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Tennis : Nadal, Federer, Djokovic… qui est le plus grand de tous les temps ?

En rejoignant Roger Federer et ses 20 Grands Chelems, Rafael Nadal a relancé l’inévitable débat dans la course au plus grand joueur de tous les temps… Et Djokovic reste en embuscade !

 Nadal et Federer (au centre et à droite) ont remporté chacun 20 Grands Chelems, tandis que Djokovic (à gauche) en a gagné 17.
Nadal et Federer (au centre et à droite) ont remporté chacun 20 Grands Chelems, tandis que Djokovic (à gauche) en a gagné 17.  AFP/Matthew Stockman

Platini ou Zidane? Maradona ou Messi? Jordan ou LeBron James? Spitz ou Phelps? Schumacher ou Hamilton? Quel que soit le sport, on se plaît à essayer de comparer des athlètes ou des époques avec des jugements forcément biaisés par l'évolution des disciplines ou les soubresauts de la mémoire…

La différence avec le tennis, c'est que la légende s'écrit là, sous nos yeux ébahis. Les trois plus grands joueurs de l'histoire — sans faire injure à d'illustres prédécesseurs nommés Laver, Borg ou Sampras — continuent jour après jour de noircir des pages de superlatifs.

Dimanche, en remportant son treizième Roland-Garros, Rafael Nadal a rejoint Roger Federer sur un sommet que l'on pensait inaccessible : 20 Grands Chelems. Relançant l'inévitable débat sur l'identité du GOAT (NDLR : « greatest of all time » en anglais), le meilleur joueur de tous les temps. Une question en grande partie basée sur l'affectif, l'esthétisme, le romantisme… ou la mauvaise foi. Donc, difficile de trancher.

On peut reprocher à l'Espagnol de n'avoir jamais remporté le Masters ou les tournois de Miami et Bercy mais il manque à la panoplie du Suisse un or olympique en solo ou les Masters 1000 de Rome et Monte-Carlo. Il y a six ans déjà, Martina Navratilova avait parfaitement résumé l'insoluble équation. « Federer est le meilleur joueur de tous les temps, mais Nadal est le meilleur des deux », formulait joliment l'Américaine aux 18 victoires en Majeurs.

Djokovic attend son heure

Derrière, même s'il vient de perdre un peu de temps, Novak Djokovic a ajouté une autre inconnue. Car le n°1 mondial, bloqué à 17 Grands Chelems, semble en mesure de revenir sur ses aînés. « C'est lui le GOAT », a même déjà tranché Gaël Monfils. Le Serbe dépassera le nombre de semaines de Federer sur le trône de l'ATP (310) au printemps prochain et a lui tout gagné sauf les JO. Le Djoker a même réussi le Djoko Slam, c'est-à-dire détenir simultanément les quatre couronnes à cheval sur deux saisons (2015 et 2016). Alors, bonjour le casse-tête de série.

Tennis : Nadal, Federer, Djokovic… qui est le plus grand de tous les temps ?

Un nombre incroyable résume leur fabuleuse hégémonie. Sur les 62 derniers Grands Chelems disputés depuis l'avènement de l'extraterrien Nadal en 2005, seuls neuf ont échappé à l'un d'entre eux. Avec leurs trois titres, Andy Murray et Stan Wawrinka font presque figure de super-héros.

Si on se réfère à leur ménage à trois, Djokovic mène 29-27 contre Nadal et 27-23 face à Federer. Nadal, lui, domine Federer 24-16 (dont la mythique victoire de 2008 face au Bâlois dans son jardin de Wimbledon). Le Belgradois a donc l'avantage. En revanche, si l'on se fie aux pourcentages de réussite en Grand Chelem, Nadal conduit le bal.

Nadal gagne un Grand Chelem sur trois

Le Majorquin s'impose en moyenne une fois sur trois (20 titres sur 60 tournois), devant Djokovic (17 sur 62, soit 27,4 %) et Federer (20 sur 79, soit 25,3 %) . Seul Björn Borg a fait mieux (11 sur 27, soit 40,7 %). Même ordre (Nadal, Djokovic, Federer) pour le ratio de matchs gagnés, de finales disputées ou de taux de victoire en finale. Comble de l'ironie, Nadal, 34 ans « à peine », vient de déposséder Federer, 39 ans, d'un record de longévité : plus de 15 ans entre son premier sacre (Paris 2005) et le dernier en date (Paris 2020).

Sans savoir ce que réserve la crise sanitaire, le trio sera sur la ligne de départ en 2021. Prêt à aller toujours plus haut et faire encore patienter la relève. Quand viendra l'heure de la retraite — qu'on leur a déjà promise tellement de fois —, il sera (peut-être) possible de les départager. En attendant, il faut surtout en profiter. Légendaire ne veut malheureusement pas dire éternel. « Le plus beau, c'est de voir à quel point ces trois-là sont différents, souffle l'Argentin Diego Schwartzman. C'est fascinant. »