Roland-Garros : Fiona Ferro a trouvé la recette

A 23 ans la Française d’origine belge est la joueuse en forme du moment. Elle tentera ce jeudi de se défaire de la Kazakhe Rybakina pour atteindre, pour la première fois, le 3e tour du tournoi.

 Fiona Ferro reste sur une impressionnante série de 16 victoires consécutives depuis le début de l’été !
Fiona Ferro reste sur une impressionnante série de 16 victoires consécutives depuis le début de l’été ! PRESSE SPORTS/BERNARD PAPON

On ne l'arrête plus ! Depuis la reprise des compétitions au début de l'été, Fiona Ferro donne l'impression de vouloir rattraper le temps perdu à la suite de la crise sanitaire. Cette amatrice de bons restaurants qui, dès qu'elle a un peu de temps, en profite pour cuisiner des gâteaux et des madeleines - sa spécialité -, a retrouvé les circuits avec un bel appétit.

La jeune Française de 23 ans n'a en effet toujours pas connu la saveur désagréable de la défaite et vient d'enchaîner 16 succès de rang toutes compétitions confondues : dix lors de ses deux titres aux challenges Elite organisés par la Fédération cet été (à Nice puis à Cannes), cinq lors de sa victoire à Palerme (WTA) et un face à la Britannique Heather Watson, mardi, pour son entrée en lice sur la terre battue de Roland Garros.

Ce jeudi celle qui occupe la 49e place mondiale aura l'occasion de poursuivre sa série face à la redoutable Kazakh Elena Rybakina (n° 14)… qui est la dernière joueuse à l'avoir battue. C'était en février, à une autre époque, celle d'avant le Covid-19, lors des huitièmes de finale du tournoi de Saint-Pétersbourg.

Depuis, seul un œdème à une côte a stoppé son insatiable gourmandise de succès en l'éloignant des courts pendant quelques semaines. Une histoire désormais ancienne. « Cela fait deux ou trois semaines que je me réentraîne, cela va beaucoup mieux, a rassuré l'intéressée à l'issue de sa victoire contre Watson. Je joue sans douleur sur le court, je suis très contente de pouvoir rejouer des matchs. »

Née en Belgique d'un grand-père italien, elle se revendique Française à 100 %

Née en Belgique en 1997, Fiona Ferro n'est restée que quelques mois dans le plat pays avant de quitter la Wallonie pour Valbonne (Alpes-Maritimes). C'est sous le soleil de la Côte d'Azur que la seule fille d'une fratrie de quatre enfants découvre le tennis « tardivement, à l'âge de 8 ou 9 ans pour faire comme ses deux grands frères », se rappelle le papa Fabrizio. « Elle avait essayé d'autres sports avant, comme la danse ou le basket, mais cela ne lui plaisait pas, poursuit son père qui tient deux hôtels à Valbonne avec la maman alors que les deux frères aînés y gèrent un restaurant. Le tennis a tout de suite été une évidence. »

Tout comme le fait de porter le maillot bleu. « Depuis qu'elle a commencé à jouer, la Fédération française nous a toujours aidés, la question de la nationalité ne s'est jamais posée, explique Fabrizio dont le père est Italien. Fiona se considère comme Française. »

Une décision qui lui a permis d'être aux premières loges lors de la finale de la Fed Cup en Australie fin 2019. « Le tennis n'est pas un sport facile, elle est seule avec son entraîneur toute l'année sur le circuit, confie le papa. On ne se voit pas souvent mais c'est son choix. Elle est heureuse et épanouie. C'est ce qu'on souhaite à son enfant. »

Venue à Paris en nombre - le papa, la maman, les trois fils et leurs copines -, la famille Ferro a vécu la victoire de Fiona devant un écran de télé en raison de la restriction de la jauge des spectateurs à Roland-Garros. Fiona, qui a la particularité de ne pas avoir de contrat textile, étant programmée sur le court Suzanne-Lenglen, tous espèrent désormais pouvoir assister au match depuis les tribunes. « Ça risque de faire un peu de bruit », promet le papa.