Roland-Garros vu par Alizé Cornet : «Leggings, manches longues et doudounes»

Pendant Roland-Garros, la joueuse française Alizé Cornet nous fait partager l’intimité d’une édition atypique à plus d’un titre…

 Alizé Cornet s’est entraînée ce samedi sur le court central et a vite repris ses marques.
Alizé Cornet s’est entraînée ce samedi sur le court central et a vite repris ses marques. Icon Sport, LP

« Aucun doute, l'été parisien est bel et bien fini. L'automne a enveloppé la ville de sa couverture grise et humide qui fait gonfler les balles de tennis et frissonner les os. Les vêtements chauds, leggings, manches longues et doudounes, sont de mise chez les joueurs qui sont parfois tentés de garder leur parka lors des premières minutes d'entraînement tant le vent froid vient cingler les visages entre deux frappes de balle.

« Roland fin septembre, c'était le risque »

Roland fin septembre, c'était le risque. La terre est lourde, tout comme les balles et les épaules qui subissent ces contraintes automnales, mais nous sommes là, au début de cette édition 2020, et heureux d'y être.

Le tournoi, lui, doit aussi faire face aux nouvelles décisions gouvernementales ayant baissé la jauge de spectateurs à 1000 personnes par jour. Autant dire une goutte d'eau dans l'océan, ces 1000 âmes disséminées sur les 12 hectares du site. La déception peut se lire sur les visages des organisateurs qui ont travaillé des mois durant pour faire en sorte que Roland-Garros revienne sous les meilleurs auspices.

Les conditions ne sont donc pas optimales, mais chacun met de l'eau dans son vin. L'adaptation est progressivement devenue le maître mot de cette année 2020, et la fête du tennis doit prévaloir dans ce sens.

« Jamais évident de jouer contre une compatriote »

Mis à part la structure moderne et le nouveau toit du Philippe-Chatrier, sans oublier la disparition malheureuse du mythique court numéro 1, le stade n'a pas changé tant que ça. Je m'attendais à quelque chose de presque méconnaissable, mais je retrouve finalement assez vite mes habitudes vieilles de 15 ans, à quelques précautions Covid près.

Mon tournoi commencera lundi contre ma collègue française Chloé Paquet. Jamais évident de jouer contre une compatriote. L'atmosphère en devient un peu particulière, parfois aussi lourde que la terre battue de la porte d'Auteuil. Il faut rester concentrée, plus imperméable encore que d'habitude à ce qu'il se passe de l'autre côté du filet. En résumé, tâcher de suivre une fois de plus la rengaine du moment : rester, quoi qu'il arrive, dans sa bulle. »

Roland-Garros vu par Alizé Cornet : «Leggings, manches longues et doudounes»

Alizé Cornet est l'autrice de « Sans Compromis », Ed. Amphora, 19,50 euros.