Roland-Garros : France Télévisions se frotte les mains avec les bonnes audiences

Malgré une reprogrammation à l’automne, la finale hommes Nadal-Djokovic a attiré 460 000 téléspectateurs de plus qu’en 2019. Et les recettes pub ont suivi.

 Dimanche, le treizième sacre de Rafael Nadal sur la terre battue parisienne face à Novak Djokovic a été suivi par 3,77 millions de téléspectateurs.
Dimanche, le treizième sacre de Rafael Nadal sur la terre battue parisienne face à Novak Djokovic a été suivi par 3,77 millions de téléspectateurs. LP/Arnaud Journois

Un froid de canard, un court central tristement vide, des Français rapidement éliminés mais, malgré tout, beaucoup de monde devant la télévision! Pas de soupe à la grimace ce lundi à France Télévisions. Dans les couloirs du groupe public, on se réjouit des audiences de ce bien étrange Roland-Garros 2020. Le changement de calendrier dû au Covid-19 n'a pas découragé les fans de tennis devant leur écran.

Dimanche, le treizième sacre de Rafael Nadal sur la terre battue parisienne face à Novak Djokovic a été suivi par 3,77 millions de supporteurs (27,1 % du public). Avec un pic à 5,9 millions, juste avant 18 heures, lors de la balle de match. Soit 460 000 téléspectateurs de plus que pour la finale de l'édition 2019. La veille, la polonaise Iga Swiątek a enregistré exactement la même audience que l'Australienne Ashleigh Barty, sa prédécesseure au palmarès : 1,8 million de téléspectateurs pour la finale dame.

« Le meilleur niveau depuis 2015 »

Au total, 1,53 million de personnes ont regardé France 2 tous les après-midi. « Le meilleur niveau depuis 2015 », se réjouit le groupe public qui oublie de rappeler un détail important. Contrairement à l'année dernière, « N'oubliez pas les paroles » de Nagui a été cette fois-ci quasi-systématiquement déprogrammé. France 2 a donc pu continuer les matchs jusqu'au journal de 20 Heures, au moment où il y a le plus de monde devant son poste de télévision. Ce qui rend les comparaisons difficiles.

« Vous oubliez aussi que chaque année, il y a globalement toujours plus de monde devant la télévision en octobre qu'au mois de juin », reconnaît, beau joueur, Laurent-Eric Le Lay, le patron des sports de France Télévisions. « Mais pour nous c'est une belle édition. Les chiffres prouvent que les gens avaient très envie de voir Roland-Garros. Personne n'a pas été choqué par les contraintes sanitaires. C'était bizarre mais pas un repoussoir », ajoute le grand patron.

La menace Amazon Prime

Roland-Garros 2020 s'avère aussi une bonne affaire côté publicités. Les recettes nettes ont progressé de 5 % par rapport à l'édition précédente. Rien que sur la première semaine, le chiffre d'affaires publicitaire s'élevait à 6,2 millions d'euros bruts (contre 5,5 millions il y a un an et demi). Mais pour France Télévisions, les difficultés débuteront l'année prochaine, avec l'arrivée des matchs de nuit (les fameuses « night sessions ») sur Amazon Prime Video. La plateforme américaine proposera aussi jusqu'à l'édition 2023 toutes les rencontres disputées sur le court Simonne-Mathieu.

« On aura une offre très très complète pour suivre le tournoi car on prendra l'antenne dès 11 heures du matin, au lieu de 15 heures aujourd'hui car les premiers matchs étaient sur Eurosport », rappelle Laurent-Eric Le Lay, qui ne craint pas ce nouveau concurrent. « On fait systématiquement nos meilleures audiences quand un match à suspens se termine à une heure de grande écoute (NDLR comme cela a été le cas pour le huitième de finale entre le Français Hugo Gaston et l'Autrichien Dominic Thiem qui s'est terminé devant 4,75 millions de personnes). On verra comment les téléspectateurs se comportent lors d'une rencontre qui débute à 21 heures et peut se terminer très tard… », souffle-t-il.

Pour France Télévisions, tout dépendra donc des dix affiches que la direction du tournoi parisien choisira de programmer à 21 heures. « On donnera notre avis et nous dirons ce qui, à nos yeux, est le mieux pour les téléspectateurs Français. Est-ce qu'on sera entendu ? Je ne sais pas mais je suis sûr que ce sera fait intelligemment pour que ça tourne entre les joueurs et les joueuses vedettes », conclue Laurent-Eric Le Lay.