Roland-Garros : Marion Bartoli, version intervieweuse

L’ancienne numéro 7 mondiale interroge les joueurs et joueuses sur le court à l’issue des matchs. Un exercice particulier cette année en raison de la crise sanitaire.

 Durant toute la quinzaine, Marion Bartoli recueille les impressions de joueurs et joueuses à l’issue des matchs.
Durant toute la quinzaine, Marion Bartoli recueille les impressions de joueurs et joueuses à l’issue des matchs.  LP/Arnaud Journois

Elle ne se voyait pas manquer le rendez-vous. Dans l'attente d'un heureux événement prévu pour la fin d'année - elle a annoncé en mai être enceinte du footballeur belge Yahya Boumediene - et malgré un contexte sanitaire anxiogène, Marion Bartoli est présente sur les courts de Roland-Garros cette année encore.

Depuis 2016, la dernière Française lauréate d'un tournoi du Grand Chelem (Wimbledon en 2013) interviewe les joueurs sur le court après leur match pour le compte de la FFT. Un exercice particulier cette année.

Quel est votre regard sur cette édition si particulière de Roland-Garros ?

MARION BARTOLI. C'est une édition particulière mais c'est le monde qui vit une situation particulière. Il faut être capable de s'adapter pour tenter de retrouver une vie normale. On est très chanceux que cet événement ait lieu, Roland-Garros reste le poumon économique de la Fédération française de tennis (FFT) et c'est vital pour que les Ligues et clubs survivent tout au long de l'année. On peut s'en féliciter.

Vous êtes enceinte, avez-vous hésité à venir dans ce contexte sanitaire ?

Pas du tout. J'étais parfaitement confiante dans la capacité de la FFT à organiser un tournoi sécurisé pour tout le monde. Les protocoles sont de toute façon très drastiques pour garantir la santé de tous.

Vos interventions sur le court ont dû évoluer en raison des mesures sanitaires. Vous devez notamment respecter une certaine distance avec les joueurs que vous interviewez…

Ils sont très loin (elle sourit), au niveau de la ligne de carré de service et nous derrière le filet ( NDLR : un peu plus de 6 m ). C'est le protocole mais ça rend les choses plus difficiles pour nous car il n'y a plus le contact humain, la chaleur qu'on peut avoir dans une configuration normale. L'absence du public (NDLR : la jauge maximale est de 1000) ajoute aussi à cette ambiance, on ne peut pas s'appuyer sur les encouragements, ça rend les questions et les interviews différentes.

C'est-à-dire ?

On doit avoir un angle, préparer les questions qu'on posera. Quand il y a 6-1, 6-0, il faut vraiment se creuser la tête. On ne rentre pas sur le terrain sans avoir préparé les questions à l'avance. Il faut aussi avoir des formulations de questions plus longues pour que les joueurs développent aussi leurs réponses et il faut maîtriser l'anglais.

Vous êtes obligées de traduire les réponses des joueurs français ?

Oui, c'est une nouveauté cette année. Avant, on interrogeait les joueurs francophones, on faisait tout en français, c'était plus simple. On fait ça pour que les télés internationales puissent reprendre les interviews sur leurs canaux. Il faut bien maîtriser l'anglais, ce n'est pas donné à tout le monde.

Vous finissez également plus tard avec désormais le toit sur le Central et parfois peu de public dans le stade…

Oui, les journées sont plus longues. Je crois que Cédric ( Pioline, l'un des trois intervenants avec Fabrice Santoro et elle ) a fini une fois à minuit moins le quart. Moi mon record doit être vers 23 heures, le jour où ils ont rajouté plusieurs matchs sur le Central. L'ambiance est particulière car il y a encore moins de public qu'en journée. Il faut vraiment réussir à capter l'attention du joueur qui n'a qu'une envie c'est de rentrer aux vestiaires le plus rapidement possible pour se reposer.

Le circuit vous manque-t-il ?

Je commente pour les quatre tournois du Grand Chelem et cela me suffit. L'an dernier, j'ai coaché Jelena Ostapenko (d'octobre 2019 à mars 2020), c'était une belle expérience mais j'ai préféré arrêter. Le rythme est trop lourd. Je n'ai plus envie de partir toutes les semaines, de me retrouver dans les chambres d'hôtel. Ce n'est plus ma vie. Quand je travaille je travaille énormément, mais ce sont sur des périodes très courtes. Je veux profiter de ma vie à côté, de ma vie de famille. C'est mon nouvel équilibre.