Roland-Garros : dans le camp d’Hugo Gaston, on y a vraiment cru

L’entraîneur du joueur français battu par Dominic Thiem est revenu sur la semaine complètement folle de son poulain.

 Roland-Garros, le 4 octobre 2020. Le Français Hugo Gaston se tourne vers son camp et son entraîneur dans les tribunes. Il est passé à deux doigts d’un des plus grands exploits du tennis français.
Roland-Garros, le 4 octobre 2020. Le Français Hugo Gaston se tourne vers son camp et son entraîneur dans les tribunes. Il est passé à deux doigts d’un des plus grands exploits du tennis français. LP/Arnaud Journois

Quand Hugo Gaston est parvenu à arracher le quatrième set sur une énième faute de Dominic Thiem, l'entraîneur du Français, Marc Barbier, a adressé un point rageur depuis les tribunes du court Philippe-Chatrier derrière son masque orange. Dans le camp tricolore à l'amorce d'une cinquième et dernière manche à la vie à la mort, on commençait à sérieusement à y croire comme l'a reconnu le technicien en conférence de presse.

« C'est la fierté qui prédomine, assure Barbier. C'est très étrange de dire cela, mais malgré tout, il y a une petite pointe de regret, parce que l'on se rend compte qu'il n'est pas passé très loin, et qu'au milieu du cinquième set, il avait peut-être la possibilité de faire quelque chose de différent, peut-être de mieux. »

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Le rêve des quarts de finale a été entrevu pour le 239e mondial alors que ce dernier était arrivé Porte d'Auteuil invité par la Fédération. « C'est un peu étrange de dire cela pour nous, qui sommes arrivés au début du tournoi avec des ambitions modestes, et se retrouver une semaine après, à avoir presque un peu de regret d'avoir perdu ce match contre Dominic Thiem, numéro 3 mondial, récent vainqueur de l'US Open », sourit Barbier.

«On se pince pour confirmer qu'on est dans la réalité »

Le coach, qui accompagne le jeune homme depuis ses 6 ans dans la région de Toulouse, ne voulait malgré tout retenir que le positif d'une semaine qui a propulsé son élève sous les feux des projecteurs. C'est presque « surnaturel » pour Marc Barbier. « C'est très étrange, un peu surnaturel pour nous, parce qu'on n'a pas du tout l'habitude de cela, déjà. On évolue sur les tournois Challenger, avec une médiatisation qui est quand même bien moindre, cela n'a rien à voir, et avec un public qui n'a rien à voir également. Sortir du Central de Roland-Garros dans ce magnifique stade, c'est un véritable écrin, sous les acclamations, les applaudissements, après un combat magnifique de plus de trois heures, c'est juste un peu surnaturel. On se pince pour confirmer que l'on est dans la réalité. »

La médiatisation express de Hugo Gaston, méconnu du grand public il y a encore une semaine mais pas des spécialistes, va aller crescendo. Une perspective à laquelle son entourage se prépare après ce tournoi exceptionnel. «Je n'ai pas vraiment d'inquiétudes, en fait, parce qu'on a nos objectifs, notre cap. On a un chemin. Et donc on va rester sur ce chemin. Après, ce qu'il se passe là, on imagine que pendant quelque temps, il va y avoir beaucoup d'agitation, et que cela va pas mal remuer autour d'Hugo. On s'attend en tout cas à cela. On n'est pas habitué, mais en tout cas, on s'attend à cela. On va essayer de le vivre le plus tranquillement possible, aménager un programme. »

Thiem : «J'ai eu du mal à trouver une solution pour répondre à ses amorties»

Outre l'hommage de son entraîneur, Dominic Thiem lui-même a reconnu qu'il avait affronté un phénomène. « Cela fait très longtemps que je n'ai pas vu quelqu'un qui joue aussi bien ses amorties. J'ai fait des balles longues et lourdes et il répondait par des amorties fantastiques. J'ai eu du mal à trouver une solution pour répondre à ses amorties. [...] Tout aurait pu arriver pendant ce cinquième set. Je pense que grâce à mon expérience, j'ai pu réussir à gagner. »

Le chiffre

58. C’est le nombre d’amorties réalisées par Hugo Gaston pendant le 8e de finale face à Dominic Thiem.