Tennis : jauge réduite, météo pluvieuse… à Roland-Garros, c’est bonjour tristesse

La Fédération française a finalement dû recourir à un tirage au sort pour désigner les 750 spectateurs issus du grand public qui pourront venir chaque jour assister au tournoi. Une péripétie de plus dans une année mouvementée…

 Le toit installé sur le court Philippe-Chatrier devrait être particulièrement utile pour cette édition 2020 de Roland-Garros.
Le toit installé sur le court Philippe-Chatrier devrait être particulièrement utile pour cette édition 2020 de Roland-Garros. LP/Arnaud Journois

Entre crise sanitaire qui perdure et météo exécrable qui se prépare, ce Roland-Garros de l'ère Covid s'annonçait déjà tristounet. La réduction de la jauge à 1 000 spectateurs a noirci un peu plus le tableau. « Pour être honnête, je suis triste, lâche Gaël Monfils, numéro 9 mondial, le chef de file des Bleus. Le stade est vide, le temps n'est pas beau. Ce n'est pas le tournoi dont je rêve avec l'ambiance de dingue, les supporters, la grosse magie… »

Pour la première fois dans l'histoire du tournoi, les joueuses et joueurs n'auront pas été les seuls à guetter le tirage au sort. Les organisateurs ont en effet été contraints de s'en remettre à dame chance, ce vendredi matin, pour désigner dans l'urgence les 750 veinards issus du grand public (avec 200 places pour les partenaires et 50 pour les élus) qui viendront chaque jour garnir modestement les tribunes.

« Personne n'aime jouer dans ces conditions, soupire Rafael Nadal, en quête d'un 13e sacre. On peut remercier les gens de Roland-Garros de faire au mieux pour réaliser quand même le tournoi. Ce n'est pas facile. Ils perdent de l'argent. C'est ce qu'il y a de beau avec notre circuit. Ils ont réussi à l'organiser. C'est un moment où on peut se serrer les coudes et essayer de remettre le circuit en route. »

Les recalés du loto tennis, eux, se consoleront avec un remboursement et la promesse d'un accès préférentiel aux réservations pour 2021. Tout ce petit monde a commencé à être prévenu par e-mail ce vendredi après-midi.

« Ce sont des dizaines de millions d'euros partis en fumée »

« Pris par le temps, il a fallu nous adapter à nouveau, souffle Stéphane Morel, directeur général adjoint, qui avait déjà dû gérer deux modifications de billetterie (de 20 000 visiteurs quotidiens à 11 500 en trois zones puis à 5 000). Ce sont des dizaines de millions d'euros partis en fumée. Nous n'avons pas le temps de refaire un sit-in avec distanciation et attributions de sièges. Sur le central, les gagnants seront tous placés en bas et le personnel d'accueil s'assurera de la distanciation entre les personnes. Pour les partenaires, toutes les hospitalités ont été supprimées. »

La FFT ne digère toujours pas l'annonce lancée, selon elle, un peu à l'emporte-pièce par le Premier ministre jeudi soir. « Depuis le début de la crise, nous n'avions qu'à louer le travail qu'on avait fait avec les services de l'Etat, tacle le président, Bernard Giudicelli. Nous pensions que 5 000 était déjà une jauge minimale, les autorités gouvernementales en ont décidé autrement. Avec une surface de 120 m2 par personne, on est 30 fois plus que la norme autorisée… »

Malgré le caractère famélique de l'assistance (15 000 fans sur la quinzaine au lieu de 520 000 l'an passé), le huis clos n'a jamais été envisagé. Avant tout pour une question d'image(s). « Il vaut mieux avoir 1 000 personnes plutôt que zéro, assure Morel. Pour les millions de téléspectateurs qui vont voir le tournoi à travers 222 pays, avoir du public, même en très petite portion, autour des joueurs, n'est pas le même spectacle que le huis clos total. On a pu le voir entre la finale de l'US Open et celle de Rome. Il y a une vraie différence en termes de rendu. Cela participe de notre décision de faire tous les efforts quelles que soient les conséquences financières. » Un maigre rayon de soleil…