Vendée Globe : avec les bonifications, l’arrivée de la course promet un suspense jamais vu

Alors que les temps de compensation accordés à certains peuvent encore tout changer, les skippers les mieux placés, mais aussi les bénévoles et les officiels, se préparent à vivre un moment unique avec le sprint final jusqu’aux Sables d’Olonne.

 Yannick Bestaven, à bord de « Maître Coq », est donné favori pour remporter le Vendée Globe, grâce au jeu des bonifications.
Yannick Bestaven, à bord de « Maître Coq », est donné favori pour remporter le Vendée Globe, grâce au jeu des bonifications. AFP/Sébastien Salom-Gomis

Ce mardi, en milieu d'après-midi, la pluie a fait son apparition dans le ciel des Sables d'Olonne. Elle pourrait accompagner les premiers skippers du Vendée Globe, dont l'arrivée est prévue ce mercredi dans la soirée ou en début de nuit. Les calculs continuent d'aller bon train et, selon les estimations de mardi en fin de journée (notamment celles du skipper Yoann Richomme, dont les calculs font un tabac), c'est désormais Yannick Bestaven qui remporterait la course.

Le skipper de « Maître Coq », en tête au passage du cap Horn, arriverait pourtant près de 9 heures après Charlie Dalin, mais ses 10h15 de bonification pour s'être porté au secours de Kevin Escoffier pourraient lui permettre de décrocher la timbale. Boris Herrmann, autre bonifié, pourrait lui se placer sur la deuxième marche du podium. Devant Charlie Dalin. « Ce final est complètement dingue, se réjouit François Gabart, vainqueur du Vendée Globe en 2012. J'imagine les marins au taquet. Ce doit être à la fois génial et terrible. Génial parce que c'est une chance de pouvoir vivre un final comme celui-là et terrible car ce doit être épuisant. »

Les bonifications - qui sont d'usage dans la voile - alimentent toutes les conversations. Personne, lorsque le jury les a calculées mi-décembre, n'avait imaginé qu'elles pourraient bouleverser la donne à l'arrivée. Et créer une certaine gêne. Sage, le milieu n'envisage pas de contester le règlement. « Il y a une règle, ça peut paraître injuste, il faut la respecter, estime François Gabart. On pourra peut-être en discuter plus tard, ce serait sain de se demander si on aurait pu faire autrement. Mais, là, ce n'est pas le sujet. »

300 bénévoles espacés de 4 m formeront une haie d'honneur

Il n'empêche, du côté d'« Apivia », le team de Charlie Dalin, on se prépare à fêter celui qui a passé 85 % de la course aux deux premières places et qui s'emploie durant ces dernières heures à creuser l'écart. Ce mercredi, pendant 6 heures, cinq artistes dessineront au râteau le portrait du Havrais sur la plage. Une fresque de 90 m sur 90 m, exécutée sur le modèle de celle qui avait rendu hommage à Maradona sur la plage de Notre Dame du Mont, en Vendée, sera immortalisée par des drones.

Depuis ce week-end, les équipes s'activent aussi pour enregistrer une bande-son, comme celles qui animent les rencontres de football depuis le huis clos. Les fans du skipper ont envoyé les enregistrements de leurs encouragements, qui seront intégrés aux clameurs qui avaient accompagné la remontée du chenal d'Armel Le Cléac'h, vainqueur de la dernière édition. « On se fait le relais entre les supporters, contraints de rester chez eux et Charlie », résume-t-on chez Apivia.

Le maire des Sables d'Olonne avait adressé une lettre ouverte au président Macron pour déplorer l'absence de public le long du chenal, traditionnellement noir de monde lors du retour des héros du Vendée Globe. Il a obtenu que 300 bénévoles, séparés de 4 m, puissent faire une haie d'honneur. Mais à quelle heure? Entre 19 heures, mercredi, et 1h30, le retour au port sera impossible en raison de la marée. Un nouveau casse-tête pour les organisateurs. Les marins, qui arriveront dans ce délai, choisiront de rentrer en bateau pneumatique ou de patienter à bord pour remonter le chenal au milieu de la nuit. Reste à savoir dans quel ordre.