Roland-Garros : retiré du tableau à cause du Covid, Verdasco demande réparation

S’estimant injustement exclu du Grand Chelem français en raison d’un test positif au Covid-19 qu’il conteste, le joueur espagnol a saisi ses avocats et demande réparation à la Fédération française de tennis.

 L’Espagnol Fernando Verdasco passe à l’attaque et attend une compensation financière de la FFT pour l’avoir exclu de Roland-Garros.
L’Espagnol Fernando Verdasco passe à l’attaque et attend une compensation financière de la FFT pour l’avoir exclu de Roland-Garros. REUTERS/Hannah Mckay

Il monte au filet. Comme prévu, Fernando Verdasco est passé à l'attaque. Remonté, « en colère », et s'estimant victime d'une injustice en étant écarté du tournoi de Roland-Garros à l'issue d'un test positif au Covid-19 la semaine dernière, le joueur espagnol, ex-Top 10 mondial, a décidé de demander réparation à la Fédération française de tennis.

Après son test positif, Verdasco, 36 ans, a procédé à trois tests, de sa propre initiative - deux PCR et l'un sérologique - qui sont tous revenus négatifs. Dans une interview exclusive accordée jeudi à BeIN Sports MENA (qui couvre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient), l'actuel n° 58 mondial a, ainsi, annoncé qu'il avait saisi ses avocats de porter l'affaire en justice.

« Je suis en discussion avec de nombreux avocats, mes avocats personnels et d'autres. Ils m'ont dit que c'était incroyable que les règles aient été changées le lendemain de mon exclusion. La Fédération a refusé de me tester à nouveau, bien que je le lui aie demandé. Quand j'ai refait des tests après, tous les résultats étaient négatifs. Elle m'a dit qu'il n'y avait pas de solution. »

Juste avant le début du tableau final, Roland-Garros a en effet ajusté son protocole anti-Covid pour prendre en compte la notion d'antériorité. Tout participant testé positif prouvant une contagion antérieure au tournoi ne serait plus évincé.

« Le plus simple était de m'exclure »

« J'ai alors contacté mes avocats qui m'ont dit que les organisateurs auraient dû ajuster les règles et le tirage au sort. Que c'était à eux de trouver un moyen de sortir de cette grave erreur qu'ils avaient commis. Mais le plus simple était de m'exclure. Cette exclusion est très préjudiciable, et pas seulement sur le plan financier. Pour moi, l'argent est la dernière chose à laquelle je pense. Je voulais participer à Roland-Garros pour la 17e fois et avoir mon nom dans l'histoire comme l'un des joueurs ayant participé à un grand nombre d'éditions de ce tournoi. Je voulais aussi gratter plus de points et améliorer mon classement international, car je n'ai pas participé à beaucoup de tournois en raison de la pandémie. Alors les dommages sont d'ordre psychologique, financier et professionnel. Nous enverrons ces lettres officielles à Roland-Garros et à la Fédération française pour tenter d'obtenir une compensation financière. Je ne peux pas récupérer des points mais je peux être indemnisé. »

Verdasco n'est pas le seul à avoir été exclu du tournoi en raison de tests positifs au Covid-19. Cinq autres joueurs avaient été sanctionnés lors des qualifications. Parmi eux, le joueur bosnien Damir Dzumhur (114e mondial) retiré du tableau en raison d'un contrôle positif de son coach Petar Popovic. Eux aussi avaient également annoncé qu'ils allaient porter plainte contre le tournoi et la Fédération française pour obtenir réparation et gain de cause. Privé des qualifications, Dzumhur, 28 ans, déplore une grosse perte financière. La simple participation au tableau de qualifications assure aux participants un pécule de 10000 euros (contre 7000 l'an dernier).

La Fédération a toujours répondu qu'elle se contentait d'appliquer le règlement sanitaire mis en place avec les autorités françaises. Visiblement cela ne convient pas à Verdasco.