Roland-Garros : Elsa Jacquemot sacrée en junior

Victorieuse en 3 sets (4-6, 6-4, 6-2) de la Russe Charaeva, la Lyonnaise inscrit son nom au palmarès de l’épreuve junior. Elle est la première Française à s’imposer depuis Kristina Mladenovic en 2009.

 Roland-Garros, le 10 octobre. Elsa Jacquemot est devenue la première Française à s’imposer dans le tournoi Junior depuis la victoire de Kiki Mladenovic en 2009.
Roland-Garros, le 10 octobre. Elsa Jacquemot est devenue la première Française à s’imposer dans le tournoi Junior depuis la victoire de Kiki Mladenovic en 2009.  LP/Arnaud Journois

Sa première balle de match aura été la bonne. Sur une double faute de son adversaire, Elsa Jacquemot peut enfin relâcher la pression. Libérée, elle affiche un joli et éclatant sourire et file embrasser ses parents, venus spécialement de Lyon pour la finale. Ils ont eu raison. Au terme d'un long duel de 3 sets (4-6, 6-4, 6-2) et 2h12 de jeu, leur fille s'est imposée en finale de l'épreuve Junior de Roland-Garros devant la Russe Alina Charaeva.

Grâce à ce succès, Jacquemot entre dans l'histoire du tournoi parisien. Cela faisait 11 ans, et la victoire de Kristina Mladenovic en 2009, que la France du tennis attendait une victoire française dans cette catégorie. « Il y a beaucoup d'émotion, sourit celle qui devrait devenir n° 1 mondiale chez les jeunes. Gagner à Roland Garros c'est un truc de malade, surtout pour une Française. Je n'ai pas les mots. »

La Lyonnaise revient de loin. Après avoir cédé la première manche, elle était menée 4-2 dans la deuxième avant de sonner la révolte, de sauver 3 balles de 5-3 en sa défaveur et d'aligner 7 jeux de suite pour s'envoler vers le succès.

Si la quinzaine avait commencé par la déception d'une défaite au premier tour du tableau principal, elle se termine donc en apothéose. « On est fier et heureux, savoure Pierre Cherret, le DTN. A l'Open d'Australie, elle était tête de série n° 1 mais avait été battue au 2e tour. Je pense que cette expérience lui a servi. Elle est montée en puissance tout au long du tournoi. Elle gère mieux ses émotions et a lâché ses coups aux bons moments. On la suit depuis longtemps. » Et on n'a certainement pas fini d'entendre parler de Jacquemot. « Elle jouait avec le frein à main au début du match parce qu'elle avait beaucoup de pression, confie son entraîneur Simon Blanc. Mais elle a montré qu'elle avait du caractère. C'est de la graine de championne. »

«On a du mal à réaliser qu'elle soulève ce Graal»

Une graine de championne qui a bien poussé depuis ses débuts à 5 ans… par hasard. Alors qu'elle tapait la balle sur un mur du club de Fontaines-sur-Saône (Rhône), un coach passe par là et remarque son coup de raquette. Il ne la laissera pas partir. Il y a 3 ans, elle avait la possibilité d'intégrer le Centre national d'entraînement (CNE) à Paris mais elle a préféré rester auprès ses siens à Lyon - à la All In Academy chapeautée par Thierry Ascione et Jo-Wilfried Tsonga. « On a du mal à réaliser qu'elle soulève ce Graal. Quand on est Français, Roland Garros est un tournoi mythique, explique Jérémy, son papa. Comme toutes les gamines françaises elle a rêvé de jouer ici en regardant la télé. »

Avec Jacquemot, et les belles promesses d' Hugo Gaston, de Clara Burel et de Fiona Ferra, révélations du tournoi principal côté français, la relève du tennis tricolore semble en marche.