Roland-Garros : heureusement, il y a Fiona Ferro côté français

La n°49 mondiale, 23 ans, est la dernière représentante française en lice. Elle affronte ce lundi l’Américaine Kenin pour une place en quart de finale.

 Depuis le déconfinement, Ferro est inarrêtable et vient d’aligner 18 victoires de suite.
Depuis le déconfinement, Ferro est inarrêtable et vient d’aligner 18 victoires de suite. LP/Arnaud Journois

Il ne reste que Ferro… Fiona Ferro, 23 ans et n°49 mondiale, porte désormais sur ses épaules les derniers espoirs français de l'édition 2020 après l'élimination de Caroline Garcia, balayée par Elina Svitolina (6-1, 6-3) et la folle résistance d'Hugo Gaston contre Thiem (défaite en 5 sets).

La jeune femme affronte ce lundi l'Américaine Kenin (n°4) pour s'offrir une place dans le grand huit parisien. Avec de belles raisons d'y croire, surtout quand on voit le chamboule-tout qui agite le tableau féminin. Cet automne, on marche allègrement sur les têtes (de série).

Après les défaites de l'ancienne lauréate Simona Halep, n°2 mondiale face à la jeune Polonaise Swiatek, ou Kiki Bertens, n°8 à la WTA, il ne reste désormais plus que quatre des trente meilleures engagées encore en course! Deux joueuses issues des qualifications, l'Italienne Trevisan et l'Argentine Podoroska sont même déjà en quarts de finale…

Bref, de quoi se dire qu'il y a des places à prendre dans le manège, d'autant qu'aucune des douze prétendantes qui restent en lice n'a déjà décroché le pompon à Paris. « Il y a eu pas mal de surprises ces derniers temps, observe Caroline Garcia. Il y a le scénario de cette saison avec la coupure qui a fait un peu tout se niveler. Ceux qui étaient très en confiance en début d'année ont peut-être perdu et les autres ont pu retravailler et repartir sur de nouvelles bases. »

«On va continuer à être ambitieux»

Depuis le déconfinement, Ferro est inarrêtable. Invincible. Entre les compétitions franco-françaises proposées par le FFT en juillet, le tournoi de Palerme début août et la première semaine de Roland-Garros, la native de Libramont (Belgique) vient d'aligner 18 victoires. Seul un œdème à une côte est parvenu à la vaincre, la privant de l'US Open.

« Et pourquoi pas?, glisse Emmanuel Planque, l'ancien coach de Lucas Pouille, qui travaille avec l'Azuréenne depuis décembre dernier. En tout cas, on se prépare très sereinement, sans s'emballer. Cela ne reste que des huitièmes de finale. Ce n'est pas une finale de Grand Chelem ou une demi-finale de Grand Chelem, on en est encore loin. Modestement, humblement, on essaie de se préparer. On va continuer à être ambitieux. »

Introvertie, Ferro ne laisse guère transparaître ses émotions au fil des tours. Que ce soit pendant ou après le match. Comme si tous les tickets validés n'étaient que des bons points dans la quête du gros lot. « Elle travaille beaucoup. Elle sait que rien n'est impossible sur le plan des progrès, mais que cela passe naturellement et nécessairement par du travail, poursuit Planque. Il y a une forme de cohérence entre ce qu'elle produit à l'entraînement, et le discours ambitieux qu'elle m'a tenu lorsqu'on s'est rencontrés. Elle est extrêmement, extrêmement déterminée… »