Volley : «On se demande ce qu’on fait là», s’emporte Pascal Foussard, confiné en Italie

Actuellement en Italie pour disputer les derniers matchs de poule de la Ligue des champions, Pascal Foussard et les joueurs tourangeaux sont en semi-confinement dans leur hôtel.

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 «On a dû jouer deux matchs avec du public à Tours, et encore avec des jauges adaptées. On a peur pour l’avenir», déplore Pascal Foussard.
«On a dû jouer deux matchs avec du public à Tours, et encore avec des jauges adaptées. On a peur pour l’avenir», déplore Pascal Foussard. LP/Icon Sport/Vincent Michel

Pascal Foussard est un homme en colère. Et surtout « à bout » comme il le dit lui-même. Le manager général du club de Tours est lassé de ces situations ubuesques, incohérentes, provoquées par la crise sanitaire. Arrivés à Pérouse, en Italie, dimanche pour disputer la dernière phase de poules de la Ligue des champions, ils jouent un ultime match sans enjeu ce jeudi soir face au club local. Surtout, les joueurs de Tours sont limités dans leurs déplacements, n'ont pas le droit de quitter leur hôtel sauf pour aller à la salle pour s'entraîner ou jouer.

« On a appris dimanche soir, peu de temps après notre arrivée, que la région Perugia passait en zone rouge, raconte Foussard. C'est un vrai cauchemar. Nos joueurs brésiliens ont failli ne pas pouvoir venir car les autorités italiennes pensaient qu'ils arrivaient directement du Brésil et refusaient de les accueillir. A Tours, pour éviter au maximum les contacts dans les aéroports ou les gares, on fait tous les déplacements en bus, et là on a été obligés de prendre un vol avec un avion qui était rempli. On était tous les uns sur les autres. On se demande ce qu'on fait là. La CEV ( confédération européenne ) fait tout pour qu'on joue puisque le règlement permet de se présenter avec seulement 6 joueurs. Mais je me demande bien à quoi tout cela sert. On a l'impression qu'on doit jouer des compétitions coûte que coûte. »

Le dirigeant s'interroge aussi sur l'intérêt du maintien des coupes d'Europe en cette saison si singulière. « Le vainqueur de la Coupe d'Europe cette année va ressembler à quoi ? Lors de la première session il y a plus de 56 % des matchs de la CEV qui n'ont pas pu se jouer, il y aura peut-être des quarts de finale annulés aussi… Ce n'est pas comme ça que je vois le sport. »

Situés dans le même hôtel qu'eux - mais « à un autre étage pour éviter tout contact » -, les Italiens du Lube Civitanova sont aussi confrontés à cette situation de semi-confinement. Les joueurs de Pérouse eux peuvent retourner chez eux entre deux entraînements. Le club d'Izmir, déjà hors course, a préféré rester en Turquie.

« Les Turcs n'ont pas voulu dépenser d'argent, ils ont peut-être eu raison, poursuit Foussard. Les billets d'avion coûtent cher en ce moment et une semaine à l'hôtel ce n'est pas donné. La facture monte à 30 000 euros et on n'a pas de recette pour amortir. Quand on a reçu une phase de poules à Tours il y avait quasiment les deux meilleures équipes du monde mais on n'a pas pu faire de recette en raison du huis clos. La CEV verse un petit dédommagement mais cela ne va pas amortir la campagne européenne. »

Le club risque une septaine si un joueur est déclaré positif

Le club doit également prendre en charge le coût des tests PCR (60 euros en moyenne en Italie). « On a droit gratuitement aux tests antigéniques tous les jours mais on a demandé des tests PCR sinon on ne peut pas reprendre l'avion pour rentrer en France, explique le dirigeant. Il faut espérer que personne ne sera positif sinon cela signifie qu'on sera bloqué en quarantaine ici pendant au moins 7 jours. On a tous eu le Covid mais on ne sait pas si on a l'immunité. Tout cela à un coût. C'est une situation très anxiogène. Je comprends que les sportifs ne soient pas prioritaires pour le vaccin mais on nous oblige à jouer, à nous déplacer. En France, les pièces de théâtre n'ont pas repris avec le huis clos. Nous, on nous oblige à continuer sinon on nous retire des aides. Ça fait un an qu'on est dans cette situation. On a dû jouer deux matchs avec du public à Tours, et encore avec des jauges adaptées. On a peur pour l'avenir. »

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Dubitatif sur la tenue des compétitions européenne et inquiet sur l'avenir de son sport, Pascal Foussard, également manager général de l'équipe de France, ne cache pas ses appréhensions pour les prochaines échéances internationales. « J'entends dire que la Ligue mondiale (compétition prévue à partir du mois de mai) se jouera dans une bulle pendant 40 jours, mais personnellement je ne pense pas qu'on puisse avoir les mêmes conditions qu'en NBA. On peut accepter des choses pour les JO, car c'est tous les quatre ans mais pour le reste je ne vois pas l'intérêt. »