Tennis : Océane Babel, de la Wii à Sarcelles aux courts de Roland-Garros

L’adolescente de 16 ans, qualifiée pour les quarts de finale du tournoi junior, a découvert le tennis, à 5 ans, grâce aux jeux vidéo.

 Océane Babel est licenciée au Tennis club sarcellois depuis l’âge de 5 ans.
Océane Babel est licenciée au Tennis club sarcellois depuis l’âge de 5 ans. FFT

Les premiers coups de raquettes d'Océane Babel ont été virtuels. À 5 ans, la petite découvre la balle jaune à travers la Wii. Pendant des heures, elle alterne coup droit et revers avec sa manette blanche, devant la télé de la maison familiale, avenue de la Division-Leclerc, à Sarcelles (Val-d'Oise). « Elle avait l'air de bien aimer, raconte sa mère, Fabienne. Donc on l'a inscrite au club de la ville. »

Ses premiers pas sur les courts du T.C. Sarcellois sont laborieux. « Au début, ce n'était pas super… confie l'adolescente de 16 ans. Après, je m'y suis mise à fond. Et j'ai été repérée par la ligue du Val-d'Oise, à 6 ans. » Le début d'une success story, symbole d'une jeunesse de banlieue triomphante. Dix ans plus tard, la voilà sur les courts de Roland-Garros.

Son objectif : entamer une carrière professionnelle

80e mondiale dans sa catégorie, Océane a battu ce mercredi la russe Julia Avdeeva (4-6, 6-2, 6-3) en huitième de finale du tournoi junior. Sur la terre battue parisienne, à l'ombre des grands courts, Océane espère « aller le plus loin possible dans la compétition ». Avec un objectif en tête, continuer grimper dans le classement mondial et se préparer à entamer une carrière chez les professionnelles. « C'est mon objectif, mais ce n'est pas encore fait ! Tout va dépendre de ma progression dans les mois à venir », tempère Océane, double championne de France, à 13 et 14 ans.

Elle passera son bac à la fin de l'année

La pensionnaire du centre nationale d'entraînement (CNE), basé à Roland-Garros, depuis septembre 2018, s'est déjà frottée au monde des adultes. Ces dernières semaines, Océane, fan de Serena Williams, a enchaîné des tournois chez les grands, en alignant un quart et une demi-finale. « Dans le jeu, ça ne change pas vraiment. Chez les pros, les filles sont plus fortes mentalement, les juniors lâchent plus facilement, analyse-t-elle. Il faut passer le cap! »

Cela viendrait couronner un parcours sans encombre, d'une jeune fille précoce et « brillante », selon les mots de sa mère. « Elle réussit tout ce qu'elle entreprend. Si elle n'avait pas réussi dans le tennis, elle aurait pu continuer le piano, où elle était très douée aussi, souligne Fabienne. Et puis, elle est très bonne élève aussi ! » Océane, qui a sauté une classe, passera son bac à la fin de l'année.

Son frère de 10 ans suit son exemple

Entre ses voyages pour jouer aux quatre coins du monde, ses trois entraînements quotidiens et la pression du résultat, l'ado essaye, dit-elle, de garder contact avec « le monde extérieur ». Coupée de la vie adolescente, elle voit ses « copines de collège », quand elle revient le week-end, à Sarcelles. « Cela me fait du bien de parler d'autre chose que de tennis, lance Océane. Après j'ai conscience qu'elles ne vivent pas la même vie que moi… »

La joueuse n'a en revanche pas encore conscience d'être un modèle de réussite pour les jeunes de la commune, et plus largement de banlieue. « Si je peux leur donner de la motivation, pour qu'ils se donnent à fond… » confie Océane. Elle a en tout cas déjà inspiré son frère. À 10 ans à peine, le gamin « de bon niveau », selon sa sœur, fait déjà partie des meilleurs Français…