune en commune.

«J'utilise le vélo pour rejoindre le centre-ville»

Croiser un cycliste plus ou moins chevronné est pourtant monnaie courante ici. « J'ai un vélo mécanique, un autre à assistance électrique et je viens d'acquérir une trottinette électrique, énumère Pierre, 65 ans, alors qu'il gare son deux-roues. J'en fais constamment. C'est le moyen que j'utilise pour rejoindre le centre-ville depuis mon domicile ou pour me balader dans le coin. C'est bon pour la santé et je ne vais quand même pas sortir la bagnole pour aller chercher une baguette. »

Bien pour se rendre au marché mais pas au travail

Jennifer, venue avec ses deux enfants pour profiter des animations, avoue « avoir changé [ses] habitudes depuis le confinement ». « Avant je venais faire le marché en voiture par exemple, explique cette trentenaire. J'ai ressorti mon VTC que je n'avais pas utilisé depuis au moins 10 ans. C'est quasiment aussi rapide et surtout je ne perds plus de temps à me garer. »

Cadre commerciale sur Paris, elle ne s'imagine pourtant pas utiliser ce moyen de transport pour aller travailler. « C'est inenvisageable car je prends le train. Je pourrai aller à la gare à vélo mais les routes me font un peu peur aux heures de pointe. Et puis, après une journée de travail et deux heures de transports en commun, je n'ai pas spécialement envie de pédaler. Encore moins sous la pluie et la nuit. »

«Autant de temps que quand je prends la voiture et que j'ai des bouchons»

« Pour se rendre à son travail à vélo en habitant ici, il faut travailler dans le coin ou au plus loin à Cergy », juge de son côté Hadrien. C'est justement le choix que fait Romain, 45 ans « dès que la météo le permet ». « Depuis deux trois ans, je prends mon VTT, raconte cet employé municipal à Villiers-le-Bel. Je mets une heure pour faire les 22 km en passant par la forêt de L'Isle-Adam, Baillet-en-France, Ézanville et Écouen, soit autant que je si j'ai les bouchons quand je prends la voiture. J'allie l'utile au sport santé. Ça permet de faire quelques économies et de préserver l'environnement. »

L'argument écologique fait de plus en plus écho aux oreilles de certains habitants. « On doit viser l'empreinte carbone zéro, lance ainsi Jonas. On peut tous changer certaines de nos habitudes du quotidien. À commencer par ne plus prendre sa voiture pour faire des petites courses ou des courts déplacements. »

Besoin d'aménagements plus sûrs

Mais les distances sont parfois rédhibitoires pour certains. Jim, employé dans une grande enseigne d'articles de sport, a « un temps envisagé de prendre son vélo » depuis son domicile de Levallois (Hauts-de-Seine). « Je l'ai fait une fois mais j'ai mis une heure et demie en prenant le transilien, souffle le trentenaire. Je préfère donc garder le vélo pour le loisir. Et puis, avec les coronapistes, on a senti la différence à Levallois. Les couloirs cyclables ont été agrandis et du coup on se sent beaucoup plus en sécurité. »

Ce dernier point revient d'ailleurs souvent dans les propos des habitants. « Prendre son vélo pour aller acheter du pain ou se balader en bords d'Oise ou en forêt, c'est très agréable dans le coin, résume ainsi Mathilde. Mais les infrastructures routières pour les cyclistes ne sont pas toujours adaptées en général comme aux Pays-Bas par exemple. On est plus serein sur une vraie piste cyclable que sur une route avec un simple marquage au sol où les voitures et camions peuvent vous frôler. »