Roland-Garros : «Je suis content d’avoir rendu heureux les Français», savoure Hugo Gaston

Héros tricolore de la quinzaine parisienne, le Toulousain va s’accorder une petite semaine de repos avant de reprendre l’entraînement en vue… du Challenger de Hambourg.

 Le Français Hugo Gaston exhorte le public à l’encourager lors de son match héroïque contre le numéro 3 mondial Dominic Thiem ce dimanche.
Le Français Hugo Gaston exhorte le public à l’encourager lors de son match héroïque contre le numéro 3 mondial Dominic Thiem ce dimanche. LP/Arnaud Journois

Il s'est passé quelque chose, dimanche soir, pour un petit millier de spectateurs et les près de six millions de téléspectateurs qui ont suivi les derniers échanges du duel homérique perdu par Hugo Gaston face à Dominic Thiem (6-4, 6-4, 5-7, 3-6, 6-3).

Avec son nom bien franchouillard et son physique d'antihéros, le jeune Toulousain, 20 ans, est entré dans les foyers et dans les cœurs, multipliant en quelques heures par cinq son nombre d'abonnés sur un célèbre réseau social.

Avant de regagner la quiétude de son sud-ouest natal fort d'une progression de 82 places au classement (239e à la 157e), Gaston a pu récolter les fruits de sa gloire naissante en faisant ces dernières 24 heures la tournée des médias.

« J'essaie de rester tranquille, décontracté. Je sais que maintenant les gens vont me reconnaître et ça fait plaisir parce qu'on a fait quelque chose de bien. Je suis content d'avoir rendu heureux les Français. Là, c'est encore frais. Mais dans une semaine, tout redeviendra normal. Je saurai garder les pieds sur terre. Je suis bien entouré et je n'ai pas d'inquiétudes sur ça, je sais que ça va très bien se passer. »

Des souvenirs plein la tête

Le protégé de Marc Barbier va quitter la capitale des films plein la tête. « C'est dur de garder une image, réfléchit-il. Il y a forcément la balle de match contre Stan (NDLR : Wawrinka, au 3e tour) et puis l'ambiance face à Thiem. Jouer deux grands joueurs sur deux grands courts (NDLR : Lenglen puis Chatrier) c'est quelque chose de fabuleux. J'ai perdu, mais il y a beaucoup de fierté. Je savais que j'étais capable de ça mais pas sur autant de temps. Je n'ai pas eu de baisse, j'ai été vraiment complet pendant cinq sets du début à la fin et c'est ça dont je suis content. »

En quatre matchs Porte d'Auteuil, la nouvelle coqueluche tricolore a garni son compte en banque de 189 000 euros (alors qu'il n'en avait cumulé que 145 000 euros au total jusque-là). Pas question pour autant de faire des folies. « L'argent, c'est aussi important pour financer ma carrière, explique-t-il. C'est de l'investissement. Je ne vais pas acheter une voiture, deux maisons ou une montre ! »

La belle histoire française de l'édition 2020 va goûter un repos mérité jusqu'au lundi 12 octobre. « Je veux juste profiter de ma famille, mes amis et penser à autre chose que le tennis. Profiter parce que ça n'arrive pas tous les jours. » Raconter aussi, lorsqu'il passera saluer son Tennis Club de Blagnac, avant de se remettre au travail pour le Challenger de Hambourg, fin octobre, et sans doute le Masters 1000 de Bercy où il espère une invitation. Comme à Roland-Garros. On voit mal comment les organisateurs pourraient lui refuser…

Des exploits à confirmer

Propulsé sur le devant de la Seine, Gaston ne pourra plus bénéficier de l'effet de surprise. « C'est sûr que mes adversaires vont me regarder différemment, souffle le roi de l'amortie. Ils vont se méfier. Mais je vais d'abord rester concentré sur moi-même. Cela fait partie de mon jeu de varier, j'ai toujours joué comme ça et je ne vais pas changer mon style. Je vais garder la même base en adaptant un peu. »

Dans une France du tennis en manque de nouveaux modèles, Hugo Gaston a tout à gagner par sa fraîcheur et son côté atypique et attachant. À condition que l'étoile de l'automne 2020 ne soit pas filante. Les Coutelot (contre Nalbandian), Mutis (face à Roddick) ou Haenel (devant Agassi) ont eux aussi connu leur quart d'heure américain avant de finir dans la boîte aux souvenirs.

« Je vais continuer à travailler sur l'attitude et le mental, qui m'ont fait perdre des matchs mais gagner ici, résume-t-il. Sur le niveau, je suis capable de rivaliser avec les meilleurs… »