Roland-Garros : Nadal-Schwartzman, comme un air de revanche

Rafael Nadal a été battu il y a trois semaines par le joueur argentin tombeur de Dominic Thiem au tour précédent. L’Espagnol, en quête d’un 13e sacre à Paris, a-t-il une marge ?

 Rafael Nadal et Diego Schwartzman se retrouvent trois semaines après un face-à-face à Rome qui avait tourné à l’avantage du second.
Rafael Nadal et Diego Schwartzman se retrouvent trois semaines après un face-à-face à Rome qui avait tourné à l’avantage du second. REUTERS/Riccardo Antimiani

A Rome, le 20 septembre dernier, il avait fait vaciller l'empereur Rafael Nadal qui visait un dixième sacre. En battant (6-2, 7-5) l'Espagnol sur sa surface de prédilection, la terre battue, en quart de finale du Masters 1000 italien, Diego Schwartzman avait pris date. Le petit Argentin (1,70m) présente un palmarès de Lilliputien - seulement trois tournois remportés dans toute sa carrière - en face du CV de Nadal, riche de 85 titres dont 12 Roland-Garros. Cette défaite aussi près de son tournoi fétiche qui intervient quand même dans une saison atypique très perturbée par l'épidémie de Covid-19, peut-elle remettre en cause la quête d'un treizième sacre en 16 participations pour le roi Nadal ?

Même s'il a écarté en trois sets au tour précédent la pépite italienne Jannik Sinner, Nadal, numéro 2 mondial, s'est plaint des conditions de jeu et d'un terrain lourd peu favorable à son lift. A Rome, l'Argentin avait parfaitement contré le jeu de l'Espagnol par ailleurs en grande souffrance sur son service mais la partie s'était jouée en deux sets.

La fraîcheur des deux hommes pourrait aussi être une donnée à prendre en compte. Depuis le début de la quinzaine, Schwartzman a passé quatre heures de plus sur les courts de Roland-Garros (13h34 contre 9h04) soit quasiment un match supplémentaire et sort d'un marathon de cinq heures contre Thiem.

Jusqu'ici, Nadal s'est promené

Avec deux jours de repos, l'Argentin a assuré pouvoir « recharger les batteries ». « Je pense que dans deux jours, de nouveau je serai en excellente forme pour la demi-finale » a-t-il promis après sa victoire. Il devra en tout cas se préparer à un combat. La pépite italienne Jannik Sinner a bien essayé de faire chuter l'icône en quart de finale et y est presque parvenue dans le premier set. Mais à 34 ans, Nadal a fait parler l'expérience et n'a toujours cédé aucun set.

Sa déconvenue romaine trottera-t-elle dans la tête de l'homme de Manacor alors qu'il avait justement souffert ce jour-là dans les longs échanges, commettant au passage 30 fautes directes ? L'époque a sans doute changé. Le 20 septembre, Nadal qui avait zappé la tournée américaine avec le Masters 1000 de Cincinnati et l'US Open pour rester en Espagne, n'avait que trois matchs dans les jambes. Nadal s'est promené Porte d'Auteuil à l'exception du quart contre Sinner qu'il a quand même bouclé en trois manches.

Le succès face à Thiem a semble-t-il décomplexé Schwartzman, 14e joueur mondial, dont le meilleur résultat en Grand Chelem restait un quart de finale à Roland-Garros en 2018. Au point désormais de ne plus nourrir de complexes face au Top 10. « Je ne dirais pas que je suis totalement confiant. Mais je sais que cette semaine, je peux le battre », a-t-il lâché mardi.