Roland-Garros vu par Alizé Cornet : «L’impression de rater mon rendez-vous galant…»

Pendant le tournoi parisien, la joueuse française Alizé Cornet nous fait partager l’intimité d’une édition atypique à plus d’un titre…

 Alizé Cornet revient sur son entrée en lice à Roland-Garros, lundi 28 septembre, face à sa compatriote Chloé Paquet, battue en deux sets (6-3, 6-2).
Alizé Cornet revient sur son entrée en lice à Roland-Garros, lundi 28 septembre, face à sa compatriote Chloé Paquet, battue en deux sets (6-3, 6-2). AFP/Martin Bureau/LP

« J'en tremble encore. Le froid de cette fin de journée, lundi soir, l'enjeu de ce premier tour face à ma compatriote Chloé Paquet. La tension accumulée jusqu'à 19h45, heure de notre arrivée sur le court, et qui a consommé pas mal d'influx en chemin. Bref, la nervosité était clairement au rendez-vous pour mon entrée en lice. Le court Simonne-Mathieu ayant vu sa programmation retardée à cause de la pluie, notre match s'est retrouvé déplacé, pour mon plus grand bonheur, sur le Philippe Chatrier. Un court central où une trentaine de personnes seulement peuplaient des tribunes tristement désertes.

L'absence de ce public parisien qui m'a tantôt portée à bout de bras, tantôt pétrifiée au cours de ces quinze dernières années, provoque en moi une sensation particulière. L'impression de rater mon rendez-vous galant le plus attendu de l'année, de ne pas reconnaître mon Roland de d'habitude. Rien ne peut remplacer l'enthousiasme communicatif de ces milliers de personnes qui, elles aussi, attendent chaque année notre Grand Chelem maison avec impatience.

En parlant de pluie, les deux jours supposés être les plus catastrophiques de ce début de quinzaine ne nous auront finalement donné que quelques gouttes éparses, épargnant le tournoi de bien d'autres difficultés et contretemps. Un coup de pouce du destin appréciable qui nous ferait presque entrevoir que la chance est en train de tourner en notre faveur.

Ne pas me perdre dans les méandres de mes émotions

Malgré ma joie de jouer sur le Chatrier, certes dégarni mais toujours aussi beau, mon bras ne se relâche pas. En ne m'accordant pas le droit à l'erreur, je me crée au fil du match une fébrilité presque paralysante. Cependant, mon calme fraîchement acquis m'a permis, contre toute attente, de ne pas me perdre dans les méandres de mes émotions, et je suis fière de cela. 6-3, 6-2 en une heure et demie, je me donne ainsi la chance de faire encore mieux au prochain tour, jeudi, contre Shuai Zhang.

Entre-temps, deux jours de « repos » à gérer intelligemment pour ne pas avoir l'impression de sortir du tournoi. Je ne me fais pas de souci, l'expérience de mes 58 Grands Chelems devrait m'aider à garder le cap pour essayer d'aller chercher une qualification pour le troisième tour, et pourquoi pas, viser encore plus loin. Après tout, cette année, nous ne sommes pas à l'abri d'autres surprises… Et j'espère bien en faire partie ! »

Roland-Garros vu par Alizé Cornet : «L’impression de rater mon rendez-vous galant…»

Alizé Cornet est l'autrice de « Sans Compromis », Ed. Amphora, 19,50 euros.