Roland-Garros : Djokovic salue le niveau «phénoménal» de Nadal

Dépassé par le rythme imposé par son adversaire et giflé d’entrée par un 6-0 en finale dimanche, le numéro 1 mondial n’a jamais été en mesure de rivaliser avec Nadal.

 Battu en finale, Novak Djokovic ne peut que constater la supériorité de son adversaire.
Battu en finale, Novak Djokovic ne peut que constater la supériorité de son adversaire. LP/Arnaud Journois

Jamais il n'avait reçu une telle gifle. Jamais il n'avait quitté un court après une finale en Grand Chelem en ayant essuyé un terrible et humiliant 6-0. D'ordinaire c'est lui qui donne la leçon. Mais pour sa 27e finale dans un Majeur, Novak Djokovic a subi une véritable correction de la part de Rafael Nadal. Le Serbe a été balayé, concassé, en trois sets expéditifs (6-0, 6-2, 7-5) et 2h41 minutes de jeu quasi à sens unique. Ce n'était pas le numéro 1 mondial sur le court mais un petit garçon face à l'ogre de l'ocre.

En conférence de presse, Djokovic, qui chutait pour la première fois de la saison « à la régulière » — il avait été disqualifié en 8es de finale de l'US Open après avoir malencontreusement touché une juge de ligne en tapant une balle —, est revenu sur sa prestation. Beau joueur, il a surtout rendu hommage à son bourreau du jour. « Je n'ai pas grand-chose à dire, affirme le Serbe. Il m'a dépassé dans le jeu. Il a mieux joué, il ne ratait rien. Il a joué merveilleusement bien tactiquement. J'ai essayé différentes choses, mais peu ont fonctionné sur les deux premiers sets. J'aurais sûrement pu faire mieux, notamment durant les deux premiers sets, mais son niveau était absolument phénoménal. Il a joué un match parfait. »

Dépassé par le rythme lors des deux premiers sets, le « Djoker » s'est enfin libéré dans la troisième manche. Une réaction trop tardive et vaine. « J'ai eu mes chances mais je n'ai pas su les saisir, confie-t-il. Je suis tombé sur un meilleur joueur que moi aujourd'hui. C'est juste un de ces jours où il faut dire chapeau. »

Une défaite qui interpelle

Apparu blessé à la nuque et au bras gauche lors de son quart de finale contre Pablo Carreno Busta, Djokovic a coupé court à la discussion et assuré que « tout allait bien », qu'il était « prêt pour le match ». Pourtant cette défaite interpelle. Elle est d'autant plus surprenante que de nombreux observateurs pensaient que les conditions particulières de ce Roland Garros automnal — avec une balle plus lourde qui diminue les effets de l'Espagnol — auraient favorisé Djokovic.

« Je le pensais aussi, convenait d'ailleurs l'intéressé. Je me sentais bien, j'avais bien joué à Rome, j'étais confiant dans mon jeu. Mais Rafa prouve que je me suis trompé. C'est pour cela que c'est un joueur à part. Tactiquement, je me suis peut-être trop précipité pour essayer de jouer des points plus courts, des coups gagnants. D'habitude quand je frappe la balle, après deux ou trois échanges, j'arrive à faire un coup gagnant et à remporter le point face à 9 joueurs sur 10. Avec lui, ce n'était pas le cas. »

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Djokovic, qui était en quête de son 18e titre du Grand Chelem et qui pouvait devenir le premier joueur de l'ère Open (depuis 1968) à remporter deux fois chacun des tournois du Grand Chelem, devra encore patienter avant de détrôner Federer et Nadal des livres d'histoire. « Une défaite comme celle-ci n'est jamais un plaisir mais souvent les plus grandes défaites servent de grandes leçons, en tant que tennisman mais aussi en tant que personne », conclut le Serbe.