Tennis : pour Hugo Gaston, le plus dur commence

Révélation de Roland-Garros en 2020, le Toulousain, 20 ans et 161e mondial, doit désormais confirmer les promesses de l’automne dernier.

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 Hugo Gaston se relance à Quimper après avoir échoué au premier tour des qualifications pour l’Open d’Australie.
Hugo Gaston se relance à Quimper après avoir échoué au premier tour des qualifications pour l’Open d’Australie. AFP/Franck Fife

Pendant que le gotha du tennis mondial se confine à Melbourne, Hugo Gaston, lui, a mis le cap sur… Quimper. Après avoir échoué au premier tour des qualifications pour l'Open d'Australie (disputées à Doha), la révélation du dernier Roland-Garros, 20 ans et n°161 mondial, (re) lance sa saison 2021 dans le Challenger breton qui débute ce lundi. Retour à l'ordinaire.

« On a fait beaucoup de choses cet hiver, confie Marc Barbier, le coach du Toulousain. On s'est préparés à Font-Romeu, au CNE, dans le Sud-Est (NDLR : à la All In Academy). On a rencontré plein de joueurs avec lesquels on n'a pas l'habitude de s'entraîner : Medvedev, Goffin, Humbert, Herbert, Simon… L'idée c'est de s'améliorer, de se construire au contact de ces joueurs-là. Les situations d'entraînement sont toujours les mêmes, mais ce qui change c'est la qualité de l'exécution, l'implication et la concentration. Quand on s'entraîne avec eux, on est obligé de se mettre à leur niveau en termes d'intensité. Ça fait beaucoup de bien de se frotter et ça fait prendre conscience de l'exigence du très haut niveau. C'est très formateur. »

«On ne s'excite pas par rapport aux résultats»

Le technicien de la Ligue d'Occitanie a apprécié le travail de son protégé à l'intersaison. « Il a bien progressé en qualité de frappe, sur le plan physique en général, au service, observe-t-il. Tous les événements des dernières semaines l'ont également fait mûrir. Rien de révolutionnaire, mais plein de petites choses qui, mises bout à bout, je l'espère, vont le porter vers ses objectifs. »

Avant de voir haut, le duo veut voir loin. Suivre une courbe ascendante sans brusquer les choses. Ne pas se laisser aveugler par l'intense lumière des projecteurs et le crépitement des sollicitations. Mais l'exploit automnal contre Wawrinka au 3e tour et la défaite homérique face à Thiem en 8e de finale ont biaisé les regards du public et des adversaires. Désormais, tout le monde attend un sprint alors qu'il dispute un marathon…

Le jeune homme aux deux prénoms s'est fait un nom. Dans la routine du circuit secondaire, difficile de se cacher. « Je ne sais pas si on peut parler de cible, tempère Barbier. Mais il est malgré tout connu et reconnu, notamment par son style de jeu. À lui d'être plus malin pour surprendre ses adversaires et faire attention car, désormais, les joueurs déchiffrent plus facilement son jeu. »

Sur la lourde terre battue parisienne, ses amorties avaient rendu fous deux vainqueurs de Grands Chelems. Sur surface rapide, le champion olympique de la jeunesse en 2018 est un peu plus… dans le dur. « L'équation, ce n'est pas de modifier son jeu mais de le rendre le plus performant possible tout en conservant son identité et sa façon d'être, résume le coach. On ne s'excite pas par rapport aux résultats, qu'ils soient bons ou pas. Je reste dans une logique de formation. Il faut arriver à prendre un peu de hauteur avec tout ça. »

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Après les deux épreuves programmées à Quimper, puis le Challenger de Cherbourg, la nouvelle coqueluche des organisateurs espère être invitée dans les tournois ATP de Montpellier et Marseille. « Quel que soit l'endroit ou le joueur en face, il faut de la constance, souffle Barbier. Ce n'est pas bon signe si on s'applique juste quand ça brille… »