Tennis : dans l’ambiance feutrée de Roland-Garros

Les qualifications du Grand Chelem parisien ont débuté ce lundi dans un huis clos total, Covid-19 oblige. Les premiers joueurs à avoir foulé les courts reconnaissent le caractère particulier de cette édition.

 Décalé en raison de la pandémie de Covid-19, Roland-Garos s’est ouvert ce lundi sans le moindre spectateur dans les tribunes.
Décalé en raison de la pandémie de Covid-19, Roland-Garos s’est ouvert ce lundi sans le moindre spectateur dans les tribunes. LP/Arnaud Journois

Un soleil estival, un ciel bleu comme l'océan… Ce lundi d'ouverture des qualifications, Roland-Garros s'est amusé à remonter le temps. Des joueurs plein les courts, du personnel qui s'affaire aux derniers préparatifs, des officiels qui prennent leurs consignes, un vrai parfum de fin mai. Le nez bouché par un masque.

Partout, des allées désespérément vides de public et des tribunes seulement teintées de légères touches d'orange vif, la couleur des tee-shirts des ramasseurs de balles. Seuls quatre, au lieu de six, officient simultanément. Visage couvert et mains lavées au gel avant chaque changement de balles.

Pour les compétiteurs, dont cinq ont dû être retirés du tableau parce qu'eux ou leur coach avaient été contrôlés positif au Covid-19 dans le week-end, contact minimum avec l'extérieur. Après le trajet depuis leur hôtel des bords de Seine en navette officielle, ils prennent possession de leur vestiaire sous le Suzanne-Lenglen et foulent la terre battue par une entrée réservée. A la sortie des matchs, les conférences de presse sont uniquement en visioconférence. Chacun sait qu'il joue « avec une raquette de Damoclès » au-dessus de la tête.

La Polonaise Katarzyna Kawa, 128e mondiale, a d'ailleurs été déclarée positive au Covid-19 ce lundi lors de son deuxième test parisien en 48 heures et écartée des qualifications du simple dames.

«Le stade sonne creux, il n'y a pas de bruit de fond»

« C'est assez spécial parce qu'il n'y a pas l'effervescence de Roland-Garros, témoigne Enzo Couacaud, 192e mondial, qualifié pour le deuxième tour et qui restera à la postérité comme le premier à avoir testé la salle de presse virtuelle du tournoi. Mais le plus important, c'est de jouer et de donner la priorité à la santé. Il faut en passer par là. Après, on a entendu que des joueurs avaient été positifs mais il n'y a pas de panique. Si je dois l'avoir, je l'aurai… »

Du gel hydroalcoolique est installé à l’entrée des courts du tournoi./LP/Arnaud Journois
Du gel hydroalcoolique est installé à l’entrée des courts du tournoi./LP/Arnaud Journois  

Alexandre Muller a lui aussi franchi l'obstacle malgré le manque de soutien. « On se retrouve vraiment tout seul avec soi-même, résume le n°235 à l'ATP. Après, on ne va pas se plaindre. On est dans un bel hôtel, on a de belles chambres (NDLR : même si beaucoup grognent de n'avoir aucun espace de loisir à disposition). Le seul manque, c'est de ne pas pouvoir sortir faire des restos le soir. »

Dans un silence de cathédrale, Benjamin Bonzi a réussi à sauver cinq balles de match et renverser le Tchèque Kolar. « Mais franchement, le contexte est très spécial, souffle le matricule 224. Il faut rester à distance des autres joueurs, même ceux dont on est proches. Le stade sonne creux, il n'y a pas de bruit de fond. On sait tous que c'est le prix à payer pour faire le tournoi. »

Mardi, onze Tricolores feront leur entrée en lice dans cette ambiance feutrée. Il faudra attendre dimanche, et le début du tableau final, pour voir un peu de public redonner vie aux lieux. Mais là, le beau temps ne sera plus de la partie