Roland-Garros : Novak Djokovic, l’homme à tout faire

Le Serbe, actuel numéro un mondial, a déjà marqué l’année 2020 de son empreinte, sur le court et en dehors…

 Novak Djokovic salue le peu de monde présent sur le court après sa victoire expéditive au premier tour.
Novak Djokovic salue le peu de monde présent sur le court après sa victoire expéditive au premier tour. REUTERS/Gonzalo Fuentes

A l'abri de la pluie sous le toit du Central, Novak Djokovic a égoutté le Suédois Ymer (6-0, 6-2, 6-3 en 1h38). Pas de sueurs froides pour le n° 1 mondial, qui fait office pour beaucoup, météo oblige, de maître des cieux du tournoi. « La situation est différente de l'ordinaire, souffle-t-il. Tout le monde a parlé des balles, de la terre, du froid qui affectent le jeu. Mais mon jeu est là, je suis prêt physiquement, mentalement et émotionnellement pour aller loin dans le tournoi. Si je n'avais pas ce but et cette motivation, je ne serais pas là. Comment commencer mieux un Grand Chelem que par un 6-0? »

Malgré l'absence de public dans les tribunes, le « Djoker », qui sera opposé au Lituanien Berankis ce jeudi, continue de distribuer des câlins après la balle de match. Comme si les conditions n'avaient pas de prise sur lui. Cette année, c'est bien Novak 1er qui fait la pluie et le beau temps sur la planète tennis. Sous toutes les latitudes. Sur le court, tout d'abord, où le Serbe, 33 ans, n'a toujours pas bu la tasse en 32 matchs « classiques ». Tout juste s'est-il noyé lui-même dans une improbable disqualification à l'US Open après avoir involontairement foudroyé une juge de ligne (avec une balle).

« A part cette expérience, j'ai gagné tous les matchs que j'ai joués, lance-t-il. Et plus tu gagnes, plus ton niveau de confiance s'élève… » Même s'il n'est pas imperméable à la rechute, le lauréat de l'édition 2016, qui à déjà trôné 288 semaines au sommet de l'ATP, file vers le record de Federer (310) avec ses bottes de sept lieues. Un sacre à Paris le 11 octobre ferait même de lui le seul joueur de l'ère Open à avoir remporté au moins deux fois les quatre Grands Chelems…

«Je ne peux pas tout faire tout seul»

Hors des terrains, l'homme aux 17 tournois majeurs a aussi affolé les bulletins météo. De prises de position ésotériques pendant le confinement (la purification de l'eau par l'esprit) jusqu'à la création d'une nouvelle association de joueurs (PTPA) en passant par l'organisation rocambolesque d'une tournée dans les Balkans et le contrôle positif au Covid-19 qui en a découlé, Djokovic a été partout. Presque trop. A l'inverse de ses alter ego Federer et Nadal, plutôt discrets depuis les débuts de la pandémie.

La tête de série n° 1 veut laisser son empreinte dans tous les domaines. Tout en devant trouver l'équilibre entre sa carrière de champion et ses desseins « politiques ». « Je ne peux pas tout faire tout seul, se défend le président démissionnaire du conseil des joueurs de l'ATP. Il y a des tournois à jouer et il faut se concentrer sur nos carrières professionnelles. Une fois que nous sommes en compétition, il est difficile d'avoir toute cette charge mentale, de parler avec les joueurs pour leur expliquer le bien-fondé de notre démarche… et de jouer ! La priorité, ce sont les matchs et la préparation physique. »

Ces dernières semaines, la naissance de la PTPA a semé l'orage entre le duo Fedal (Federer-Nadal) et celui qui veut cirer tous leurs records. Mais ce Djokovic-là ne semble pas craindre la tempête…